LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2404170

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404170

lundi 23 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404170
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge unique 1
Avocat requérantMATHIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble a été saisi par Mme B... d'une demande indemnitaire visant à réparer les préjudices subis du fait de la carence de l'État à exécuter la décision de la commission de médiation de l'Isère du 27 avril 2023, qui l'avait reconnue prioritaire pour un hébergement. Le tribunal a jugé que l'État avait commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne proposant aucune offre d'hébergement adaptée avant le 25 septembre 2025, date à laquelle l'intéressée a signé un bail pour un logement social. Cette solution est fondée sur les dispositions des articles L. 441-2-3 et R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation, qui imposent au préfet de proposer un hébergement dans un délai de six semaines suivant la décision de la commission de médiation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 juin 2024 et le 16 janvier 2026, Mme D... B..., représentée par Me Mathis, demande au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 1 000 euros par mois de retard avec les intérêts de droit en réparation des préjudices résultant de la non-exécution de la commission de médiation de l’Isère en date du 27 avril 2023 qui l’avait reconnue prioritaire pour l’attribution d’un hébergement ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros au profit de son conseil en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


Elle soutient que :

- la requête est recevable ;

- l’Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en ne lui faisant pas de proposition d’hébergement dans le délai imparti ;

- cette carence fautive a causé un préjudice tenant aux conditions d’existence et un préjudice moral et des préjudices physiques, ces préjudices étant continus et évolutifs ;

- sa demande indemnitaire préalable du 29 mars 2024, reçue le 9 avril suivant en préfecture, a été implicitement rejetée.

Par des mémoires en défense enregistrés le 3 décembre 2025 et le 20 janvier 2026, la préfète de l’Isère conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les conclusions indemnitaires de Mme B... doivent être rejetées ; que Mme B... a été hébergée dans un centre pour demandeur d’asile et bénéficie d’un logement depuis septembre 2025 ; elle a cessé d’appeler le 115 le 28 mars 2024.

Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par décision du 7 octobre 2024.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
– l’ordonnance n° 2404559 du 23 septembre 2024 ;
– le code de la construction et de l’habitation ;
– la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
– le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions au cours de l’audience publique.

Après avoir entendus au cours de l’audience publique :
– le rapport de M. A...,
– et les observations de Mme C..., représentant la préfète de l’Isère.

La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 27 avril 2023, la commission de médiation de l’Isère a reconnu le caractère prioritaire et urgent de la demande d’hébergement de Mme B.... Le préfet de l’Isère avait alors jusqu’au 8 juin 2023 pour lui faire une offre d’hébergement adaptée à ses besoins et capacités. Estimant que cette obligation n’a pas été honorée, la requérante a adressé une demande indemnitaire préalable au préfet de l’Isère qui en accusé réception le 9 avril 2024 et qui l’a implicitement rejetée par une décision née le 29 janvier 2024. Par une ordonnance n°2404559 du 23 septembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a condamné l’Etat à verser à Mme B... une provision de 1 600 euros.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Lorsqu’une personne a été reconnue comme prioritaire et devant être accueillie dans une structure d’hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale par une commission de médiation, en application des dispositions du III ou du IV de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation, la carence fautive de l’Etat à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l’égard du demandeur au titre des troubles dans les conditions d’existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission. La période de responsabilité de l’Etat court à compter de l'expiration du délai de six semaines que l'article R. 441-18 du même code impartit au préfet, à compter de la décision de la commission de médiation, pour proposer un accueil dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale, ce délai étant porté à trois mois si la décision de la commission spécifie que l’accueil ne peut être proposé que dans un logement de transition ou dans un logement-foyer. Les troubles dans les conditions d’existence doivent être appréciés en tenant notamment compte des conditions d’hébergement ou de logement qui ont perduré du fait de la carence de l’Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l’Etat.

3. Aux termes de l’article R. 441-18 du code de la construction et de l’habitation : « Lorsqu'elle est saisie au titre du III de l'article L. 441-2-3, la commission rend sa décision dans un délai qui ne peut dépasser six semaines. Le préfet propose, dans un délai de six semaines au plus à compter de la décision de la commission, une place dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement dans un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale aux personnes désignées par la commission de médiation en application du III ou du IV de l'article L. 441-2-3. (…) ».

4. En l’espèce, il n’est pas contredit par les pièces versées à l’instruction que Mme B... n’a reçu aucune offre d’hébergement adapté à ses besoins avant le 25 septembre 2025, date à laquelle elle a signé un bail pour un logement social à Moutiers-Tarentaise. Ainsi, l’administration, en ne proposant pas de solution d’hébergement adaptée aux besoins du demandeur dont le dossier a été reconnu prioritaire et urgent a commis une faute de nature à engager sa responsabilité pour la période du 8 juin 2023 au 25 septembre 2025. Dans les circonstances de l’espèce, il sera fait une juste appréciation des préjudices de Mme B... en condamnant l’Etat à lui verser la somme de 10 000 euros tous intérêts confondus pour la période du 8 juin 2023 au 25 septembre 2025, de laquelle il convient de déduire la provision d’un montant total de 1 600 euros déjà versée.

Sur les frais liés au litige :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Mathis, avocate du requérant, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat à l’aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Mathis de la somme de 1 000 euros en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.


D E C I D E :

Article 1er : L’Etat est condamné à verser à Mme B... la somme de 10 000 euros tous intérêts compris de laquelle il convient de déduire la provision d’un montant total de 1 600 euros déjà versée.

Article 2 : L’Etat versera à Me Mathis une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Mathis renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.



Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D... B..., à Me Mathis et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2026.


Le président,





J-P. A...
La greffière,





A. ZANON





La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.











Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions