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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2512576

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2512576

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2512576
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCABINET LEVY-DRUON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a rejeté la requête de Mme A... qui contestait les majorations de 10 % appliquées à ses impôts sur le revenu pour les années 2021, 2022 et 2023. La requérante invoquait l’article L. 123-1 du code des relations entre le public et l’administration pour demander la décharge de ces majorations. Le tribunal a jugé ce moyen inopérant, car Mme A... n’avait pas régularisé sa situation, ni spontanément ni dans le délai de trente jours imparti par l’administration fiscale. En conséquence, la requête a été rejetée sur le fondement du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 novembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Levy-Druon, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des majorations de 10 % qui lui ont été appliquées au titre des années 2021, 2022 et 2023 ;

2°) fixer les montants dus en matière d’impôt sur le revenu 1 408 euros au titre de l’année 2021, 4 698 euros au titre de l’année 2022, 3 253 euros au titre de l’année 2023 et réformer les avis d’imposition correspondants ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. (…) ».
Aux termes de l’article L. 123-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l’objet, de la part de l’administration, d’une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d’une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l’administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. (…) ».
Par une proposition de rectification du 19 novembre 2024, l’administration a notifié à Mme A... des rehaussements en matière d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2021, 2022 et 2023, assortis des intérêts de retard et de la majoration de 10 % prévue à l’article 1758 A du code général des impôts. Cette proposition de rectification informait la contribuable qu’elle pouvait bénéficier de la remise des majorations et d’une réduction des intérêts en application de l’article L. 62 du livre des procédures fiscales, si elle renvoyait dans un délai de trente jours le formulaire de demande de régularisation qui était annexé. Pour contester la mise en recouvrement, le 31 mai 2025, des majorations, Mme A... se prévaut de l’article L. 123-1 du code des relations entre le public et l’administration. Toutefois, ces dispositions ne s’appliquent qu’aux personnes ayant régularisé leur situation de leur propre initiative ou, lorsqu’elles ont été invitées à le faire par l’administration, dans le délai indiqué par elle. Or il est constant que Mme A... n’a pas régularisé sa situation, ni spontanément, ni dans le délai de trente jours indiqué dans la proposition de rectification. Dès lors, elle ne peut utilement faire valoir qu’aucune sanction ne pouvait lui être infligée en vertu de l’article L. 123-1 du code des relations entre le public et l’administration. Ainsi, la requête ne comportant qu’un moyen inopérant, elle peut être rejetée par application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....


Fait à Grenoble, le 3 février 2026.


Le président,




V. L’HÔTE



La République mande et ordonne à la ministre de l’action et des comptes publics en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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