Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2502514

lundi 24 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2502514
TypeDécision
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a pris acte du désistement de M. B, ressortissant algérien, de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction concernant la clôture de l'instruction de sa demande de titre de séjour et le refus implicite de titre. La condition d'urgence et les moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme) n'ont pas été examinés au fond en raison du désistement. Le tribunal a prononcé l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle et condamné l'État à verser 800 euros à son avocat au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 mars 2025, M. A B, représenté par Me Huard, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de :

- la décisions du 7 janvier 2025 par laquelle l'administration numérique des étrangers en France a clos l'instruction de sa demande de titre de séjour ;

- la décision implicite du 2 septembre 2024 par laquelle le préfet de l'Isère a refusé de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ;

2°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le mois et, dans l'attente, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :

º la décision de clôture d'instruction de sa demande de titre de séjour a été signée par une autorité incompétente ; est insuffisamment motivée ; et méconnaît l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

º le refus de titre de séjour méconnaît le 4° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;

º les décisions attaquées méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2025, la préfète de l'Isère conclut au non-lieu à statuer et au rejet des conclusions relatives aux frais exposés et non compris dans les dépens.

Elle fait valoir qu'elle propose un rendez-vous à M. B pour déposer son dossier complet de demande de titre de séjour et qu'aucun refus de titre de séjour n'a été pris à son encontre.

Par un mémoire du 17 mars 2025, M. B a déclaré se désister de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction et maintenir sa demande de frais non compris dans les dépens.

Vu :

* les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2502515, enregistrée le 6 mars 2025, par laquelle M. B demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Thierry, vice-président, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 17 mars 2025 à 11 heures 30 au cours de laquelle le rapport de M. Thierry, juge des référés a été entendu.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, a formé, le 2 mai 2024, une demande de titre de séjour sur le site de l'administration numérique des étrangers en France. Sa demande a toutefois été " clôturée " par une décision du 7 janvier 2025 " suite à un incident technique ". M. B demande la suspension de l'exécution de cette décision du 7 janvier 2025 ainsi que celle par laquelle le préfet de l'Isère a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Par le mémoire susvisé, M. B a déclaré se désister de ses conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.

Sur les conclusions relatives à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

4. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " Les auxiliaires de justice rémunérés selon un tarif peuvent renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre contre la partie condamnée aux dépens et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle le recouvrement des émoluments auxquels ils peuvent prétendre. / Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. () ".

5. Il y a lieu, sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 800 euros à Me Huard, avocat de M. B, en application de ces dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 :Il est donné acte du désistement de M. B de ses conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte.

Article 3 :Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle l'Etat versera la somme de 800 euros à Me Huard en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et à Me Huard.

Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère

Fait à Grenoble, le 24 mars 2025.

Le juge des référés,

P. Thierry

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 25025142