Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2603819
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2603819 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUTHORS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2026, M. B..., représenté par Me Bouthors, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 6 mars 2026 par lequel la préfète de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours, a désigné le pays de destination de cette mesure d’éloignement et l’a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
2°) subsidiairement de suspendre l’exécution de l’obligation de quitter le territoire le temps de l’examen de sa demande d’asile, en application de l’article L. 752-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) d’enjoindre à la préfète de la Savoie de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Bouthors sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
– les décisions sont insuffisamment motivées ;
– elles ne reposent pas sur un examen préalable de sa situation ;
– l’obligation de quitter le territoire méconnaît l’article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
– elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– la décision fixant le pays de renvoi méconnait l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
– l’interdiction de retour méconnaît l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
– Il existe un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité.
Par un mémoire enregistré le 28 juillet 2026, la préfète de la Savoie conclut au rejet de la requête.
M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juin 2026.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
– le rapport de M. Savouré, président-rapporteur,
.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant afghan né le 10 juin 1997, est entré en France le 6 septembre 2022, selon ses déclarations. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d’asile par une décision du 17 novembre 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 1er juillet 2024. Il demande l’annulation de l’arrêté de la préfète de la Savoie du 6 mars 2026 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours, désignant le pays de destination de cette mesure d’éloignement et l’interdisant de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Sur la légalité de l’arrêté attaqué :
2. En premier lieu, alors que l’arrêté attaqué n’avait pas à reprendre l’ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle et familiale de M. A..., celui-ci énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le requérant n’est pas fondé à soutenir qu’il serait insuffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l’arrêté en litige, ni d’aucune pièce du dossier, que la préfète de la Savoie n’aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A....
4. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l’article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’éloignement effectif de l’étranger faisant l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l’expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l’accompagne, ni avant que ce même tribunal n’ait statué sur ces décisions s’il a été saisi ».
5. Les dispositions précitées ne font pas obstacle à ce qu’une obligation de quitter le territoire français soit édictée à l’encontre de M. A..., alors même qu’il a déposé un recours devant la CNDA contre la décision d’irrecevabilité opposée à sa demande de réexamen de sa demande d’asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (…) 2° Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire (…) au bien‑être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales (…) ».
7. M. A... n’est présent en France que depuis septembre 2022 soit trois ans et demi à la date de l’arrêté attaqué. Il ne justifie d’aucun lien personnel en France alors que son épouse réside en Afghanistan. Ainsi, dans les circonstances de l’espèce, préfète de la Savoie, en refusant de l’admettre au séjour et en l’obligeant à quitter le territoire français, n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Il n’est pas davantage établi que la préfète de la Savoie aurait commis une erreur manifeste d’appréciation.
8. En cinquième lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».
9. En se bornant à exposer qu’il serait le fils d’un ancien membre de la police locale afghane assassiné par les talibans et le cousin d’un militaire de l’armée nationale afghane, le requérant n’établit pas qu’il serait exposé à des risques pour sa vie ou sa liberté en cas de retour dans son pays d’origine, alors que sa demande d’asile a été rejetée par l’office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué aurait méconnu l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes de l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ».
11. M. A... n’établit pas avoir en France des liens privés anciens, intenses et stables alors qu’il ne conteste pas être dépourvu de liens familiaux dans son pays d’origine et que son épouse y réside toujours. Dans ces circonstances, alors même qu’il ne présente pas de menace pour l’ordre public et n’a pas fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement, il n’est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans, qui est suffisamment motivée, aurait méconnu les dispositions de l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou serait disproportionnée.
Sur les conclusions tendant à la suspension de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français :
12. Aux termes de l’article L. 752-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ». Aux termes de l’article L. 752-11 du même code : « Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 652-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l’étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d’asile, son maintien sur le territoire durant l’examen de son recours par la Cour nationale du droit d’asile ».
13. Comme il a été dit plus haut, M. A... n’apporte aucun élément, en dehors de ses propres déclarations, de nature à établir la réalité des risques encourus en cas de retour dans son pays d’origine. Faute de produire d’éléments sérieux permettant de justifier de son maintien sur le territoire durant l’examen de son recours par la Cour nationale du droit d’asile, sa demande subsidiaire de suspension de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français, présentée au titre des articles L. 752-5 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
14. Le présent jugement rejette les conclusions à fin d’annulation de M. A... et n’appelle, dès lors, aucune mesure d’exécution. Ses conclusions à fin d’injonction et d’astreinte doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais non compris dans les dépens :
15. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante, la somme demandée au profit de M. A... en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... et à la préfète de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Bertrand Savouré, président,
M. Jean-Louis Ban, premier conseiller,
Mme Clémence Pailler-Augey, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le président- rapporteur,
B. SAVOURÉ
L’assesseur le plus ancien
dans l’ordre du tableau,
J-L. BAN
La greffière,
K. VALLIN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Par une requête enregistrée le 7 avril 2026, M. B..., représenté par Me Bouthors, demande au tribunal :
1°) d’annuler l’arrêté du 6 mars 2026 par lequel la préfète de la Savoie lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours, a désigné le pays de destination de cette mesure d’éloignement et l’a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
2°) subsidiairement de suspendre l’exécution de l’obligation de quitter le territoire le temps de l’examen de sa demande d’asile, en application de l’article L. 752-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) d’enjoindre à la préfète de la Savoie de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Bouthors sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
– les décisions sont insuffisamment motivées ;
– elles ne reposent pas sur un examen préalable de sa situation ;
– l’obligation de quitter le territoire méconnaît l’article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
– elle méconnait l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– la décision fixant le pays de renvoi méconnait l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
– l’interdiction de retour méconnaît l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
– Il existe un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision de rejet ou d'irrecevabilité.
Par un mémoire enregistré le 28 juillet 2026, la préfète de la Savoie conclut au rejet de la requête.
M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 17 juin 2026.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
– la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
– la convention internationale relative aux droits de l’enfant ;
– la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
– le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
– le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement ayant dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
– le rapport de M. Savouré, président-rapporteur,
.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant afghan né le 10 juin 1997, est entré en France le 6 septembre 2022, selon ses déclarations. L’Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d’asile par une décision du 17 novembre 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 1er juillet 2024. Il demande l’annulation de l’arrêté de la préfète de la Savoie du 6 mars 2026 lui faisant obligation de quitter le territoire français dans le délai de quatre-vingt-dix jours, désignant le pays de destination de cette mesure d’éloignement et l’interdisant de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Sur la légalité de l’arrêté attaqué :
2. En premier lieu, alors que l’arrêté attaqué n’avait pas à reprendre l’ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle et familiale de M. A..., celui-ci énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le requérant n’est pas fondé à soutenir qu’il serait insuffisamment motivé.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l’arrêté en litige, ni d’aucune pièce du dossier, que la préfète de la Savoie n’aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A....
4. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l’article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’éloignement effectif de l’étranger faisant l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l’expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l’accompagne, ni avant que ce même tribunal n’ait statué sur ces décisions s’il a été saisi ».
5. Les dispositions précitées ne font pas obstacle à ce qu’une obligation de quitter le territoire français soit édictée à l’encontre de M. A..., alors même qu’il a déposé un recours devant la CNDA contre la décision d’irrecevabilité opposée à sa demande de réexamen de sa demande d’asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (…) 2° Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire (…) au bien‑être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales (…) ».
7. M. A... n’est présent en France que depuis septembre 2022 soit trois ans et demi à la date de l’arrêté attaqué. Il ne justifie d’aucun lien personnel en France alors que son épouse réside en Afghanistan. Ainsi, dans les circonstances de l’espèce, préfète de la Savoie, en refusant de l’admettre au séjour et en l’obligeant à quitter le territoire français, n’a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée. Il n’est pas davantage établi que la préfète de la Savoie aurait commis une erreur manifeste d’appréciation.
8. En cinquième lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».
9. En se bornant à exposer qu’il serait le fils d’un ancien membre de la police locale afghane assassiné par les talibans et le cousin d’un militaire de l’armée nationale afghane, le requérant n’établit pas qu’il serait exposé à des risques pour sa vie ou sa liberté en cas de retour dans son pays d’origine, alors que sa demande d’asile a été rejetée par l’office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que l’arrêté attaqué aurait méconnu l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes de l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ».
11. M. A... n’établit pas avoir en France des liens privés anciens, intenses et stables alors qu’il ne conteste pas être dépourvu de liens familiaux dans son pays d’origine et que son épouse y réside toujours. Dans ces circonstances, alors même qu’il ne présente pas de menace pour l’ordre public et n’a pas fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement, il n’est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans, qui est suffisamment motivée, aurait méconnu les dispositions de l’article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou serait disproportionnée.
Sur les conclusions tendant à la suspension de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français :
12. Aux termes de l’article L. 752-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ». Aux termes de l’article L. 752-11 du même code : « Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 652-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l’étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d’asile, son maintien sur le territoire durant l’examen de son recours par la Cour nationale du droit d’asile ».
13. Comme il a été dit plus haut, M. A... n’apporte aucun élément, en dehors de ses propres déclarations, de nature à établir la réalité des risques encourus en cas de retour dans son pays d’origine. Faute de produire d’éléments sérieux permettant de justifier de son maintien sur le territoire durant l’examen de son recours par la Cour nationale du droit d’asile, sa demande subsidiaire de suspension de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français, présentée au titre des articles L. 752-5 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, doit être rejetée.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
14. Le présent jugement rejette les conclusions à fin d’annulation de M. A... et n’appelle, dès lors, aucune mesure d’exécution. Ses conclusions à fin d’injonction et d’astreinte doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais non compris dans les dépens :
15. Les dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas la partie perdante, la somme demandée au profit de M. A... en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B... et à la préfète de la Savoie.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2026, à laquelle siégeaient :
M. Bertrand Savouré, président,
M. Jean-Louis Ban, premier conseiller,
Mme Clémence Pailler-Augey, première conseillère
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2026.
Le président- rapporteur,
B. SAVOURÉ
L’assesseur le plus ancien
dans l’ordre du tableau,
J-L. BAN
La greffière,
K. VALLIN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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