Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2308082

mercredi 5 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2308082
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSARL NOVAS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Combes, demande au juge des référés :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision de 8 075 euros avec intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande préalable, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;

2°) de mettre à la charge de l'État au profit de son conseil une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que sa demande d'hébergement a été reconnue comme prioritaire par décision de la commission de médiation de l'Isère du 13 septembre 2021 et, par ordonnance du 10 mars 2022, le tribunal administratif a enjoint au préfet de l'Isère d'assurer son hébergement avant le 30 avril 2022. Toutefois, aucune offre d'hébergement ne lui a été proposée. Sa demande indemnitaire du 9 mars 2022, reçue en préfecture le 17 mars 2022, a été implicitement rejetée.

Par courrier du 11 avril 2024, le tribunal a informé les parties de ce que le tribunal était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité de la requête faute d'avoir été précédée d'une demande indemnitaire en méconnaissance des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.

Le préfet de l'Isère a répondu par un mémoire enregistré le 18 avril 2024.

M. A a répondu en produisant de nouvelles pièces enregistrées le 23 avril 2024.

Vu :

- l'ordonnance n° 2204132 du 7 octobre 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. ". et aux termes de l'article R. 421-1 de ce code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / (). ".

3. Il résulte de l'instruction que la demande indemnitaire du 9 mars 2022 dont se prévaut M. A, reçue en préfecture le 17 mars 2022, concernait la période du 26 octobre 2021 au 7 octobre 2022, date de l'ordonnance n° 2204132. Il n'établit pas avoir présenté une nouvelle demande indemnitaire au titre de la période pour laquelle il demande une nouvelle provision. Par suite, sa requête est irrecevable et ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à Me Combes.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 5 juin 2024.

Le juge des référés,

J. P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.