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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2402257

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2402257

jeudi 16 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2402257
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP BRASSEUR-M'BAREK-PAYET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 2 avril 2024 et le 21 juin 2024, la commune de Marnaz, représentée par Me Plunian, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de se prononcer, notamment, sur l'origine des désordres affectant l'extension de l'école des Sages, ainsi que le sas de liaison avec le bâtiment existant, et décrire les travaux permettant d'y remédier.

Elle soutient que cette expertise sera utile dans le cadre des procédures contentieuses qu'elle est susceptible d'engager à la suite de ces désordres.

Par un mémoire enregistré le 17 avril 2024, la société Rubin ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande la mise en cause de son sous-traitant, la société Forea.

Par deux mémoires enregistrés le 23 avril 2024 et le 27 mai 2024, la société SMABTP, en sa qualité d'assureur de la société BET Plantier, représentée par Me Ballaloud, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 25 avril 2024, les sociétés MMA IARD Assurances Mutuelles et MMA IARD SA - intervenante volontaire - en leur qualité d'assureur des sociétés Rbière et Opus Ingénierie, représentées par la SCP Briffod-Puthod-Chappaz,ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée et demandent qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 28 mai 2024, la société Nouvelle Société d'Ascenseurs NSA, représentée par Me Ortolland, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 30 mai 2024, la société CPGF Horizon demande à être mise hors de cause. Elle soutient que son intervention est sans lien avec les désordres en litige.

Par deux mémoires enregistrés le 7 juin 2024 et 11 juillet 2024, les sociétés Adminima et Atelier Catherine Boidevaix, représentées par M. A, ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée et demandent qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage. Elles demandent, en outre, que les assureurs des sociétés concernées soient également appelés dans la cause.

Par deux mémoires enregistrés le 9 juillet 2024 7 août 2024, la société APC Etanch et son assureur la société QBE Europe SA/NV, représentées par Me Reffay, ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée et demandent qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 29 juillet 2024, la société Allianz, en sa qualité d'assureur de la société NSA, représentée par Me Kestenes, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 29 juillet 2024, la société Abeille IARD et Santé, en sa qualité d'assureur de la société Techniverre, représentées par Me Le Mat, ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée et demandent qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 14 août 2024, la société Rubin et son assureur, la société AXA France Iard, représentées par Me Favet, ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée et demandent qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 22 août 2024, les sociétés MMA IARD Assurances Mutuelles et MMA IARD SA - intervenante volontaire - en leur qualité d'assureur de la société EMP, représentées par la SCP Briffod-Puthod-Chappaz, ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée et demandent qu'il leur soit donné acte de leurs protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 30 août 2024, la société AXA France Iard, en sa qualité d'assureur de la société Maçonnerie du Faucigny, représentée par Me Favet, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 30 août 2024, la société AXA France Iard, en sa qualité d'assureur de la société LP Charpente, représentée par Me Favet, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 12 septembre 2024, la société Groupama Auvergne-Rhône-Alpes, en sa qualité d'assureur de la société Nebihu, représentée par Me M'Barek, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 13 septembre 2024, la société SMA, en sa qualité d'assureur de la société Decremps BTP, représentée par Me Ballaloud, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2024, la société Forea, représentée par Me Ballaloud, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

Par un mémoire enregistré le 23 septembre 2024, la société Decremps BTP, représentée par Me Ballaloud, ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée et demande qu'il lui soit donné acte de ses protestations et réserves d'usage.

La requête a été régulièrement communiquée aux autres parties, qui n'ont pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B en qualité de juge des référés.

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. Il résulte de l'instruction qu'à la suite des travaux d'extension de l'école des Sages, dont la commune de Marnaz est propriétaire, des désordres sont apparus, tant sur cette extension en elle-même que sur le sas la reliant au bâtiment existant.

3. La demande d'expertise présentée par la commune de Marnaz pour déterminer, notamment, les causes et les conséquences de ces désordres présente donc un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Il convient d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

4. En l'état de l'instruction, la participation de la société CPGF Horizon - qui ne préjuge en rien de son éventuelle responsabilité - apparait utile. Il n'y a donc pas lieu de la mettre hors de cause.

5. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions.

6. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il peut communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité.

7. En application des dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative, il appartiendra à l'expert désigné, s'il le juge utile, de demander au président du tribunal l'autorisation de s'adjoindre un sapiteur.

8. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera.

ORDONNE :

Article 1er : Mme C D, domiciliée 23 route de Cotfa à Annecy (74960), est désignée comme expert avec pour mission de :

1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;

3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;

4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;

5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;

6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;

7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;

8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;

9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;

10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;

12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la commune de Marnaz et des sociétés Atelier Catherine Boidevaix, Bureau d'études Plantier, Bureau d'études Brière, Arbor et Sens conseil, Energies et Matières Efficientes, Opus Ingénierie, Decremps BTP, Franki Fondations, Maçonnerie du Faucigny, APC Etanch', LP Charpente, Techniverre, Nebihu, EMP, à la Nouvelle Société d'Ascenseurs NSA, Rubin, CPGF Horizon, Société Alpine de Géotechnique, Mutuelle des Architectes Français (maf), SMABTP, MMA IARD assurances mutuelles, MMA IARD, Forea, à MJ synergie, à AXA France Iard, SMA, QBE Europe NV/SA, Abeille Assurance, Adminima, Allianz Iard, GROUPAMA Rhône Alpes Auvergne.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Marnaz, et aux sociétés Atelier Catherine Boidevaix, Bureau d'études Plantier, Bureau d'études Brière, Arbor et Sens conseil, Energies et Matières Efficientes, Opus Ingénierie, Decremps BTP, Franki Fondations, Maçonnerie du Faucigny, APC Etanch', LP Charpente, Techniverre, Nebihu, EMP, à la Nouvelle Société d'Ascenseurs NSA, Rubin, CPGF Horizon, Société Alpine de Géotechnique, Mutuelle des Architectes Français (maf), SMABTP, MMA IARD assurances mutuelles, MMA IARD, Forea, à MJ synergie, à AXA France Iard, SMA, QBE Europe NV/SA, Abeille Assurance, Adminima, Allianz Iard, GROUPAMA Rhône Alpes Auvergne et à l'expert.

Fait à Grenoble, le 16 janvier 2025.

Le juge des référés,

Stéphane B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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