Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2503381

mardi 15 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2503381
TypeDécision
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A. Ce dernier demandait d'enjoindre à la commune de Champagny-en-Vanoise de libérer ses parcelles, traversées par des pistes de ski nordique, en raison d'une servitude contestée. Le juge estime que la demande, qui vise à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative (le refus du maire de cesser l'exploitation), ne relève pas de la compétence du juge des référés saisi sur ce fondement. La solution retenue est donc le rejet de l'intégralité des conclusions de M. A.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 mars 2025, M. B A, représenté par Me Drouin, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre à la commune de Champagny-en-Vanoise, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de libérer les parcelles cadastrées section G n°496, 497 et 1113 dans un délai de 8 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard. ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Champagny-en-Vanoise une somme de 3500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pfauwadel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l'urgence, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

3. M. A est propriétaire à Champagny-en-Vanoise (Savoie), des parcelles cadastrées section G numéros 496, 497 et 1113 supportant une maison d'habitation. La commune exploite un domaine de ski nordique dont les pistes traversent la propriété de M. A, en partie à moins de vingt mètres de l'habitation. Par lettre d'avocat du 14 novembre 2024, M. A a mis en demeure la commune de cesser toute exploitation des pistes établies sur sa propriété. Par un courrier du 25 novembre 2024, le maire de Champagny-en-Vanoise a répondu que la piste passait bien à moins de vingt mètres du bâtiment à usage d'habitation secondaire estivale, que la servitude ne pouvait être instaurée bien que M. A ne puisse occuper ce bien en hiver mais que le passage de cette piste n'avait pas donné lieu à des travaux d'aménagement s'agissant d'un simple survol du manteau neigeux et que le terrain étant situé dans le site classé du vallon de Champagny-le-Haut, toute installation de barrière et toute plantation par le propriétaire étaient soumises à autorisation ministérielle. Il ressort des termes de ce courrier que le maire de Champagny-en-Vanoise a ainsi entendu rejeter la demande de M. A et poursuivre l'exploitation des pistes sur la propriété de ce dernier. Ainsi qu'il a été rappelé au point 2, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de prononcer une injonction faisant obstacle à l'exécution d'une décision administrative susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Grenoble, le 15 avril 2025

Le juge des référés,

T. Pfauwadel

La République mande et ordonne au préfet de la Savoie en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.