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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2406374

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406374

mardi 27 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406374
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantVIAL-GRELIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de la décision du 4 janvier 2024 par laquelle la CAF de l'Isère a réduit puis supprimé le revenu de solidarité active (RSA) de M. A. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, car M. A a attendu plusieurs mois après la cessation des versements pour saisir le juge des référés, et qu'une décision sur son recours préalable obligatoire, prévu à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, interviendra sous un mois. En conséquence, la requête est rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 août 2024, M. B A , représenté par Me Vial-Grelier, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 4 janvier 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de l'Isère a procédé à la réduction puis à la suppression de son revenu de solidarité active, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'enjoindre au département de l'Isère de régulariser provisoirement sa situation, notamment en procédant au versement rétroactif de l'allocation et en rétablissant son versement, dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge du département de l'Isère au profit de son conseil une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il est dans une situation personnelle et financière difficile ; la conditions d'urgence est ainsi remplie ;

- il fait valoir des moyens sérieux à l'encontre de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 23 août 2024 sous le numéro 2406373 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". En raison de l'urgence qui s'attache au règlement du présent litige, il y a lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions de la requête :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). L'article L. 522-3 du code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. L'objet même du référé organisé par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est de permettre, dans tous les cas où l'urgence le justifie, la suspension dans les meilleurs délais d'une décision administrative contestée par le demandeur. Une telle possibilité est ouverte y compris dans le cas où un texte législatif ou réglementaire impose l'exercice d'un recours administratif préalable avant de saisir le juge de l'excès de pouvoir, sans donner un caractère suspensif à ce recours obligatoire. Dans une telle hypothèse, la suspension peut être demandée au juge des référés sans attendre que l'administration ait statué sur le recours préalable, dès lors que l'intéressé a justifié, en produisant une copie de ce recours, qu'il a engagé les démarches nécessaires auprès de l'administration pour obtenir l'annulation ou la réformation de la décision contestée. Saisi d'une telle demande de suspension, le juge des référés peut y faire droit si l'urgence justifie la suspension avant même que l'administration ait statué sur le recours préalable et s'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Sauf s'il en décide autrement, la mesure qu'il ordonne en ce sens vaut, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé.

4. Il résulte de l'instruction et il n'est au demeurant pas contesté que M. A a perçu le 5 février 2024 un dernier versement de revenu de solidarité active. Il ne pouvait donc ignorer dès le mois suivant l'interruption de son RSA. Par ailleurs, par un courrier réceptionné le 25 juillet par le département, M. A a présenté le recours préalable obligatoire mentionné à l'article L. 262-47 et une décision, qui se substituera à la décision attaquée, naitra le 25 septembre, soit dans moins d'un mois. Dans ces conditions, M. A, nonobstant sa situation précaire, n'établit pas l'existence d'une situation d'urgence justifiant la suspension de la décision du 4 janvier 2024 sans attendre l'intervention de la nouvelle décision prise sur recours administratif préalable obligatoire. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si les moyens soulevés sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Vial-Grelier.

Fait à Grenoble, le 27 août 2024.

Le juge des référés,

J. P. WYSS

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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