Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2409880

lundi 7 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2409880
TypeDécision

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi en référé suspension par Mme B, ressortissante guinéenne, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire, constate qu'il n'y a plus lieu de statuer. En effet, par un jugement du 5 mars 2025, le tribunal a annulé l'arrêté contesté ainsi que le refus implicite antérieur, rendant sans objet les conclusions en suspension et en injonction. La demande de frais de justice présentée par la requérante est rejetée. La décision se fonde sur les articles L. 521-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Coutaz, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 12 décembre 2024 par lequel la préfète de l'Isère a rejeté la demande de renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à la préfète de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de deux jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'État à lui verser une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

1. Mme B, ressortissante guinéenne née en février 1968, déclare être entrée en France le 26 juillet 2005. Elle a été autorisée au séjour par plusieurs titres régulièrement renouvelés depuis le 18 décembre 2009 et bénéficiait en dernier lieu d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de 4 ans, valable jusqu'au 13 janvier 2024. Après s'être vainement présentée en préfecture, elle est parvenue à en demander le renouvellement le 28 janvier 2024 via le téléservice Anef.

2. Par une ordonnance du 26 juillet 2024 dans l'instance n° 2405008, le juge des référés a suspendu l'exécution du rejet implicite opposé à cette demande et notamment enjoint au préfet de l'Isère de statuer à nouveau par une décision explicite dans un délai de deux mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard. La requérante avait demandé l'annulation de ce refus dans l'instance n° 2405009.

3. En exécution de cette ordonnance, le préfet a par arrêté du 12 décembre 2024 rejeté la demande de titre de séjour de Mme B et lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours. Mme B a contesté cette nouvelle décision dans le cadre d'une instance n° 2409875.

4. Par un jugement n° 2409875 - 2405009 du 5 mars 2025, ce tribunal a annulé le refus implicite ainsi que l'arrêté du 12 décembre 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en suspension de cet arrêté et en injonction.

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions en suspension et en injonction de la requête de Mme B.

Article 2 : Les conclusions de Mme B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 7 avril 2025.

La juge des référés,

A. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.