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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2504518

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2504518

mardi 13 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2504518
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantMARGAT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a enjoint à la préfète de l'Isère de mettre à disposition de M. A, ressortissant guinéen, une attestation de prolongation d'instruction de six mois l'autorisant au séjour et assortie d'une autorisation de travail. Cette décision fait suite à la demande de titre de séjour de M. A en tant que parent d'enfants bénéficiaires de la protection subsidiaire, sur le fondement des articles L. 424-9 et L. 424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le juge a constaté l'urgence et le défaut de contestation sérieuse, l'administration n'ayant pas justifié de l'absence de mise à disposition de l'attestation prévue à l'article R. 431-15-4 du même code. L'astreinte a été fixée à 100 euros par jour de retard passé un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 avril 2025, M. B A, représenté par Me Margat, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de mettre à sa disposition sur son compte ANEF une attestation de prolongation d'instruction de six mois l'autorisant au séjour et assortie d'une autorisation de travail dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de deux cents euros par jour de retard passé ce délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 en cas d'admission définitive à l'aide juridictionnelle ou à lui-même dans le cas contraire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Compte tenu de l'urgence qu'il y a à statuer sur le recours de M. A, il y a lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. D'une part, aux termes de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "bénéficiaire de la protection subsidiaire" d'une durée maximale de quatre ans. / Cette carte est délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. ". Aux termes de l'article L. 424-11 du même code : " Une carte de séjour pluriannuelle portant la mention "membre de la famille d'un bénéficiaire de la protection subsidiaire", identique à la carte prévue à l'article L. 424-9 délivrée à l'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire, est délivrée à : / () / 4° Ses parents si l'étranger qui a obtenu le bénéfice de la protection est un mineur non marié. ".

5. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-15-1 de ce code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. () ". Aux termes de l'article R. 431-15-4 du code : " Pour l'application de l'article L. 424-10, dès que le bénéfice de la protection subsidiaire lui est reconnue, l'étranger est informé des modalités lui permettant d'accéder au téléservice mentionné à l'article R. 431-2 afin qu'il souscrive une demande de délivrance de la carte de séjour pluriannuelle mentionnée à l'article L. 424-9. / Dès la souscription de cette demande, une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande mentionnée au deuxième alinéa de l'article R. 431-15-1, d'une durée de six mois renouvelable, est mise à sa disposition par le préfet au moyen de ce téléservice. Cette attestation porte la mention "a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire". / Ce document lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise et lui confère le droit d'exercer la profession de son choix dans les conditions prévues à l'article L. 414-10. ".

6. Il résulte de l'instruction que M. A, ressortissant guinéen déclarant être entré en France en avril 2018, vit en couple avec une compatriote qui a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire le 6 octobre 2022. De leur union sont nées deux filles, le 27 février 2022 et le 12 avril 2024, qui se sont vu accorder également la protection subsidiaire, respectivement, le 1er août 2024 et le 5 juillet 2024. Le 26 janvier 2023, M. A a déposé par l'intermédiaire du téléservice ANEF une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 424-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 12 décembre 2024, il a été destinataire d'un message de clôture de son dossier en raison d'un " problème informatique ". Le 25 février 2025, il déposé une seconde demande de titre de séjour. Il fait valoir qu'aucune attestation de prolongation d'instruction ne lui a été délivrée, l'empêchant de justifier de son droit au séjour durant l'instruction de sa demande.

7. Toutefois, M. A ne peut prétendre à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction sur le fondement de l'article R. 431-15-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il invoque, dès lors que ces dispositions s'appliquent uniquement à l'étranger auquel est reconnu le bénéfice de la protection subsidiaire, ce qui n'est pas son cas. La préfète de l'Isère n'est pas davantage tenue de lui délivrer une attestation sur le fondement de l'article R. 431-15-1 dès lors qu'il ne détenait aucun document de séjour dont la durée de validité serait parvenue à expiration. Dans ces circonstances, la demande de M. A tendant à ce que le juge des référés enjoigne à la préfète de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction se heurte à une contestation sérieuse et ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Margat et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera délivrée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 13 mai 2025.

Le juge des référés,

V. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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