LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2408632

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2408632

jeudi 13 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2408632
TypeDécision
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 novembre 2024, M. C B, représenté par Me Huard, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 22 octobre 2024 par lequel le préfet de l'Isère lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Isère, après délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dans le délai de 8 jours, de le convoquer afin qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour dans le délai d'un mois courant à compter de la date de notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français en litige n'est pas suffisamment motivée ;

- le préfet de l'Isère n'a pas sérieusement examiné sa situation, en méconnaissance de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'obligation de quitter le territoire français a été adoptée en méconnaissance de son droit d'être entendu ;

- cette obligation méconnaît l'autorité absolue de chose jugée par le tribunal de céans dans le jugement n°2405256 ;

- cette obligation est dépourvue de base légale ;

- cette obligation méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

La préfète de l'Isère a présenté un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2025, par lequel elle conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

- le rapport de Mme Permingeat, premier conseiller ;

- et les observations de Me Huard, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant guinéen né le 7 juillet 2003, a déclaré être entré en France en octobre 2022. Sa demande d'asile ayant été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 2 avril 2024, le préfet de l'Isère lui a, par un premier arrêté du 18 juin 2024, fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours. Cette décision a toutefois été annulée pour vice de procédure par le tribunal de céans par jugement n°2405256 du 7 août 2024. Sur injonction du tribunal, le préfet de l'Isère a réexaminé la situation de M. B et lui a ordonné à nouveau de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours par arrêté du 22 octobre 2024. Dans la présente instance, M. B demande l'annulation pour excès de pouvoir de cette seconde obligation.

2. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. ".

3. L'obligation en litige comporte les considérations de fait et de droit qui la fondent, quand bien même elle ne contient pas tous les éléments dont M. B entend se prévaloir. Par ailleurs, même si le requérant ne partage pas l'analyse du préfet sur ces différents points, cette décision a été adoptée après examen de la durée de sa présence en France ainsi que de la nature et l'ancienneté de ses liens avec ce pays. Elle indique également qu'il ne justifie pas de circonstances humanitaires exceptionnelles. Par suite, les moyens tirés du vice de forme entachant cette décision et de l'absence d'examen, par le préfet de l'Isère, de la demande de M. B au regard des critères énoncés par les dispositions citées au point 2 doivent être écartés.

4. Comme exposé au point 1, l'obligation en litige a été adoptée à la suite de l'injonction prononcée par jugement n°2405256 du 7 août 2024 du tribunal de céans dont M. B a reçu notification. Il lui était donc loisible, pendant la période de réexamen de sa situation, de transmettre au préfet de l'Isère tous éléments qu'il jugeait utiles. L'intéressé n'établissant pas qu'il aurait vainement tenté de le faire, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation en litige méconnaît son droit d'être entendu qui fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union européenne.

5. L'autorité absolue de chose jugée d'un jugement s'attache à son dispositif et à ceux de ses motifs qui en sont le soutien nécessaire. En l'espèce, le jugement n°2405256 du 7 août 2024 a annulé la première obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. B pour vice de procédure. Par ailleurs, lors du réexamen de la situation du requérant ordonné par le tribunal, le préfet de l'Isère, qui ne statuait pas sur une demande, n'a pas repris l'instruction de cette première obligation de quitter le territoire français mais a réinstruit le dossier de M. B en suivant une procédure distincte de la première. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la procédure ayant présidé à l'édiction de cette seconde obligation méconnaît l'autorité absolue de chose jugée par le tribunal.

6. M. B, qui indique n'avoir été rendu destinataire d'aucune autorisation provisoire de séjour, ne peut utilement soutenir qu'il aurait dû être éloigné du territoire français sur le fondement du 3°) de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors que cette disposition concerne les étrangers faisant l'objet d'un refus de renouvellement d'une autorisation provisoire de séjour qui leur a été délivrée.

7. A la date de l'arrêté en litige, M. B ne résidait en France que depuis 2 ans alors qu'il a vécu le reste de son existence dans son pays d'origine où il conserve nécessairement des attaches personnelles et où résident les membres de sa famille. Il ne s'est par ailleurs maintenu sur le territoire français qu'à la faveur d'une demande d'asile finalement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, et malgré les liens amicaux qu'il a tissés et ses efforts d'intégration, il n'est pas fondé à soutenir que l'obligation en litige porte une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise, méconnaissant en cela l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

8. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation entachant l'obligation en litige doit être écarté.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation pour excès de pouvoir ainsi que, par voie de conséquence, d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.

10. Il en va de même, eu égard à sa qualité de partie perdante dans l'instance, des conclusions qu'il présente au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Huard et à la préfète de l'Isère.

Délibéré après l'audience du 17 février 2025, à laquelle siégeaient :

M. Pfauwadel, président,

Mme Permingeat, premier conseiller,

M. Derollepot, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2025.

Le rapporteur,

F. Permingeat

Le président,

T. Pfauwadel

Le greffier,

M. A

La République mande et ordonne à la préfète de l'Isère en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2408632

Décisions similaires

CAA78exécution décision justice adm

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01300

31/03/2026

CAA78excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01592

31/03/2026

CAA78exécution décision justice adm

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01849

31/03/2026

CAA78excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE01908

31/03/2026

← Retour aux décisions