mardi 25 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2407619 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BAKER & MCKENZIE A.A.R.P.I. |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrée le 3 octobre 2024 et 20 janvier 2025, la SARL RESELECT, représentée par Me Ferrari, demande, sur le fondement des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, au juge des référés :
1°) de condamner la (SA) Electricité de France (EDF) au paiement de la somme provisionnelle totale de 205 662,58 euros, outre intérêts à compter de la date d'exigibilité de chaque facture ;
2°) de condamner la SA EDF à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente ;
- sa requête est recevable ;
- sa créance n'est pas sérieusement contestable dès lors que, le Conseil d'Etat ayant annulé l'arrêté du 26 octobre 2021 mettant en œuvre le tarif révisé (décisions n°458991 et n°459049), la SA EDF doit appliquer le tarif d'origine du contrat.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 décembre 2024 et 4 février 2025, la SA EDF, représentée par Mes Cabanes et de Saint-Pern, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la SARL ROSELECT, à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête n'est pas recevable, faute que la SARL ROSELECT ait eu recours à la procédure de règlement des conflits, prévue par l'article XIII des conditions générales du contrat ;
- la créance n'est pas non sérieusement contestable, car elle devait faire application de la décision du Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et du ministère de la transition énergétique, de refuser le paiement des factures calculées à partir du tarif historique, et non à partir du tarif révisé ;
- le montant des factures est, en tout état de cause, erroné.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'énergie ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL ROSELECT est propriétaire d'une installation de production d'électricité utilisant l'énergie radiative du soleil, située à Montélimar, pour laquelle elle bénéficie d'une obligation d'achat d'électricité par la société Electricité de France. Elle a demandé à cette dernière de lui payer la somme de 205 662,58 euros correspondant à la valeur de l'électricité produite au cours de la période du 1er février 2022 au 26 janvier 2023 et facturée selon le tarif d'origine figurant dans son contrat. N'ayant pu obtenir le paiement de ces sommes, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la société Electricité de France à lui verser une provision de 205 662,58 euros.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Le contrat d'achat BTA 009508, en litige dans la présente instance, prévoit que sont applicables les conditions générales " PHOTO2010V1 ". La SARL ROSELECT ne conteste pas que l'article XIII de ces conditions générales, relatif à la conciliation, dispose : " Les parties s'efforcent de résoudre à l'amiable tout différend relatif à la validité, l'interprétation ou l'exécution auquel donnerait lieu le présent contrat. Tout différend doit être dûment notifié par la partie requérante à l'autre partie par lettre recommandée avec accusé de réception et en se référant expressément au présent article. Les parties disposent alors d'un délai de 60 jours calendaires pour tenter de régler le différend à l'amiable à compter de la réception de ladite notification ".
4. Les stipulations précitées des conditions générales du contrat d'achat prévoient la mise en œuvre d'une procédure de recours préalable avant la saisine du juge administratif. L'existence même de ce recours prévu au contrat fait obstacle à ce qu'une des parties saisisse directement le juge administratif, y compris le juge statuant en référé.
5. En l'espèce, la SARL ROSELECT a adressé, le 3 juin 2024, à la société Electricité de France une mise en demeure, restée sans réponse, de lui payer, en exécution du contrat d'achat la liant à EDF, les factures R 132 à R 138 puis R 140 à R 146, pour un montant total de 297 118 euros, correspondant à l'électricité produite au cours de la période du 1er février 2022 au 26 janvier 2023. Ainsi, le présent litige est relatif à l'exécution du contrat d'achat et les dispositions de l'article XIII précédemment mentionnées ont donc vocation à s'appliquer. La lettre en date du 3 juin 2024 de la SARL ROSELECT, qui ne se réfère pas à l'article XIII précédemment cité et du fait de son objet, ne peut être regardée comme le recours préalable à fin de conciliation prévu par ces dispositions. Ainsi, la société Electricité de France est fondée à soutenir que la demande présentée par la SARL ROSELECT est irrecevable, faute qu'elle ait été précédée par cette procédure préalablement à la saisine de la juridiction administrative.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de condamnation de la société EDF, présentées par la SARL ROSELECT doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Electricité de France, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme à verser à la SARL ROSELECT au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la SARL ROSELECT une somme à verser à la société Electricité de France au titre de ces mêmes frais.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de la SARL ROESELECT est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL ROSELECT et à la société anonyme Electricité de France.
Fait à Grenoble, le 25 février 2025.
La juge des référés,
A. Wolf
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026