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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2404636

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2404636

mercredi 10 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2404636
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJuge unique 5
Avocat requérantCABINET BONNET CHANEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en juge unique, a rejeté la requête de Mme C... qui contestait le refus du département de la Haute-Savoie de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention « stationnement ». Le tribunal a considéré que les éléments médicaux fournis, notamment un certificat médical et un dossier mentionnant un périmètre de marche de 30 minutes, n'établissaient pas une réduction importante et durable de sa capacité de déplacement à pied, condition prévue par l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles et l'arrêté du 3 janvier 2017. La solution retenue est le rejet de la demande, sans qu'il soit nécessaire d'ordonner une expertise médicale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juin et le 2 août 2024, Mme B... C..., représentée par Me Bonnet-Chanel, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 12 juin 2024 par laquelle le département de la Haute-Savoie a refusé de lui délivrer une carte mobilité inclusion mention « stationnement » ;

2°) à titre subsidiaire, d’ordonner une expertise médicale ;

3°) de mettre à la charge du département de la Haute-Savoie une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu’elle souffre de nombreuses maladies justifiant l’octroi de la carte mobilité inclusion mention « stationnement ».

Par un mémoire en défense enregistré le 10 avril 2025, le département de la Haute Savoie, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen de Mme C... n’est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.



Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

M. A... a présenté son rapport au cours de l’audience tenue le 19 novembre 2025 en présence de M. Müller, greffier d’audience, les parties n’étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande du 5 décembre 2023, Mme C... a sollicité la délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « stationnement ». Par une décision du 20 mars 2024, le président du conseil départemental de la Haute-Savoie a rejeté ce recours. La requérante a contesté cette décision par un recours préalable du 10 avril 2024. Par une décision du 11 juin 2024, le président du conseil départemental a rejeté ce recours et confirmé sa décision initiale.

2. Aux termes du I de l’article L. 241-3 du code de l’action sociale et des familles : « La carte « mobilité inclusion » destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. […] 3° La mention "stationnement pour personnes handicapées" est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ». Aux termes du IV de l’article R. 241-12-1 du même code : « Pour l'attribution de la mention « stationnement pour personnes handicapées », un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ». En vertu de l’annexe de l’arrêté du 3 janvier 2017 pris pour l’application de ces dispositions, le critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied, lesquelles s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur, est rempli lorsque la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ou lorsqu’elle a systématiquement recours pour ses déplacements extérieurs soit à une aide humaine, soit à une prothèse de membre inférieur, soit à une canne ou tous autres appareillages manipulés à l’aide d’un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur), soit à un fauteuil roulant, y compris lorsqu’elle le manœuvre seule et sans difficulté, soit enfin à une oxygénothérapie.

3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d’une carte de stationnement pour personnes handicapées ou d’une carte « mobilité inclusion » portant la mention « stationnement pour personnes handicapées », il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux de l’aide et de l’action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.

4. Pour solliciter la délivrance d’une carte mobilité inclusion mention « stationnement », Mme C... expose que son état de santé ne lui permet pas de longs déplacements et qu’elle doit pouvoir se garer au plus près de son lieu de destination, ni le certificat médical du 24 août 2022 ni le dossier de demande qui mentionne un périmètre de marche de 30 minutes n’établissent chez la requérante une limitation significative de son périmètre de marche. Or, dès lors que la délivrance de la carte mobilité inclusion mention « stationnement » est conditionnée à une telle altération, notamment au fait que le périmètre de marche du demandeur soit limité à un rayon de 200 mètres ou qu’elle ait nécessairement d’une aide extérieure pour ses déplacements, elle n’est pas fondée à solliciter la délivrance de ce document.

5. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu’il soit besoin d’ordonner l’expertise sollicitée que la requête de Mme C... doit être rejetée dans toutes ses conclusions.



D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... C... et au département de la Haute Savoie.
Copie en sera adressée à la maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Savoie.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2025.



Le président,

J. P. A...
Le greffier,

P. MULLER



La République mande et ordonne à la préfète de la Haute Savoie en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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