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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2602693

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2602693

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2602693
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d'un avis de mise en recouvrement fiscal présentée par la SARL JMB-Savoy holding. La juridiction a jugé la requête irrecevable, car la société n'a pas justifié avoir saisi au préalable le juge de l'impôt d'une demande de décharge, ni produit l'avis de mise en recouvrement contesté, en méconnaissance des conditions de l'article R. 551-1 du code de justice administrative. Le rejet est fondé sur le défaut de preuve de l'exigibilité de l'imposition et de la saisine du juge du fond, conditions nécessaires pour examiner une suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mars 2026, la SARL JMB-Savoy holding demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de l’avis de mise en recouvrement n°202409Q0011 du 23 décembre 2023 ;

2°) d’enjoindre à l’administration de suspendre toute mesure de poursuite ou de saisie et de prendre toute mesure de recouvrement forcée pendant le plan de continuation judiciaire en cours ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ». Aux termes de l’article R. 551-1 de ce code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit contenir l’exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l’urgence de l’affaire. / A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière. ».
Le contribuable qui a saisi le juge de l’impôt de conclusions tendant à la décharge d’une imposition à laquelle il a été assujetti est recevable à demander au juge des référés, sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la mise en recouvrement de l’imposition, dès lors que celle-ci est exigible. Le prononcé de cette suspension est subordonné à la double condition, d’une part, qu’il soit fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux sur la régularité de la procédure d’imposition ou sur le bien-fondé de l’imposition et, d’autre part, que l’urgence justifie la mesure de suspension sollicitée.
Au cas d’espèce, la SARL JMB-Savoy holding ne justifie pas avoir saisi le juge de l’impôt d’une demande de décharge, dont elle ne joint pas à sa requête la copie exigée par l’article R. 551-1 du code de justice administrative, ni que les impositions qu’elle conteste sont exigibles, faute de verser à l’instance l’avis de mise en recouvrement dont elle demande la suspension. Par suite, sa requête ne peut qu’être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SARL JMB-Savoy holding est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL JMB-Savoy holding.



Fait à Grenoble, le 17 mars 2026.


Le juge des référés,





V. A...


La République mande et ordonne au ministre de l’action et des comptes publics en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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