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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1802352

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1802352

jeudi 13 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1802352
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL LEXCAP ANGERS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 16 mars 2018, 20 mai 2021 et 16 juillet 2021, Mme B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler :

- la décision du 12 janvier 2018 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a refusé d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2017 fixant la liste des agents inscrits sur la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché au titre de l'année 2017, ensemble cet arrêté et les nominations subséquentes ;

- la décision du 31 janvier 2018 par laquelle il a refusé de la radier du tableau d'avancement au grade de rédacteur principal de 1ère classe au titre de l'année 2017, ensemble les arrêtés portant inscription au tableau d'avancement et nomination à ce grade et tous les actes administratifs associés ;

2°) de condamner le département de la Loire-Atlantique à lui verser la somme de 10 500 euros en réparation des préjudices subis.

Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- sa requête est recevable dès lors qu'il existe un lien de connexité entre les deux arrêtés attaqués dès lors que le département impose un délai de quatre ans entre un avancement et une promotion, qu'elle pouvait prétendre à être inscrite sur la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché, que l'avancement au grade fait peser sur elle une obligation à laquelle elle n'a pas donné son accord, que l'inscription sur le tableau d'avancement ne lui est en réalité pas favorable car elle n'a jamais sollicité cette inscription et que seule une promotion pouvait lui permettre d'échapper à la règle de gestion interne imposant que l'agent reste a minima deux ans sur son poste ;

- certaines pièces produites par le département de la Loire-Atlantique sont irrecevables, la pièce n° 3 n'étant pas produite, la pièce n° 7 étant tronquée et la pièce n° 8 illisible ;

S'agissant des décisions relatives à la promotion interne :

- le refus de l'inscrire sur la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché est entaché d'incompétence dès lors que le directeur général des ressources n'était que l'autorité fonctionnelle et n'a pas consulté son autorité hiérarchique ;

- l'arrêté attaqué et la décision du 12 janvier 2018 rejetant son recours gracieux sont entachés d'incompétence en l'absence de preuve d'une délégation de pouvoir et de signature, la délégation de signature produite par le département étant trop générale et imprécise ;

- l'arrêté attaqué est entaché de plusieurs vices de procédure :

*la commission administrative paritaire n'a pas été consultée en application de l'article 39-2° de la loi du 26 janvier 1984,

*le département de la Loire-Atlantique n'a pas respecté la procédure particulière qu'il s'est imposée : son encadrant n'a pas eu connaissance de sa demande de promotion afin de donner un avis motivé alors qu'une telle formalité est substantielle d'autant qu'elle remplissait toutes les conditions requises et a même bénéficié d'une formation réservée aux cadres du département ;

- il méconnaît l'article 8 du décret du 16 décembre 2014 dès lors que le département, en indiquant que la fiche d'évaluation ne constitue pas un enjeu pour obtenir une promotion interne et que le concours est la seule voie possible pour l'accès à un poste de catégorie A, a reconnu que sa valeur professionnelle n'a pas été appréciée et que les promotions sont attribuées arbitrairement ;

- il méconnaît l'article 5 du décret du 30 décembre 1987 dès lors qu'elle justifie d'une ancienneté de plus de cinq ans en catégorie B conformément à la loi, que le département a fait une réinterprétation abusive de cette condition en posant comme critère une durée de cinq ans au moins de services effectifs en catégorie B et qu'elle a été mise en concurrence avec des agents ne satisfaisant pas aux règles posées par la loi et le règlement ;

- le département de la Loire-Atlantique l'a discriminée à raison de sa santé, dont il a été fait état au titre de la valeur professionnelle dans son évaluation professionnelle au titre de l'année 2017 pendant le processus de promotion interne et qu'il n'est pas exclu que cette évaluation a été prise en compte dans ce cadre alors d'ailleurs que le congé de longue durée d'un autre agent a été mentionné dans le tableau des agents promouvables ;

- il a appliqué une condition illégale tirée de l'âge des agents emportant ainsi une discrimination prohibée par l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983, la date de naissance des agents étant mentionnée sur le tableau et aucun agent inscrit sur la liste d'aptitude ayant moins de quarante ans ;

- le département de la Loire-Atlantique a appliqué une condition d'ancienneté dans le grade en imposant un délai de quatre ans entre deux avancements ou promotions alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire ne le prévoit ; le décret du 30 décembre 1987 prévoit uniquement une condition d'ancienneté dans une catégorie hiérarchique et le décret du 16 décembre 2014 que l'ancienneté dans le grade départage uniquement les agents présentant un mérite égal ;

- il a porté atteinte au principe d'égalité entre les agents ;

- la liste d'aptitude doit être annulée dès lors qu'elle a été écartée de manière discriminatoire alors qu'elle justifie, au regard de son parcours et ses évaluations, d'une perte de chance sérieuse d'inscription sur cette liste.

S'agissant des décisions relatives à l'avancement :

- l'arrêté attaqué et la décision du 31 janvier 2018 rejetant son recours gracieux sont entachés d'incompétence en l'absence de preuve d'une délégation de pouvoir et de signature, la délégation de signature produite par le département étant trop générale et imprécise ;

- la décision du 31 janvier 2018 portant avancement forcé est entachée d'un défaut de motivation au titre de l'article L. 211-2, 8° du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 80 de la loi du 26 janvier 1984 dès lors que le département de la Loire-Atlantique l'a obligée à accepter un emploi assigné sans son consentement, portant ainsi atteinte à sa carrière, et qu'elle ne pouvait, en raison de son arrêt maladie, avoir connaissance des documents préparatoires à la procédure d'avancement ;

- le département a porté atteinte au principe d'égalité entre les agents dès lors qu'il n'a pas été tenu compte du risque de conflit d'intérêts résultant de l'inscription au tableau d'avancement au grade de rédacteur principal de 1ère classe de Mme C, en charge de la procédure d'avancement ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un détournement de pouvoir dès lors qu'il a pour but non pas l'évolution de sa carrière mais l'organisation de la défense du département dans un contexte de harcèlement moral ;

S'agissant de sa demande indemnitaire :

- le département de la Loire-Atlantique a commis des fautes en portant atteinte à ses garanties statutaires et en appliquant des critères discriminatoires fondés sur l'état de santé, l'âge ou le harcèlement moral dénoncé ;

- eu égard au caractère sérieux de sa candidature à la promotion interne et aux nombreuses illégalités affectant les arrêtés et décisions attaqués, elle est fondée à solliciter la somme de 6 000 euros au titre de la réparation de ses préjudices financier et de carrière et de 4 000 euros au titre de la réparation de son préjudice moral ;

- ces sommes sont en partie fondées sur le régime indemnitaire des agents départementaux en vigueur en 2017.

Par des mémoires en défense enregistrés les 26 septembre 2019 et 25 juin 2021, le département de la Loire-Atlantique, représenté par Me Meunier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté inscrivant l'intéressée au tableau d'avancement sont irrecevables dès lors que cette décision favorable n'entraîne pas de changement d'affectation et ne lui fait pas grief ;

- les conclusions à fin d'annulation des " actes associés " à l'arrêté du 5 décembre 2017, qui ne sont pas visés précisément ni produits, sont irrecevables ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;

- les conclusions indemnitaires doivent être rejetées dès lors que Mme A ne justifie pas des illégalités alléguées, du lien de causalité ni du quantum.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de Mme Diniz, rapporteure publique,

- et les observations de Me Meunier, représentant le département de la Loire-Atlantique.

Une note en délibéré, présentée par Mme A, a été enregistrée le 30 septembre 2022.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, rédactrice territoriale, a été recrutée à compter du 1er octobre 2015 sur le poste de gestionnaire du développement local au sein de la délégation d'Ancenis du département de Loire-Atlantique. Par un arrêté du 4 mars 2016, le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique l'a promue au grade de rédacteur principal de 2ème classe à compter du 1er janvier 2016 à la suite de sa réussite à l'examen professionnel.

2. Par un arrêté du 5 décembre 2017, le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a fixé la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché au titre de l'année 2017 sur laquelle ne figure pas Mme A. Par un courrier du 3 janvier 2018, Mme A a sollicité l'annulation de cet arrêté. Cette demande a été rejetée le 12 janvier 2018 par le directeur des ressources humaines du département. Par des courriers du 18 janvier 2018, elle a contesté cette décision que le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a maintenu par une décision du 31 janvier 2018. Enfin, par un courrier du 20 février 2018, Mme A a demandé l'indemnisation à hauteur de 10 460 euros du préjudice subi à raison de l'illégalité du refus d'inscription sur la liste d'aptitude qui lui a été opposé.

3. Par ailleurs, alors que Mme A a été inscrite par un arrêté du 5 décembre 2017, au tableau d'avancement au grade de rédacteur principal de 1ère classe à la suite de sa réussite à l'examen professionnel, elle a indiqué, par son courrier du 18 janvier 2018 déjà évoqué au point 2, renoncer au bénéfice de cet avancement. Par la décision du 31 janvier 2018 dont il vient d'être question, sa demande de radiation de ce tableau d'avancement a été rejetée. Par un courrier du 8 février 2018, Mme A a maintenu sa demande de radiation et indiqué qu'elle sollicitera à nouveau son inscription au tableau d'avancement lorsque son poste sera en adéquation avec son grade.

4. Mme A demande l'annulation des deux arrêtés du 5 décembre 2017, des arrêtés de nomination subséquents au tableau d'avancement au grade de rédacteur principal de 1ère classe et à la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché ainsi que des décisions des 12 et 31 janvier 2018 et la condamnation du département de la Loire-Atlantique à lui verser la somme de 10 500 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés et décisions relatifs à l'avancement de Mme A au grade de rédacteur principal de 1ère classe :

5. Aux termes de l'article 79 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. Il a lieu suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : 1° Soit au choix par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents ; 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après avis de la commission administrative paritaire, après une sélection par voie d'examen professionnel ; () ". Aux termes de l'article 80 de cette même loi : " () L'avancement de grade est subordonné à l'acceptation par le fonctionnaire de l'emploi qui lui est assigné dans son nouveau grade ".

6. Mme A a réussi l'examen professionnel d'avancement au grade de rédacteur principal de 1ère classe et transmis le 19 janvier 2017 son attestation de réussite à l'autorité territoriale. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte tenu notamment du courriel du 19 janvier 2017 par lequel elle a transmis cette attestation en indiquant que " M. D [lui] a demandé de [la] transmettre pour traitement ", que cette transmission lui a été imposée. Mme A doit ainsi être regardée comme ayant sollicité, par cette transmission, la prise en compte de sa réussite à l'examen professionnel à fin d'inscription au tableau d'avancement, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'elle ait par ailleurs sollicité le bénéfice d'une promotion interne qui lui aurait permis de se soustraire à différentes règles de gestion interne fixant des durées minimales d'ancienneté dans un poste. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'avancement de grade dont a bénéficié Mme A n'entraîne pas l'assignation de l'intéressée à un nouvel emploi qu'elle soit tenue d'accepter. Par suite, l'arrêté du 5 décembre 2017 l'inscrivant au tableau d'avancement au grade de rédacteur principal de 1ère classe ne fait pas grief à Mme A qui n'est, dès lors, pas recevable à en demander l'annulation non plus, en conséquence, que celle de la décision du 31 janvier 2018 refusant de la radier de ce tableau. La fin de non-recevoir opposée par le département de la Loire-Atlantique à ces conclusions doit, par suite, être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation des nominations subséquentes à l'arrêté du 5 décembre 2017 fixant la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché au titre de l'année 2017 :

7. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. () ". Mme A n'a pas produit les arrêtés de nomination des agents inscrits sur la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché au titre de l'année 2017 dont elle demande l'annulation. Le département de la Loire-Atlantique a opposé à ce titre une fin de non-recevoir dans son mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2019, communiqué à la requérante. Mme A n'établissant ni même n'alléguant depuis lors avoir été dans l'impossibilité de produire ces décisions, cette fin de non-recevoir doit être accueillie.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté fixant la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché au titre de l'année 2017 et de la décision confirmative du 12 janvier 2018 :

8. Contrairement à ce que soutient Mme A, les " principes communs " de gestion des avancements de grade et des promotions internes prévoient expressément, bien que la règle soit incluse dans une partie relative uniquement à l'avancement de grade, qu'" un délai de quatre ans entre deux changements de grade par avancement ou par promotion interne est appliqué ; cette règle ne concerne pas les agents lauréats d'un examen professionnel conditionnant leur avancement au sein d'un cadre d'emploi de la catégorie C ou B. La règle des quatre ans n'est pas appliquée dans le cas où son application empêche d'atteindre le ratio plancher de 30 % ".

9. Mme A doit être regardée comme soutenant, par la voie de l'exception, que cette règle, en application de laquelle elle n'a pas été inscrite sur la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché, est entachée d'illégalité comme restreignant les conditions d'accès à une promotion interne indépendamment de la valeur professionnelle de l'agent.

10. Aux termes de l'article 39 de la loi du 26 janvier 1984 : " En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration ou à une organisation internationale intergouvernementale, non seulement par voie de concours, selon les modalités définies au 2° de l'article 36, mais aussi par la nomination de fonctionnaires ou de fonctionnaires internationaux, suivant l'une des modalités ci-après : 1° Inscription sur une liste d'aptitude après examen professionnel ; 2° Inscription sur une liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire compétente, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. () ". Le principe de l'égalité d'accès aux emplois et fonctions publics implique qu'il doit être procédé, lors de l'établissement d'une liste d'aptitude conditionnant l'accès à certains de ces emplois et fonctions, à un examen approfondi de la valeur professionnelle de chacune des personnes susceptibles d'y être inscrites, appréciée notamment au regard des notes obtenues par elles et des propositions formulées par leurs chefs de service.

11. Alors qu'aucune disposition législative ni réglementaire ne prévoit un délai minimal entre deux avancements ou promotions internes et que la " règle des quatre ans " posée par les " principes communs " de gestion du département de la Loire-Atlantique, qui ne constitue pas une mesure d'ordre intérieur, ne se rattache aucunement à la valeur professionnelle ou aux acquis de l'expérience professionnelle des agents, le département était incompétent pour fixer un tel délai minimal ne reposant sur aucun fondement légal. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que cette règle, unique fondement légal de la décision de ne pas l'inscrire sur la liste d'aptitude en litige, ne pouvait lui être opposée.

12. Il s'ensuit que Mme A est fondée, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, à demander l'annulation de l'arrêté du 5 décembre 2017 fixant la liste des agents inscrits sur la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché au titre de l'année 2017 et, par conséquent, celle de la décision du 12 janvier 2018 par laquelle le président du conseil départemental de la Loire-Atlantique a rejeté son recours gracieux à l'encontre de cet arrêté.

Sur les conclusions indemnitaires :

13. Ainsi qu'il vient d'être dit, l'arrêté du 5 décembre 2017 fixant la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché au titre de l'année 2017 est entaché d'une illégalité fautive susceptible d'engager la responsabilité du département de la Loire-Atlantique.

14. D'une part, il ne résulte pas de l'instruction, compte tenu notamment du faible taux de promotion et du nombre de promouvables, que Mme A, qui n'avait aucun droit à être inscrite sur la liste d'aptitude, aurait eu une chance sérieuse d'accéder au cadre d'emploi supérieur dans le cadre de la procédure de promotion interne au titre de l'année 2017, quand bien même qu'elle remplissait les conditions statutaires pour y postuler. Elle n'est, dès lors, pas fondée à se prévaloir d'une perte de chance sérieuse d'être promue à un emploi d'attaché pour demander réparation des préjudices financier et de carrière qu'elle estime avoir subis.

15. D'autre part, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral de Mme A en lui allouant la somme de 500 euros.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que Mme A, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse au département de la Loire-Atlantique la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 5 décembre 2017 du président du conseil départemental de la Loire-Atlantique fixant la liste d'aptitude à l'emploi d'attaché au titre de l'année 2017 et la décision du 12 janvier 2018 par laquelle il a rejeté le recours gracieux de Mme A sont annulés.

Article 2 : Le département de la Loire-Atlantique est condamné à verser à Mme A la somme de 500 euros (cinq cents euros).

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mlle Wunderlich, présidente,

Mme Le Lay, première conseillère,

Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.

La rapporteure,

H. ELa présidente,

A.-C. WUNDERLICHLa greffière,

L. BILLAUD

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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