jeudi 22 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2404418 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SCP CDMF - AVOCATS AFFAIRES PUBLIQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 juin 2024, la société CNP Assurances IARD et Mme C B, représentées par Me Sadon, demandent au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de se prononcer sur les causes de l'incendie de la maison d'habitation de Mme B, survenu le 13 décembre 2023 et cela en présence du SDIS, service départemental d'incendie et de secours, de l'Isère, de son assureur la société Relyens, et des communes de Moirans et Vouvrey.
Elles soutiennent que cette expertise sera utile dans le cadre de l'action en responsabilité qu'elles sont susceptibles d'engager.
Par un mémoire enregistré le 9 juillet 2024, le SDIS de l'Isère et la société Relyens, représentés par Me Phelip, indiquent ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage.
Par un mémoire enregistré le 19 juillet 2024, la commune de Moirans, représentée par Me Poncin, conclut au rejet de la requête en ce qui la concerne et demande que la somme de 1 200 euros soit mise à la charge de la société CNP Assurances IARD et de Mme B au titre des frais de procès.
Elle soutient que les opérations de lutte contre l'incendie de la maison de Mme B ont été réalisées sous la seule responsabilité du SDIS et que la responsabilité de la commune ne peut être mise en cause dans ce dossier.
Par un mémoire enregistré le 23 juillet 2024, la commune de Vourey, représentée par Me Fessler, conclut au rejet de la requête en ce qui la concerne et demande que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société CNP Assurances IARD et de Mme B au titre des frais de procès.
Elle soutient que les opérations de lutte contre l'incendie de la maison de Mme B ont été réalisées sous la seule responsabilité du SDIS et que la responsabilité de la commune ne peut être mise en cause dans ce dossier.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
3. La demande d'expertise présentée par la société CNP Assurances IARD et Mme B, aux fins de déterminer les causes de l'incendie de la maison d'habitation de cette dernière, survenu le 13 décembre 2023, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Par suite, il y a lieu d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.
4. En l'état de l'instruction, la responsabilité des communes de Moirans et Vourey n'apparait manifestement pas susceptible d'être engagée, la lutte contre l'incendie de la maison de Mme B ayant été effectuée sous la responsabilité du SDIS de l'Isère. Par suite, il n'y a pas lieu de mettre ces deux communes en cause.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les communes de Moirans et Vourey au titre des frais de procès.
ORDONNE :
Article 1er : Monsieur E A, domicilié 1378 route du Chêne 73190 Puygros, est désigné comme expert avec pour mission de :
1°- se rendre sur les lieux et entendre toutes les parties concernées ; prendre connaissance de tous documents utiles et établir tous plans, croquis, schémas ou photographies utiles à la compréhension des faits de la cause ;
2°- donner son avis sur la ou les causes du second incendie survenu le 13 décembre 2023 ; dire, en particulier, si l'une ou plusieurs de ces causes peuvent être trouvées dans les conditions de l'intervention des services du SDIS lors de l'incendie du 12 décembre 2023 ou des suites de cette intervention ;
3°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis par Mme B et la CNP Assurances du fait de cette incendie et en évaluer le montant ; distinguer, dans la mesure du possible, ces préjudices de ceux entrainés par l'incendie du 12 décembre 2023 ;
4°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;
5°- tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la société CNP Assurances IARD, de Mme B, du SDIS de l'Isère et de la société Relyens.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la société CNP Assurances IARD, à Mme B, au SDIS de l'Isère, à la société Relyens, aux communes de Vourey et Moirans, et à l'expert.
Fait à Grenoble, le 22 août 2024
Le juge des référés,
S. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026