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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2507676

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2507676

vendredi 29 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2507676
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantLE COQ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en urgence sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, a rejeté la requête de M. A. Ce dernier, reconnu prioritaire par la commission de médiation pour un logement de type T3, demandait qu'il soit enjoint à la préfète de l'Isère de lui attribuer un logement. Le tribunal a constaté qu'une offre de logement adaptée à ses besoins lui avait été faite le 11 mars 2025, mais que l'attribution n'avait pu aboutir en raison du défaut de fourniture des justificatifs nécessaires par le requérant. En conséquence, la carence de l'administration n'étant pas établie, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juillet 2025, M. B A, représenté par Me Le Coq, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Isère de lui attribuer un logement adapté à ses besoins et capacités, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat au profit de son conseil une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que par une décision de la commission de médiation de l'Isère du 26 septembre 2024, il a été désigné prioritaire et devant être logé dans un logement répondant à ses besoins et capacités de type T3 avec élargissement du choix des communes.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 août 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que M. A a reçu une proposition de logement adapté à ses besoins, l'attribution n'a pu aboutir faute d'avoir fourni les justificatifs nécessaires à l'examen du dossier par le bailleur.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été averties par courrier du 23 juillet 2025 que la clôture d'instruction était fixée au 25 août 2025 à 12 heures.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

2. En raison de l'urgence, il y a lieu d'admettre, à titre provisoire, M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :

3. Aux termes des dispositions du I. de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. (). / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l'instruction. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive. "

4. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation que le juge saisi sur leur fondement doit, s'il constate qu'un demandeur d'un logement a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et devant être logé d'urgence et que ne lui a pas été offert un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités définis par la commission, ordonner à l'administration d'assurer un logement à l'intéressé conformément à la décision de cette commission, sauf si l'urgence a ultérieurement disparu. Il résulte également de ces dispositions que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation peut perdre le bénéfice de cette décision s'il refuse, sans motif impérieux, une offre de logement ou d'hébergement correspondant à ses besoins et à ses capacités.

5. Par une décision de la commission de médiation de l'Isère du 26 septembre 2024, M. A a été désigné prioritaire et devant être logé dans un logement répondant à ses besoins et capacités de type T3 avec élargissement du choix des communes.

6. Il résulte de l'instruction et il n'est au demeurant pas contesté que M. A a reçu une offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités le 11 mars 2025. Toutefois, suite à la proposition de logement, M. A n'a pas fourni les documents nécessaires (pièce d'identité, titre de séjour de sa conjointe, contrat de travail, bulletins de salaire de son fils, attestation de paiement de la caisse d'allocations familiales des trois derniers mois et un relevé d'identité bancaire), le logement n'a alors pas pu lui être attribué. Dans ces circonstances, M. A n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Isère n'a pas satisfait à son obligation d'assurer son logement en application du I de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et à obtenir l'injonction sollicitée.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

Sur les frais de l'instance :

8. Considérant qu'aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () "

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Le Coq et au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.

Fait à Grenoble, le 29 août 2025.

Le président,

J.P. Wyss

La République mande et ordonne au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2507676

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