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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2408017

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408017

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2408017
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSCP DUCROT ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 octobre 2024, Grenoble-Alpes Métropole, représentée par Me Senegas, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative de désigner un expert chargé de se prononcer, notamment, sur les causes et les conséquences des désordres affectant le parking Arlequin, situé 40 rue des Trembles à Grenoble. Elle demande également que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des sociétés défenderesses au titre des frais de procès.

Grenoble-Alpes Métropole soutient que l'expertise sollicitée sera utile dans le cadre des procédures en responsabilité qu'elle est susceptible d'engager.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 octobre 2024, la société Bureau d'études Matte et son assureur, la société Allianz Iard, représentées par Me Locatelli, indiquent ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage. Elles demandent le rejet des conclusions relatives aux frais de procès.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2024, les sociétés C et Ingénierie et Grudzinski Architecte et Paysage, et leur assureur, la Mutuelle des Architectes de France, représentées par Me Bellin, indiquent ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage. Elles demandent le rejet des conclusions relatives aux frais de procès.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2024, les sociétés Campenon Bernard Dauphiné Savoie et Campenon Bernard Centre-Est, représentées par Me Le Ray, indiquent ne pas s'opposer à l'expertise sollicitée, sous les protestations et réserves d'usage. Elles demandent le rejet des conclusions relatives aux frais de procès.

La procédure a été régulièrement communiquée aux autres parties, qui n'ont pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence d'une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. Il résulte de l'instruction que la commune de Grenoble a fait réaliser un parking situé au 40, rue des Trembles. La réception a été prononcée le 2 décembre 2014 et l'ensemble des réserves ont été levées le 13 avril 2015. Grenoble-Alpes Métropole est devenue propriétaire de ce parking le 1er janvier 2015, par application du transfert à cette date de la compétence " parcs et aires de stationnement ". Un diagnostic technique, réalisé en 2022, a fait apparaitre plusieurs désordres, listés dans la requête.

3. La demande d'expertise présentée par Grenoble-Alpes Métropole pour déterminer, notamment, les causes et les conséquences de ces désordres présente donc un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées. Il convient d'y faire droit dans les conditions précisées au dispositif de la présente ordonnance.

4. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions.

5. L'expert est tenu, entre autres, d'informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d'en faire état dans son rapport. S'il peut communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité.

6. En application des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l'expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera.

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Grenoble-Alpes Métropole relatives aux frais de procès.

ORDONNE

Article 1er : M. A B, domicilié 32 chemin du Perret à Biol (38690), est désigné comme expert avec pour mission de :

1°- se rendre sur les lieux, entendre les parties, prendre connaissance de tous documents utiles ; donner tous éléments et établir tous plans, croquis ou schémas, produire des photos, utiles à la compréhension des faits de la cause ;

2°- rechercher et préciser les liens contractuels unissant les parties, décrire les missions confiées à chacune des parties à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ; informer les parties qu'il est de leur intérêt d'appeler immédiatement telles entreprises dont la responsabilité serait mise en évidence au cours des premières opérations d'expertise ;

3°- préciser la chronologie des opérations de construction, ainsi que celles des opérations de réception, la nature des réserves dont cette réception aurait été assortie et les suites données à celles-ci ;

4°- décrire les désordres affectant l'ouvrage, en lien avec ceux indiqués ci-dessus, et en indiquer la nature et l'étendue ; pour chacun d'eux, déterminer la date de la première apparition, et préciser, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ;

5°- fournir tous éléments permettant d'apprécier si chacun de ces désordres met l'ouvrage en péril ou le rendent impropre à sa destination, et donner son avis sur ce point ;

6°- donner son avis sur la ou les causes de chaque désordre ; si les dommages sont dus à plusieurs causes, fournir tous éléments permettant d'apprécier dans quelle proportion ils sont imputables à chacune d'elles et donner son avis sur ce point ;

7°- décrire les travaux de nature à faire cesser les désordres et à remettre l'ouvrage en l'état prévu par le marché ; en évaluer le coût et en fixer la durée compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés, et de l'exécution des travaux ;

8°- donner son avis sur l'existence d'améliorations et/ou de plus-values apportées à l'ouvrage par les préconisations des éventuelles solutions techniques ;

9°- donner son avis sur les préjudices de toute nature subis du fait desdits désordres et en évaluer le montant ;

10°- de manière générale, donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur les responsabilités et l'importance du préjudice, ainsi que toute information utile à la solution du litige ;

11°- établir une synthèse non technique des réponses aux questions posées, et, s'il y a lieu, proposer une répartition motivée des responsabilités en pourcentage ;

12° - tenter de parvenir à un accord entre les parties, si possible.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence des représentants de Grenoble-Alpes Métropole et des sociétés Bureau d'études Matte, Allianz Iard, C et Ingénierie, Grudzinski Architecte et Paysage, Mutuelle des Architectes de France, Campenon Bernard Dauphiné Savoie, Campenon Bernard Centre-Est, SMA venant aux droits de la société Sagena, Groupe Ginger, Socotec construction et AXA France Iard.

Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d'échanges dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Grenoble-Alpes Métropole et aux sociétés Bureau d'études Matte, Allianz Iard, C et Ingénierie, Grudzinski Architecte et Paysage, Mutuelle des Architectes de France, Campenon Bernard Dauphiné Savoie, Campenon Bernard Centre-Est, SMA venant aux droits de la société Sagena, Groupe Ginger, Socotec construction, AXA France Iard, ainsi qu'à l'expert.

Fait à Grenoble, le 29 janvier 2025.

Le juge des référés,

Stéphane C

La République mande et ordonne au préfet de l'Isère en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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