vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2403850 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELAS CHETIVAUX - SIMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juin 2024, la communauté de communes Val Guiers, représentée par Me Robichon, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de donner son avis, notamment, sur les causes et les conséquences des désordres qui affectent le bâtiment de la crèche " les petits pas ", situé sur le territoire de la commune de Saint-Genix-les-Villages et dont les travaux ont été réceptionnés le 15 octobre 2014.
Elle soutient que cette expertise sera utile dans le cadre des procédures contentieuses qu'elle est susceptible d'engager en raison de ces désordres.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, la compagnie Albingia, assureur dommages ouvrage de la communauté de communes, représentée par Me Didi Moulai, demande qu'il lui soit donné acte qu'elle ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage. Elle demande, en outre, que la mission de l'expert soit étendue aux constructeurs de l'ouvrage et qu'elle soit complétée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2024, la compagnie MAAF, assureur de la société Croatto Frères liquidée en 2019, représentée par Me Favet, demande qu'il lui soit donné acte qu'elle ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, la compagnie Acte Iard, assureur de la société Perroud Maçonnerie, représentée par Me Piras, demande qu'il lui soit donné acte qu'elle ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, la compagnie l'Auxiliaire, assureur de la société Renault SAS, représentée par Me Heinrich, demande qu'il lui soit donné acte qu'elle ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2024, la compagnie Acte Iard, assureur de la société Perroud Maçonnerie et la société Perrouse Construction, venant aux droits de la société Perroud Maçonnerie, représentées par Me Piras, demandent qu'il leur soit donné acte qu'elles ne s'opposent pas à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, la société A (BIS) Architecte, représentée par Me Balme, demande qu'il lui soit donné acte qu'elle ne s'oppose pas à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. Il résulte de l'instruction que la communauté de communes Val Guiers a fait édifier, sur le territoire de la commune de Saint-Genix-les-Villages, un bâtiment destiné à accueillir la crèche " les petits pas ". Les travaux ont été réceptionnés le 15 octobre 2014. Des désordres, visés dans la requête, sont apparus ultérieurement.
3. La demande d'expertise présentée par la communauté de communes Val Guiers pour déterminer, notamment, les causes et les conséquences de ces désordres présente donc un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Il convient d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
4. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions.
ORDONNE
Article 1er : M. C A, domicilié 1378 Route du Chêne à Puygros (73190), est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;
3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;
4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;
5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;
6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre (vice de conception, défaut de surveillance, faute d'exécution, manquement aux règles de l'art, qualité des matériaux utilisés, insuffisance d'entretien, ou tout autre cause) ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;
7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;
8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;
9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;
10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;
12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la communauté de communes Val Guiers et des sociétés Albingia, A (BIS) Architectes, Mutuelle des Architectes Français, SAS Renault, Rey Frères, Toit et charpente Domenget, l'Auxiliaire, à MAAF, Socotec Construction, Axa France Iard, Iser Sol, MMA Iard Assurances Mutuelles, Mutuelles du Mans Assurances Iard, Allianz Iard, Perrouse Construction, venant aux droits de la société Perroud Maçonnerie et Acte Iard.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté de communes Val Guiers et aux sociétés Albingia, A (BIS) Architectes, Mutuelle des Architectes Français, SAS Renault, Rey Frères, Toit et charpente Domenget, l'Auxiliaire, à MAAF, Socotec Construction, Axa France Iard, Iser Sol, MMA Iard Assurances Mutuelles, Mutuelles du Mans Assurances Iard, Allianz Iard, Perrouse Construction, venant aux droits de la société Perroud Maçonnerie et Acte Iard, ainsi qu'à l'expert.
Fait à Grenoble 18 octobre 2024.
Le juge des référés,
Stéphane B
La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026