jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2408317 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GHANASSIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, Mme A C B , représentée par Me Ghanassia, demande au juge des référés :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision de 29 100 euros en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle est dans l'attente du renouvellement de sa carte de séjour depuis 15 mois ;
- le refus implicite de renouvellement de sa carte de séjour né le 20 novembre 2023 est illégal ;
- le refus du 12 février 2024 de lui remettre un récépissé est illégal ; ce récépissé ne lui a été délivré que le 14 juin 2024 ;
- ces diverses illégalités sont constitutives de fautes de l'administration et ont généré un préjudice tant matériel que moral ;
- sa demande indemnitaire du 24 juillet 2024, reçue le 29 juillet suivant en préfecture, a été implicitement rejetée.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2024, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- Mme B a bénéficié de plusieurs récépissés ;
- le 12 février 2024, elle a présenté un faux passeport nigérian et ce n'est que le 4 avril 2024 qu'elle a présenté un certificat de nationalité délivré par son ambassade ;
- elle n'a jamais contesté le refus implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- les préjudices allégués sont sans lien avec de prétendues illégalités fautives ; ils ne sont pas justifiés ;
- la demande de titre de Mme B a été rejetée le 28 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante nigériane, bénéficie depuis 2014 de titres de séjour qui lui ont été délivrés en raison de son état de santé. A l'occasion de la procédure de renouvellement de son dernier titre de séjour qui expirait le 14 juillet 2023, un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois à compter du 20 juillet 2023, soit jusqu'au 19 février 2024, lui a été délivré. Suite à la décision du 6 juin 2024 du juge du référé-liberté, un nouveau récépissé lui a été délivré le 14 juin 2024 et sa demande de titre de séjour a finalement été rejetée le 28 octobre 2024.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande tendant à l'octroi d'une provision :
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'exécution de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à établir l'existence d'une créance avec un degré suffisant de certitude. Le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui paraît revêtir un caractère de certitude suffisant.
4. Il résulte de l'instruction que Mme B a présenté le 20 juillet 2023 une demande de renouvellement de son titre de séjour et a été mise en possession d'un récépissé de demande valable du 20 juillet 2023 au 19 février 2024. Il n'est pas contesté qu'elle s'est présentée en préfecture courant février 2024 avec un faux passeport nigérian, son dossier ne pouvant alors être regardé comme complet. Il résulte également de l'instruction que ce n'est que le 4 avril 2024 qu'elle s'est munie d'une attestation de nationalité délivrée par son ambassade mais que, comme l'a d'ailleurs retenu le juge des référés, en dépit de ses tentatives réitérées à plusieurs reprises, il ne lui a pas été possible d'obtenir de rendez-vous afin de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour, en raison de l'insuffisance manifeste de rendez-vous disponibles. Par suite, le seul préjudice suffisamment certain pour donner droit à provision s'étend du 4 avril 2024 au 14 juin 2024, date à laquelle Mme B a été mise en possession d'un récépissé de demande de titre. Il sera fait une juste appréciation des préjudices de toute nature subis par Mme B du fait de la faute de l'administration en condamnant l'Etat à lui verser à ce titre une provision de 200 euros.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de Mme B présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à Mme B une provision d'un montant de 200 euros, tous intérêts compris.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Ghanassia et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.
Fait à Grenoble, le 12 décembre 2024.
Le juge des référés,
J. P. WYSS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026