LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1609985

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1609985

mercredi 2 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1609985
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL CLAIRE LIVORY AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 28 novembre 2016, 24 août 2020, 27 novembre 2020, 15 avril 2021 et 8 juin 2021, Nantes Métropole, représentée par Me Reveau, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de donner acte de son désistement d'instance de ses conclusions initialement dirigées contre la société Chaix Morel et Associés et contre la société AEI ;

2°) de condamner solidairement la société SLH Ingenierie (venant aux droits de la société BETEC), la société INEX, la société SPIE Ouest Centre (venant aux droits de la société Juret), la société SDEL, la société Monnier (venant aux droits de la société Lefort Génie Climatique), la société Qualiconsult et la société MMA IARD- Assurances Mutuelles à lui verser une somme de 561 939,60 euros TTC au titre des travaux de reprise des désordres affectant le câblage électrique du Zénith à Saint-Herblain ;

3°) d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter du 29 novembre 2016 ainsi que de la capitalisation des intérêts ;

4°) de mettre à la charge solidaire de la société SLH Ingenierie (venant aux droits de la société BETEC), de la société INEX, de la société SPIE Ouest Centre (venant aux droits de la société Juret), de la société SDEL, de la société Monnier (venant aux droits de la société Lefort Génie Climatique), de la société Qualiconsult et de la société MMA IARD- Assurances Mutuelles une somme de 28 253,36 euros au titre des frais d'expertise ;

5°) de mettre à la charge solidaire de la société SLH Ingenierie (venant aux droits de la société BETEC), de la société INEX, de la société SPIE Ouest Centre (venant aux droits de la société Juret), de la société SDEL, de la société Monnier (venant aux droits de la société Lefort Génie Climatique), de la société Qualiconsult et de la société MMA IARD- Assurances Mutuelles une somme de 15 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les désordres affectant les réseaux de câbles électriques assurant l'alimentation des dispositifs de sécurité incendie de l'ouvrage sont évolutifs sur l'ensemble de l'installation, présentent un caractère généralisé et rendent l'ouvrage impropre à sa destination et son par suite, de nature à engager la responsabilité décennale des intervenants à la construction auxquels ils sont imputables ;

- ; les désordres sont dus à un défaut de conception, à un défaut de contrôle et d'étude ainsi qu'à un défaut d'exécution dans la mise en œuvre des câbles ;

- le défaut de conception est imputable aux bureaux d'études techniques BETEC (aux droits duquel vient la société SLH Ingenierie) et à la société INEX ;

- le défaut de mise en œuvre est imputable aux société Juret (aux droits de laquelle vient la société SPIE Ouest Centre) et à la société SDEL ;

- le défaut de contrôle est imputable à la société Qualiconsult au titre de sa mission de contrôleur technique ;

- la société MMA IARD-Assurances Mutuelles doit être condamnée solidairement avec les constructeurs au titre de sa responsabilité contractuelle ;

- le montant des travaux de reprise s'élève à la somme totale de 561 939,60 euros TTC comprenant le montant de l'intervention nécessaire d'un bureau d'étude, d'un coordonnateur SPS et d'un bureau de contrôle.

Par des mémoires enregistrés les 4 mai 2018 et 20 mai 2021, la société MMA IARD-Assurances Mutuelles, représentée par Me Oger demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter la requête de Nantes Métropole ;

2°) à titre subsidiaire, de réduire le quantum des demandes de Nantes Métropole à la somme de 296 602,53 euros et de condamner in solidum les sociétés Chaix Morel et associés, SLH Ingenierie, INEX, Monnier, SPIE Ouest Centre, SDEL et Qualiconsult à la garantir de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;

3°) en tout état de cause, de condamner Nantes Métropole ou toute autre partie perdante à lui verser une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les désordres ne sont pas de nature décennale ;

- après application d'un coefficient de vétusté, le montant des travaux de reprise ne saurait excéder la somme de 296 602,53 euros HT ;

- le préjudice d'exploitation n'est pas démontré.

Par des mémoires enregistrés les 24 avril 2018, 14 avril 2021 et 3 mai 2021, la société Chaix Morel et associés, Me Gille Pellegrini, ès qualité de mandataire judiciaire de la société SLH Ingenierie venant elle-même aux droits de la société BETEC, la société INEX et la SELARL Baronne-Langlet, représentés par Me Livory, demandent au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter toutes les demandes formulées à leur encontre ;

2°) à titre subsidiaire, de réduire dans leur quantum les sommes sollicités et de condamner in solidum les société Monnier, SPIE Ouest Centre aux droit de laquelle vient la société SPIE Industrie et Tertiaire, la société SDEL et la société Qualiconsult à les garantir en intégralité des condamnations qui pourraient être prononcées à leur encontre ;

3°) en tout état de cause, de condamner la société MMA IARD à prendre en charge les frais d'expertise et de condamner in solidum Nantes Métropole, la société Monnier, la société SPIE Ouest Centre aux droit de laquelle vient la société SPIE INDUSTRIE et Tertiaire, la société SDEL et la société Qualiconsult ainsi que toute autre partie perdante à leur verser à chacune une somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.

Ils font valoir que :

- les désordres ne sont pas imputables à un défaut de conception ;

- les désordres sont imputables à un défaut d'exécution des travaux dans les règles de l'art et à la mission de contrôle technique ;

- le montant des travaux de reprise en saurait excéder 296 602,53 euros HT du fait de l'application d'un coefficient de vétusté sur les câblages et sur les chemins de câbles et capotages ;

- le préjudice de jouissance n'est justifié ni dans son principe ni dans son montant.

Par un mémoire enregistré le 8 février 2021, la société Monnier venant aux droits de la société Lefort génie climatique, représentée par Me Viaud, demande au tribunal :

1°) de limiter à la somme de 355 923,03 euros TTC la somme susceptible d'être allouée à Nantes Métropole ;

2°) de mettre les frais d'expertise à la charge de la société MMA IARD ;

3°) de condamner la société SLH Ingenierie venant aux droits de la société BETEC, la société INEX, la société SPIE Ouest Centre, la société SDEL et la société Qualiconsult à la garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre à hauteur d'un minimum de 86,5%.

Elle fait valoir que :

- les frais d'intervention d'un bureau d'études, d'un contrôleur technique et d'un coordinateur SPS ne sont pas indispensables pour l'exécution des travaux de reprise ;

- il y a lieu pour le tribunal de retenir l'abattement pour vétusté proposé par l'expert.

Par un mémoire enregistré le 20 avril 2021, la société SDEL, représentée par Me Halfon, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter la requête de Nantes Métropole ;

2°) à titre subsidiaire de fixer l'indemnité à la somme de 327 875,84 euros et d'indexer cette somme sur l'indice du coût de la construction ;

3°) de condamner les sociétés INEX, SPIE Ouest Centre et Qualiconsult à la garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre.

Elle fait valoir que :

- les désordres ne présentent pas de caractère décennal ;

- rien ne justifie l'intervention d'un coordonnateur SPS pour la réalisation des travaux de reprise ; il y a donc lieu de soustraire la somme de 5 400 euros TTC au montant sollicité par Nantes Métropole ;

- il y a lieu d'appliquer les coefficients de vétusté appliqués par l'expert et de limiter la somme des travaux de reprise à 327 875,84 euros ;

Par des mémoires enregistrés les 20 septembre 2018 et 13 novembre 2020, la société AEI, représentée par Me Potier Kerloc'h, demande au tribunal de condamner in solidum Nantes Métropole ou toute partie perdantes à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que Nantes Métropole ne formule finalement aucune condamnation à son encontre et que sa responsabilité n'est pas retenue par l'expert.

Par un mémoire enregistré le 1er avril 2021, la société SPIE Ouest Centre venant aux droits de la société Juret, représentée par Me Roux-Coubard, demande au tribunal :

1°) à titre principal, de rejeter la requête de Nantes Métropole ;

2°) à titre subsidiaire, de limiter les sommes susceptibles d'être allouées à Nantes Métropole à 355 923,03 euros TTC ;

3°) en tout état de cause, de condamner in solidum la société SDEL, la société SLH Ingénierie venant aux droits de la société BETEC, la société INEX et la société Qualiconsult à la garantir à hauteur de 69,50% de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;

4°) de condamner la société MMA IARD aux entiers dépens ;

Elle fait valoir que :

- les désordres ne présentent pas de caractère décennal ;

- les travaux dont Nantes Métropole demande l'indemnisation relèvent de l'entretien normal du bâtiment ;

- il y a lieu d'appliquer les coefficients de vétusté retenus par l'expert et de limiter en tout état de cause le montant des travaux de reprise à 355 923,03 euros TTC ;

- l'intervention d'un bureau d'études, d'un contrôleur technique et d'un coordinateur SPS pour un montant de 51 600 euros TTC n'est pas justifiée.

Par des mémoires enregistrés les 14 avril 2021 et 11 mai 2021, la société Qualiconsult, représentée par la SCP Raffin et associés, demande au tribunal :

1°) à titre principal de rejeter la requête de Nantes Métropole ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner in solidum la société Monnier, la société SDEL, Me Pellegrini ès qualité de mandataire judiciaire de la société SLH Ingenierie venant aux droits de la société BETEC, la société INEX et la société SPIE Industrie et Tertiaire venant aux droits de la société SPIE Ouest Centre à la garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre et de limiter la part de responsabilité susceptible de lui être imputée à hauteur de 5% ;

3°) en tout état de cause, de condamner Nantes Métropole ou toute partie perdante à lui verser une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- Nantes Métropole ne justifie pas de la délibération autorisant son président à ester en justice ;

- les désordres ne rendent pas l'ouvrage impropre à sa destination et ne présentent dès lors pas de caractère décennal ;

- les désordres litigieux ne sont pas imputables à sa mission de contrôle technique ;

- toute demande de condamnation in solidum à son encontre doit être rejetée ;

- il y a lieu d'appliquer les coefficients de vétusté retenus par l'expert et de limiter le montant des travaux de reprise à la somme de 296 602,53 euros TTC ;

- l'intervention d'un bureau d'étude, d'un contrôleur technique et d'un coordonnateur SPS pour un montant de 51 000 euros TTC n'est justifiée ni dans son principe ni dans son quantum.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Simon,

- les conclusions de M. Dias, rapporteur public,

- et les observations de Me Reveau, avocat de Nantes Métropole, de Me Nourry, avocat de la société Monnier venant aux droits de la société Lefort génie climatique et de Me Benhalima, représentant la société Qualiconsult.

Une note en délibéré présentée par *** a été enregistrée le ***.

Considérant ce qui suit :

1. Par acte d'engagement signé le 15 octobre 2003, Nantes Métropole a confié la construction d'un équipement culturel de grande capacité de type Zenith sur le site du Moulin Neuf à Saint-Herblain à un groupement solidaire de maîtrise d'œuvre constitué de la société Chaix Morel et Associés, mandataire, de la société BETEC aux droits de laquelle vient la société SLH Ingenierie, bureau d'étude VRD et électricité, de la société INEX, BET CVC Plomberie, et de la société AEI, économiste de la construction. Le lot n° 15 " CVC Désenfumage " a été attribué à la société Lefort Génie Climatique aux droits de laquelle vient la société Monnier par acte d'engagement signé le 8 mars 2003. Le lot n° 16 " Electricité courants forts " a été confié à la société Juret aux droits de laquelle vient la société SPIE Ouest-Centre par acte d'engagement signé le 8 mars 2003. Le Lot n° 17 " Electricité courants faibles " a été confié à la société SDEL par acte d'engagement signé le 9 mars 2003. La réception des travaux des lots n°s 15, 16 et 17 a été respectivement prononcée sans réserve avec effet au 29 novembre 2006, au 29 novembre 2006 et au 2 octobre 2007. Au cours de l'année 2016, Nantes Métropole a saisi son assureur dommages-ouvrage, la société MMA IARD-Assurances Mutuelles, d'une déclaration de sinistre après avoir constaté la dégradation des câbles d'alimentation électrique des tourelles de désenfumage. Par ordonnance du 17 janvier 2017, le juge des référés du tribunal a désigné M. François en qualité d'expert pour déterminer la cause de ses désordres et les travaux de nature à y remédier. L'expert a déposé son rapport définitif au greffe du tribunal le 28 avril 2020. Par sa requête, Nantes Métropole demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner solidairement la société SLH Ingenierie (venant aux droits de BETEC), la société INEX, la société SPIE Ouest Centre (venant aux droits de Juret), la société SDEL MONNIER (venant aux droits de LEFORT GENIE CLIMATIQUE), la société Qualiconsult et la société MMA IARD- Assurances Mutuelles à lui verser une somme de 561 939,60 euros TTC au titre des travaux de reprise des désordres affectant les câbles de type CR1 liés au système de sécurité incendie de l'ouvrage.

Sur le désistement partiel :

2. Dans son mémoire enregistré le 24 août 2020, Nantes Métropole a déclaré se désister de ses conclusions dirigées contre la société Chaix Morel et Associés et contre la société AEI. Ce désistement d'instance est pur et simple. Par suite, il convient d'en donner acte.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

3. Par délibération du 16 avril 2014, le conseil communautaire de Nantes Métropole a donné délégation à son président à l'effet d'intenter en justice toute action au nom de la collectivité pour toute la durée de son mandat. Par, suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut de qualité à agir de la présidente de Nantes Métropole doit être écartée.

Sur les conclusions présentées par Nantes Métropole au titre de la garantie décennale :

Sur le caractère décennal des désordres litigieux :

4. Il résulte des principes dont s'inspirent les articles 1792 à 1792-6 et 2270 du code civil que la responsabilité décennale peut être recherchée pour des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage s'ils rendent celui-ci impropre à sa destination.

5. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que les câbles d'alimentation des tourelles de désenfumage de l'ouvrage litigieux présentent des dégradations au niveau des tourelles elles-mêmes et de leur cheminement sur les toitures terrasses. Ces dégradations, qui se sont manifestées dès la fin de l'année 2008 ont fait l'objet d'une déclaration de Nantes Métropole auprès de son assureur en 2016 et sont relevées sur des câbles remplacés après ce constat trouvent leur origine dans une exposition aux rayons ultraviolets se caractérisant par une détérioration de leur gaine de protection affectant leur pérennité dans le temps et présentent un caractère généralisé. En dépit de ce que la commission de sécurité n'a jamais émis d'avis défavorable à la poursuite de l'exploitation de l'ouvrage à l'occasion de ses visites périodiques effectuées depuis sa mise en service, eu égard à la destination de ces câbles qui commandent l'ouverture des tours de désenfumage et alimentent le système de sécurité incendie de l'équipement culturel en question, lequel est un établissement de grande capacité recevant du public, les désordres constatés, sont de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Dès lors, Nantes Métropole est fondée à rechercher la responsabilité décennale des constructeurs sur le fondement des principes dont s'inspirent les articles 1792 et suivants du code civil.

Sur l'imputabilité des désordres :

6. Les désordres litigieux trouvent leur origine dans un défaut de conception imputables au bureau d'étude " électrique " BETEC et au bureau d'étude " fluides " INEX, spécialistes des installations de systèmes de sécurité incendie, qui n'ont pas préconisé l'utilisation de câbles résistant à une exposition permanente aux UV ni la mise en œuvre de protection des câbles exposés par l'installation de capotages. Ils sont également imputables aux sociétés Lefort Génie Climatique, Juret et SDEL, respectivement titulaires des lots n°s 15, 16 et 17 qui en tant qu' "hommes de l'art ", auraient dû utiliser des câbles résistant à l'environnement extérieur avec une exposition quotidienne au rayonnement solaire et auraient dû également procéder à la pose de protecteurs sur les câbles afin de les protéger. L'expert relève en outre que le non-respect des rayons de courbure des câbles ont aggravé les désordres par l'effet de contraintes mécaniques. Ces désordres sont également imputables à la société Qualiconsult, contrôleur technique titulaire de la mission S (sécurité des personnes), laquelle a validé l'utilisation de câbles non résistants à une exposition permanente à la lumière du soleil et leur pose sans protection, alors même qu'il résulte des fiches techniques relatives aux câbles utilisés reproduites dans le rapport d'expertise que certains présentaient seulement une " bonne tenue " aux UV et non une " excellente tenue " et que pour d'autres, il était indiqué une " pose extérieure interdite sans protection ".

7. En revanche, Nantes Métropole ne peut que rechercher la responsabilité contractuelle de son assureur dommages-ouvrages dans le cadre du préfinancement des travaux de réparation des désordres, qui repose sur un régime légal et conventionnel. Alors même que ce régime de préfinancement couvre des désordres de nature décennale, il est distinct du régime de la garantie décennale des constructeurs parmi lesquels ne figurent pas les assureurs. La société MMA-IARD Assurances Mutuelles n'ayant pas concouru aux désordres qu'il lui appartient d'indemniser dans le cadre de son contrat conclu avec Nantes Métropole, cette dernière n'est pas fondée à demander à demander que soit prononcée une condamnation solidaire de son assureur avec les constructeurs.

Sur la nature et le montant des travaux de reprise :

8. Il résulte du rapport d'expertise qu'eu égard au caractère généralisé des désordres litigieux, leur reprise implique le remplacement de la totalité des câbles posés dans le cadre des travaux des lots n°s 15, 16 et 17 pour un montant total de 425 283 euros HT soit 510 339,60 euros TTC. Il résulte de l'instruction que les désordres se sont manifestés dès 2008 soit deux ans après la réception de l'ouvrage, et qu'une fois exposés aux rayons ultraviolets, la détérioration des câbles, dont la durée de vie en condition est estimée par l'expert à 30 ans, est irrémédiable et ne peut être enrayée. Dans ces conditions, compte tenu de la faible durée entre la réception des travaux et l'apparition des désordres, et alors-mêmes que ceux-ci qui présentent un caractère évolutif ne se sont pas encore manifestés dans toute leur étendue, il n'y a pas lieu d'appliquer l'abattement pour vétusté selon les coefficients retenus par l'expert. Par ailleurs, si Nantes Métropole sollicite la somme de 16 003,92 euros correspondant au coût d'intervention d'un contrôleur technique, d'un maître d'œuvre et d'un coordonnateur SPS sur la base de trois bons de commande établis respectivement par les sociétés Apave Nord Ouest, Lodeva Conseil et SNEC, eu égard à la nature des travaux de reprise, seule l'intervention de la maîtrise d'œuvre doit être regardée comme nécessaire. Dans ces conditions, Nantes Métropole est seulement fondée à demander la somme de 8 027,88 euros TTC correspondant au montant de la prestation selon le bon de commande établi par la société Lodeva Conseil.

9. Il résulte de ce qui précède que Nantes Métropole est fondée à demander la condamnation in solidum de la société SLH venant aux droits de la société BETEC, de la société INEX, de la société Monnier venant aux droits de la société Lefort Génie Climatique, de la société SPIE Ouest Centre venant aux droits de la société Juret, de la société SDEL et de la société Qualiconsult à lui verser une somme de 518 367,48 euros TTC.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

10. Il y a lieu d'assortir la somme de 518 367,48 euros TTC des intérêts au taux légal à compter du 28 novembre 2016, date d'enregistrement de la requête, ainsi que de la capitalisation des intérêts à compter du 28 novembre 2017 et à chaque échéance annuelle.

Sur les appels en garantie :

11. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que les désordres litigieux résultent d'un défaut de conception dans la définition des types de câbles à utiliser imputable aux sociétés BETEC et INEX, et à un défaut d'exécution des travaux dans les règles de l'art par la société Juret et par SDEL, en qualité de titulaire du lot n°17 et de sous-traitante de la société Lefort Génie Climatique aux droits de laquelle vient la société Monnier pour la réalisation des câblages du lot n° 15, ainsi qu'à la société Qualiconsult qui a validé l'utilisation de câbles inadaptés à leur usage et leur pose dans des conditions ne permettant pas d'assurer leur pérennité. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation des parts de responsabilité de ces sociétés en les fixant respectivement à 17% pour la société BETEC, 17% pour la société INEX, 30,5% pour la société Juret aux droits de laquelle vient la société SPIE Ouest Centre, 30,5% pour la société SDEL et 5% pour la société Qualiconsult.

12. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la société SLH venant aux droits de la société BETEC est fondée à être garantie de la condamnation prononcée son encontre à hauteur de 17% par la société INEX, à hauteur de 30,5% par les sociétés SPIE Ouest Centre et SDEL et à hauteur de 5% par la société Qualiconsult.

13. La société INEX est fondée à être garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 17% par la société SLH, à hauteur de 30,5% par les sociétés SPIE Ouest Centre et SDEL et à hauteur de 5% par la société Qualiconsult.

14. La société SPIE Ouest Centre est fondée à être garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 17% par les sociétés SLH et INEX, à hauteur de 30,5% par la société SDEL et à hauteur de 5% par la société Qualiconsult.

15. La société SDEL est fondée à être garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 17% par les sociétés SLH et INEX, à hauteur de 30,5% par la société SPIE Ouest Centre et à hauteur de 5% par la société Qualiconsult.

16. La société Qualiconsult est fondée à être garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de de 17 % par les sociétés SLH et INEX, et à hauteur de 30,5% par les sociétés SPIE Ouest Centre et SDEL.

17. La société Monnier est fondée à être garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 17% par les sociétés SLH et INEX et à hauteur de 30,5% par les sociétés SPIE Ouest Centre et SDEL et à hauteur de 5% par la société Qualiconsult. La société SDEL étant intervenue comme sous-traitant de la société Lefort Génie Climatique aux droits de laquelle vient la société Monnier pour la réalisation du lot n° 15, la juridiction administrative n'est pas compétente pour statuer dans cette mesure sur l'appel en garantie dirigé par la société Monnier contre celle-ci. Il n'est pas contesté que le linéaire de câblage pour les lots n° 15 et 17 est identique. Par suite, il sera fait une juste appréciation en condamnant la société SDEL à garantir la société Monnier à hauteur de 15,25% des condamnations prononcées à son encontre.

Sur les dépens :

18. Par ordonnance du 10 juin 2020, les frais et honoraires de l'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 28 253,36 euros. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de mettre ces frais à la charge définitive de la société SLH à hauteur de 4 800 euros, de la société INEX à hauteur de 4 800 euros, de la société SPIE Ouest Centre à hauteur de 8 600 euros, de la société SDEL à hauteur de 8 600 euros et de la société Qualiconsult à hauteur de 1 453,36 euros.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

19. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des société SLH, INEX, SPIE Ouest Centre, SDEL et Qualiconsult une somme de 750 euros qu'elles verseront chacune à Nantes Métropole au titre des frais d'instance exposés par cette collectivité et non compris dans les dépens. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par les société SLH, INEX, SPIE Ouest, SDEL et Qualiconsult. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge des autres parties les frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de Nantes Métropole de ses conclusions dirigées contre la société Chaix Morel et Associés et la société AEI.

Article 2: La société SLH, la société INEX, la société Monnier, la société SPIE Ouest Centre, la société SDEL et la société Qualiconsult dont condamnées in solidum à verser à Nantes Métropole la somme de 518 367,48 euros TTC. Cette somme portera intérêt aux taux légal à compter du 28 novembre 2016. Les intérêts échus à la date du 28 novembre 2017 seront capitalisés à cette date et à chaque échéance annuelle ultérieure pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 3 : La société SLH Ingenierie garantira la société INEX, la société Monnier, la société SPIE Ouest Centre, la société SDEL et la société Qualiconsult à hauteur de 17 % des condamnations prononcées à leur encontre à l'article 2 du présent jugement.

Article 4 : La société INEX garantira la société SLH Ingenierie, la société Monnier, la société SPIE Ouest Centre, la société SDEL et la société Qualiconsult à hauteur de 17% des condamnations prononcées à leur encontre à l'article 2 du présent jugement.

Article 5 : La société SPIE Ouest Centre garantira la société SLH Ingenierie, la société INEX, la société Monnier, la société SDEL et la société Qualiconsult à hauteur de 30,5% des condamnations prononcées à leur encontre à l'article 2 du présent jugement.

Article 6 : La société SDEL garantira la société SLH Ingenierie, la société INEX, la société SPIE Ouest Centre et la société Qualiconsult à hauteur de 30,5% des condamnations prononcées à leur encontre à l'article 1 du présent jugement. Elle garantira également la société Monnier à hauteur de 15,25% de la condamnation prononcé à l'encontre de cette société à l'article 2 du présent jugement.

Article 7 : La société Qualiconsult garantira la société SLH Ingenierie, la société INEX, la société Monnier, la société SPIE Ouest Centre et la société SDEL à hauteur de 5% des condamnations prononcées à leur encontre à l'article 2 du présent jugement.

Article 8 : La société SLH Ingenierie versera à Nantes Métropole la somme de 4 800 euros au titre des frais d'expertise.

Article 9 : La société INEX versera à Nantes Métropole la somme de 4 800 euros au titre des frais d'expertise.

Article 10 : La société SPIE Ouest Centre versera à Nantes Métropole la somme de 8 600 euros au titre des frais d'expertise.

Article 11 : La société SDEL versera à Nantes Métropole la somme de 8 600 euros au titre des frais d'expertise.

Article 12 : La société Qualiconsult versera à Nantes Métropole la somme de 1 453,36 euros au titre des frais d'expertise.

Article 13 : La société SLH Ingenierie, la société INEX, la société SPIE Ouest Centre, la société SDEL et la société Qualiconsult verseront chacune à Nantes Métropole une somme de 750 (sept-cent cinquante) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 14 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 15 : Le présent jugement sera notifié à Nantes Métropole, à la société MMA IARD Assurances Mutuelles, à la société Chaix Morel et Associés, à la société SLH Ingenierie venant aux droits de la société BETEC, à la SELARL Baronnie-Langet, à Me Gilles Pellegrini ès qualité de mandataire judiciaire de la société SLH Ingenierie, à la société INEX, à la Société AEI, à la société Monnier venant aux droits de la société Lefort génie climatique, à la société SPIE Ouest Centre venant aux droits de la société Juret, à la société SDEL et à la société Qualiconsult.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Simon, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.

Le rapporteur,

P-E. SIMON

La présidente,

C. LOIRATLa greffière,

S. LEGEAY

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions