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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2512119

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2512119

lundi 29 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2512119
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantLADET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, par une ordonnance du 29 décembre 2025, a procédé à la liquidation de l'astreinte prononcée le 28 juillet 2023 à l'encontre de l'État pour défaut d'hébergement de M. B..., un demandeur reconnu prioritaire. La préfète de l'Isère sollicitait cette liquidation en faisant valoir que l'intéressé avait refusé sans motif légitime une proposition d'hébergement faite le 15 avril 2025. Le tribunal a estimé que ce refus déliait l'administration de son obligation et a fixé définitivement le montant de l'astreinte due à 9 000 euros, en application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative. La somme doit être versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2304045 du 28 juillet 2023, statuant sur la requête de M. A... B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 30 septembre 2023, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête enregistrée le 19 novembre 2025, la préfète de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.

Elle soutient que M. B... a été orientée le 15 avril 2025 sur un hébergement pérenne à Saint Quentin Fallavier et qu’il a refusé la proposition.

La requête a été régulièrement communiquée à M. B... qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».

2. Par une ordonnance n°2304045 du 28 juillet 2023, statuant sur la requête de M. A... B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 30 septembre 2023, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l’instruction et il n’est au demeurant pas contesté que l’intéressé a été orienté le 15 avril 2025 sur un hébergement d’urgence et qu’il a refusé la proposition sans motif légitime. L’administration est ainsi déliée de son obligation d’héberger M. B.... Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de fixer définitivement à 9 000 euros l’astreinte due par l’Etat. Il appartient à la préfète de l’Isère de verser la somme ainsi due au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, sous réserve des sommes déjà versées.

ORDONNE :

Article 1er : Sous réserve des paiements déjà effectués, l’Etat est condamné à verser au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement la somme de 9 000 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n°2304045 du 28 juillet 2023.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à M. A... B....

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère et au ministère public près la Cour des comptes.


Fait à Grenoble, le 29 décembre 2025.


Le président du tribunal,




J.P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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