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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2406978

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2406978

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2406978
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantLE GULLUDEC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, Mme C D et Mme B A demandent au tribunal :

1°) d'enjoindre à la commune de Tréminis de produire le compromis de vente des parcelles D65 et D68 signé par la maire de la commune ;

2°) d'annuler ledit compromis de vente ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Tréminis la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. En premier lieu, la juridiction administrative est compétente pour connaître des conclusions d'annulation dirigées contre une délibération ou une décision relative à l'aliénation d'un bien appartenant au domaine privé d'une collectivité territoriale, mais est incompétente pour connaître d'un litige relatif à l'acte de vente lui-même d'un tel bien. Par suite, les conclusions de Mmes D et A tendant à l'annulation du compromis de vente des parcelles D65 et D68 doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

3. En second lieu, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l'espèce, il n'appartient pas à la juridiction administrative d'accueillir des conclusions tendant à d'autres fins que l'annulation d'une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d'une personne publique à verser une somme d'argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d'administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l'annulation d'un acte administratif prononcée à titre principal.

4. Mmes D et A ne demandent pas l'annulation du refus du maire de leur communiquer le compromis de vente litigieux et ne justifient d'ailleurs pas avoir exercé au préalable le recours obligatoire devant la commission d'accès aux documents administratifs pour obtenir la communication de ce document. Leur demande d'injonction, dépourvue de lien avec la l'annulation d'un acte administratif est ainsi manifestement irrecevable.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de commune de Tréminis, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de Mmes D et A en ce sens doivent également être rejetées.

6. Il y a lieu, dès lors de rejeter la requête de Mmes D et A en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme D et de Mme A est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C D et à Mme B A.

Fait à Grenoble le 15 octobre 2024.

Le président de la 1ère chambre,

P. Thierry

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2406978

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