Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2407429
jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407429 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VIGNERON |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 septembre 2024 et le 11 octobre 2024, Mme D épouse A, représentée par Me Vigneron, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de constater le non-lieu à statuer dans la présente affaire ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée puisqu'elle se trouve dépourvue de tout document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour et de la possibilité de travailler, qu'elle est privée de ressources alors qu'elle a d'importantes cotisations à régler sur l'entreprise qu'elle vient de créer et qu'elle est mère de trois enfants ;
S'agissant des moyens de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- les dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile méconnaissent le droit à un recours effectif, garanti par l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'erreur de droit au regard de l'article R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile puisque le retard dans le dépôt de sa demande de renouvellement ne lui est pas imputable ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision porte atteinte à son droit à mener une vie privée et familiale, à sa liberté d'aller et venir et à son droit au travail.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2024, le préfet de l'Isère conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu'il lui a délivré une attestation de prolongation d'instruction.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation enregistrée sous le numéro 2407426.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Jasserand, greffière d'audience, Mme B a lu son rapport en l'absence des parties.
Considérant ce qui suit :
1. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre Mme D épouse A provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
2. Par son mémoire du 11 octobre 2024, la requérante conclut au non-lieu à statuer sur sa requête, du fait de la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction par le préfet de l'Isère, ce qui équivaut à un désistement pur et simple de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme D épouse A est admise provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D épouse A, à Me Vigneron et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 17 octobre 2024.
Le juge des référés,La greffière,
J. BC. Jasserand
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.