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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2405828

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2405828

jeudi 3 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2405828
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationPrt, magistrat désigné R.778-3
Avocat requérantSARL NOVAS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2300409 du 8 mars 2023, statuant sur la requête de Mme D C, le tribunal a enjoint au préfet de l'Isère d'assurer son logement avant le 30 avril 2023, sous une astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés le 30 juillet 2024, le préfet de l'Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte décidée par cette ordonnance.

Il soutient que, le 17 mai 2024, il a positionné la requérante en première place sur un logement de type T4 à Rives mais que la commission d'attribution a refusé l'attribution pour dossier incomplet ; que Mme C a été positionnée sur six logements du contingent préfectoral et trois des positionnements n'ont pu aboutir du fait du refus de l'intéressée de fournir les justificatifs demandés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, Mme D C, représentée par Me Combes, demande au tribunal de rejeter la requête du préfet de l'Isère et de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil une somme de 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que le logement est un T4 alors que la commission de médiation a préconisé dans sa décision du 21 mars 2022 un T5.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Chevalier, greffière d'audience :

- le rapport de M. A ;

- les observations de Mme B, représentant le préfet de l'Isère ;

- les observations de Me Combes, représentant Mme C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions des parties :

2. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé en urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d'une astreinte. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ".

3. Par une ordonnance n° 2300409 du 8 mars 2023, statuant sur la requête de Mme D C, le tribunal a enjoint au préfet de l'Isère d'assurer son logement avant le 30 avril 2023, sous une astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement. Le préfet de l'Isère demande au tribunal de liquider définitivement cette astreinte.

4. S'il n'appartient pas au juge saisi en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation d'apprécier la légalité des décisions des commissions de médiation, il lui appartient d'apprécier si le logement proposé peut être considéré comme adapté aux besoins de la personne eu égard aux prescriptions de ces décisions. Il résulte de l'instruction que Mme C a été reconnue comme prioritaire et devant être relogée en urgence dans un logement " de type T5 " par la décision précitée de la commission de médiation du 21 mars 2022 au motif qu'elle était d'une part menacée d'expulsion sans relogement et d'autre part dans l'attente d'un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral. Il résulte également de l'instruction et des éclaircissements apportés à l'audience que son foyer est composé d'elle-même, de son mari, d'un enfant mineur et des trois enfants majeurs âgés respectivement de 28 ans, 26 ans et 24 ans. Il n'est ni soutenu ni même allégué que le logement proposé en dernier lieu par l'administration, qui est un T4 situé à Rives, composé d'une pièce à vivre et de trois chambres, se trouverait en situation de sur-occupation et il est constant que les ressources du couple C lui permettent d'y accéder. Par suite, la seule circonstance que la commission ait préconisé un logement " de type T5 " ne permet pas de regarder ce logement comme inadapté à la situation de Mme C

5. Le préfet de l'Isère a ainsi rempli ses obligations. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de liquider l'astreinte prononcée le 8 mars 2023.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme C est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte prononcée par l'ordonnance n° 2300409 du 8 mars 2023.

Article 3 : Les conclusions de Mme C présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié au ministre du logement et de la rénovation urbaine, à Mme D C et à Me Combes.

Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2024

Le président,

J. P. ALa greffière,

A. CHEVALIER

La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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