LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2508445

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2508445

jeudi 8 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2508445
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantPHELIP ET ASSOCIES

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif de Grenoble, rendue en référé sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, fait droit à la demande d’expertise médicale présentée par la société AXA France IARD. Celle-ci, subrogée dans les droits des victimes d’un accident mortel de la circulation survenu le 17 juillet 2023 sur la RD 926, souhaite déterminer les causes de l’accident, en lien avec un éboulement, afin d’engager la responsabilité du département de la Savoie pour défaut d’entretien normal de l’ouvrage public. Le tribunal estime que la demande est utile et ne se heurte pas à une absence manifeste de lien de causalité, les éléments produits (rapport d’expertise pénale, procès-verbaux) étant suffisants à ce stade. Il ordonne donc une expertise et rejette les conclusions du département tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistré le 11 août et le 2 octobre 2025, la compagnie AXA France IARD représentée par Me Schreckenberg, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner une expertise médicale, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, aux fins de se prononcer sur les causes et les circonstances de l’accident de circulation du 17 juillet 2023 sur la route départementale D926 sur la commune de Saint-Sorlin d’Arves ;

2°) de dire que l’expert déposera un pré-rapport en laissant aux parties un délai d’un mois pour faire leurs observations ;

3°) de réserver les dépens.

Elle soutient que :
la présente demande d’expertise est susceptible de se rattacher à une action en responsabilité au fond contre le département de la Savoie ;
il y a défaut d’entretien normal de la chaussée, d’aménagement et de signalisation ;
la mesure d’expertise permettra de déterminer les responsabilités encourues.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2025, le département de la représenté par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et à ce qu’il soit mis à la charge de AXA France IARD la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
l’expertise aurait uniquement vocation à pallier la carence de la requérante dans l’administration de la preuve qui lui incombe dans le cadre d’une instance au fond ;
en l’absence manifeste de toute responsabilité, la mesure d’instruction n’est pas utile ;
qu’aucun défaut d’entretien normal de l’ouvrage public ou de signalisation ne saurait lui être reproché.

La requête a été régulièrement communiquée aux caisses primaires d’assurance maladie de Paris et du Puy-de-Dôme qui n’ont pas produit d’observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Magali Sellès, sur le fondement de l’article R. 621-1-1 du code de justice administrative, comme magistrat chargé des questions d’expertise et du suivi des opérations d’expertise


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence d’une décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction (…) ».

L’utilité d’une mesure d’expertise qu’il est demandé au juge des référés d’ordonner sur ce fondement doit être appréciée, d’une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d’autres moyens et, d’autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l’intérêt que la mesure présente dans la perspective d’un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher ; qu’à ce dernier titre, il ne peut faire droit à une demande d’expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l’appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription. De même, il ne peut faire droit à une demande d’expertise permettant d’évaluer un préjudice, en vue d’engager la responsabilité d’une personne publique, en l’absence manifeste de lien de causalité entre le préjudice à évaluer et la faute alléguée de cette personne.

Il résulte de l’instruction que l’expertise sollicitée par AXA France IARD porte sur les causes et les circonstances de l’accident de circulation mortel du 17 juillet 2023 sur la route départementale D926 sur la commune de Saint-Sorlin d’Arves, occasionné par l’éboulement d’une pierre massive d’un mur de soutènement au moment du croisement de deux véhicules dont l’un a basculé en contrebas, véhicule assuré par AXA. La société AXA France IARD est subrogée dans les droits des victimes de l’accident de la circulation, qu’elle a indemnisées. Si le département de la Savoie soutient que la matérialité des faits n’est pas établie et que la requérante ne rapporte pas la preuve du lien de causalité entre le préjudice et l’état de la chaussée, AXA France IARD produit toutefois le rapport d’expertise réalisé dans le cadre du dossier pénal ainsi que différents procès-verbaux. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l’instruction que la requérante ne justifierait pas suffisamment, au stade des référés et sans préjudice du recours au fond, de la matérialité des faits et du lien de causalité. La demande de AXA France IARD, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre ainsi dans le champ d’application des dispositions précitées de l’article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d’y faire droit et de fixer la mission de l’expert comme il est précisé à l’article 1er de la présente ordonnance.

Il n’appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d’intentions.

L’expert est tenu, entre autres, d’informer les parties de ses constatations, de recueillir leurs dires et d’en faire état dans son rapport. S’il lui est loisible de communiquer aux parties un pré-rapport aux fins de recueillir leurs observations, aucune disposition législative ou réglementaire applicable devant le juge administratif ne permet de lui imposer cette formalité.

En application des dispositions de l’article R. 621-13 du code de justice administrative, les frais de l’expertise seront liquidés et taxés par ordonnance laquelle désignera la partie qui les supportera.

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du département de la Savoie présentées au titre des frais de procès.


ORDONNE :


Article 1er : M. B... A... domicilié BP 14 38 209 Vienne Cedex, est désigné comme expert avec pour mission de :

1°) se rendre sur les lieux afin de décrire le plus précisément possible les lieux de l’accident du 17 juillet 2023 et l’éventuelle présence d’un défaut d’aménagement et/ou de signalétique ;

2°) de décrire que les causes et les circonstances de l’accident ;

3°) de dresser l’état du mur de soutènement en cause afin de déterminer son rôle dans le glissement de terrain ;

4°) d’une façon générale, fournir tous éléments techniques et de fait de nature à permettre à la juridiction de déterminer les responsabilités encourues et d’évaluer les préjudices subis.

L’expert disposera des pouvoirs d’investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l’accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal administratif.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l’autorisation préalable du président du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l’expert prêtera serment dans les formes prévues à l’article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L’expertise aura lieu en présence de AXA France IARD, du département de la Savoie, des CPAM de Paris et du Puy-de-Dôme.

Article 5 : L’expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme d’échanges dans le délai de huit mois à compter de la notification de la présente ordonnance, accompagné de l’état de ses vacations, frais et débours.

Article 6 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues à l’article R. 621-9 du code de justice administrative. Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique.

Article 7 : Le surplus des conclusions département de la Savoie est rejeté.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à AXA France IARD, au département de la Savoie, aux CPAM de Paris et du Puy-de-Dôme et à l’expert.


Fait à Grenoble, le 8 janvier 2026.


La juge des référés,




M. C...



La République mande et ordonne à la préfète de la Savoie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions