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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2404538

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404538

mardi 10 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404538
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge unique 5
Avocat requérantRODA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en juge unique, a rejeté la requête de Mme C... qui contestait le refus du département de la Drôme de renouveler sa carte mobilité inclusion mention stationnement. Pour justifier sa décision, le tribunal a appliqué les critères stricts de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et de l'arrêté du 3 janvier 2017, qui exigent une réduction importante et durable de la capacité de déplacement à pied (périmètre de marche inférieur à 200 mètres ou recours systématique à une aide humaine ou technique). La requérante n'a pas apporté la preuve qu'elle remplissait ces conditions, la simple détention antérieure de la carte ou la reconnaissance de travailleur handicapé étant insuffisante. Par conséquent, le tribunal a rejeté l'ensemble des conclusions de Mme C..., y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 juin 2024, Mme B... C..., représentée par Me Rodal, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 23 mai 2024 par laquelle le département de la Drôme a refusé de renouveler sa carte mobilité inclusion mention stationnement ;

2°) d’enjoindre à l’administration de renouveler sa carte ;

3°) de mettre à la charge de la maison départementale des personnes handicapées de la Drôme une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu’elle remplit toutes les conditions pour se voir renouveler une carte qu’elle détient depuis huit ans ; elle a été reconnue travailleur handicapé et s’est vue délivrer la carte mobilité inclusion « priorité ».

Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2024, le département de la Drôme conclut au rejet de la requête.

Il soutient que Mme C... ne remplit pas les conditions pour se voir accordé une carte mobilité inclusion mention stationnement.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- l’arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Au cours de l’audience publique, M. A... a présenté son rapport, les parties n’étaient ni présentes ni représentées.

La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1.Mme C... demande l’annulation de la décision en date du 23 mai 2024 par laquelle le président du conseil départemental de la Drôme a refusé de lui accorder une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement ».

2. Aux termes de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « I. - La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l’appréciation, sur le fondement du 3° du I de l’article L. 241-6, de la commission mentionnée à l’article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / (...) 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d’un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu’elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ». Le IV de l’article R. 241-12-1 du même code dispose : « Pour l’attribution de la mention “ stationnement pour personnes handicapées ”, un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d’appréciation d’une mobilité pédestre réduite et de la perte d’autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l’extérieur ». Selon l’annexe de l’arrêté ministériel du 3 janvier 2017 susvisé, pris pour l’application de ces dispositions : « 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied : La capacité et l’autonomie de déplacement à pied s’apprécient à partir de l’activité relative aux déplacements à l’extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou [b] - ou la personne a systématiquement recours à l’une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d’attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu’elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l’accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d’une altération d’une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu’elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. (...). / 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l’autonomie de déplacement à pied ou le besoin d’accompagnement doit être définitif ou d’une durée prévisible d’au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées ».

3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociales, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une ou l’autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

4. Mme C... fait valoir qu’elle fatigue vite lors de ses déplacements et que la station debout lui est pénible. Toutefois, elle ne produit au soutien de ses allégations aucun élément d’ordre médical de nature à indiquer que son périmètre de marche serait inférieur à 200 mètres ou qu’elle devrait systématiquement recourir pour ses déplacements extérieurs à l’une des aides, de nature humaine ou technique, limitativement énumérées par les dispositions citées au point précédent alors au contraire que la grille d’évaluation relative à sa mobilité indique que ses déplacements à l’extérieur sont réalisés sans difficulté et sans aucune aide. Par ailleurs, la circonstance que Mme C... bénéficie de la carte « mobilité inclusion » portant la mention « priorité » et a obtenu la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé est sans incidence sur le bien-fondé de la décision en litige, l’octroi de ces droits sociaux reposant sur des critères de handicap distincts et plus diversifiés que ceux de la carte « mobilité inclusion » mention « stationnement ». Dans ces conditions, alors même que Mme C... a antérieurement bénéficié de cette carte, au renouvellement de laquelle les textes ne confèrent aucun droit acquis, la décision en litige ne peut être regardée comme procédant d’une erreur d’appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme C... n’est pas fondée à demander l’annulation de la décision du président du conseil départemental de la Drôme du 23 mai 2024 et sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... C... et au département de la Drôme.

Copie en sera adressée pour information à la maison départementale des personnes handicapées de la Drôme.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2026.



Le président,

J. P. A...
Le greffier,

P. MULLER




La République mande et ordonne à la préfète de la Drôme, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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