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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2308346

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2308346

jeudi 28 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2308346
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantLAURENT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 décembre 2023 et 15 février 2024, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble parking Curial, représenté par son syndic, la société Générale Immobilière Conseil et Communication, assisté par Me Chopineaux, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes et les conséquences des désordres affectant le parking.

Elle soutient que la compétence de la juridiction administrative pour une action en responsabilité contre la commune ne peut être exclue et que l'expertise sera utile dans le cadre de cette éventuelle action.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2024, la commune de Chambéry, représentée par Me Laurent, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge du syndicat des copropriétaires de l'immeuble parking Curial au titre des frais de procès.

Elle soutient que la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaitre de ce litige, qui ne relève que du droit privé, et qu'en tout état de cause, l'expertise sollicitée n'est pas utile, la responsabilité de la commune ne pouvant manifestement pas être engagée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le parking Curial est affecté d'infiltrations d'eau qui nécessitent des travaux d'ampleur pour être supprimées. En l'état de l'instruction, la cause de ces infiltrations ne peut être déterminée et il ne peut être exclu qu'elles proviennent, au moins pour partie, de travaux réalisés sur le domaine public de la commune de Chambéry ou de l'insuffisance d'entretien de celui-ci. La commune n'est, dès lors, pas fondée à soutenir qu'un éventuel litige entre elle et le syndicat des copropriétaires du parking ne relèverait manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.

4. En second lieu, dès lors que la cause des infiltrations d'eau ne peut être connue de manière précise en l'état, il apparait utile de désigner un expert aux fins de donner son avis technique sur cette ou ces causes, ainsi que sur les conséquences de ces infiltrations et les mesures propres à les supprimer. La demande d'expertise présentée par le syndicat des copropriétaires du parking Curial présente donc un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

5. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance, laquelle désignera la partie qui les supportera.

6. Le syndicat des copropriétaires du parking Curial n'étant pas partie perdante dans la présente instance, les conclusions de la commune de Chambéry relatives aux frais de procès ne peuvent qu'être rejetées.

ORDONNE :

Article 1er : M. C B, domicilié 19 allée des Treilles à Corenc (38700), est désigné comme expert avec pour mission de :

1°- se rendre sur les lieux et entendre toutes les parties concernées ; prendre connaissance de tous documents utiles et établir tous plans, croquis, schémas ou photographies utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°- dresser un état descriptif et qualitatif précis du parking Curial et de son environnement ; recenser toutes dégradations ou désordres constatés affectant le parking et, pour chacun d'eux, donner son avis sur la ou les causes ;

3°- si les désordres sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles, et donner son avis sur ce point ;

4°- donner son avis sur l'évolution prévisible des désordres et décrire les travaux de nature à les faire cesser ; en évaluer le coût et en fixer la durée ;

5°- donner son avis sur les préjudices de toute nature causés au syndicat des copropriétaires du parking Curial par lesdits désordres et en évaluer le montant ;

6°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

7°- tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence des représentants du syndicat des copropriétaires du parking Curial et de la commune de Chambéry.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de huit mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 7 : Les conclusions de la commune de Chambéry relatives aux frais de procès sont rejetées.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat des copropriétaires du parking Curial, à la commune de Chambéry et à l'expert.

Fait à Grenoble, le 28 mars 2024.

Le juge des référés,

S. A

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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