LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1805706

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1805706

lundi 14 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1805706
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantLEFEUVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juin 2018, Mme B C, représentée par Me Lefeuvre, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu, de prélèvements sociaux, de contribution sociale généralisée et de contribution au remboursement de la dette sociale mises à sa charge au titre de l'année 2015 à hauteur de 67 084 euros ainsi que des pénalités y afférentes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la procédure d'imposition est irrégulière dès lors que l'administration n'a pas procédé à la restitution du fichier des écritures comptables en méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 A-1 du livre des procédures fiscales ;

- l'administration fiscale n'a pas établi si les chèques qu'elle a encaissés constituent des distributions ou rémunérations occultes ;

- en raison de caractère non imposable des sommes appréhendées, la majoration de 40 % pour manquement délibéré ne pouvait légalement être appliquée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2018, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,

- et les observations de Me Sophie Lefeuvre, substituant Me André Lefeuvre, avocat de Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B C est gérante de la société civile immobilière (SCI) Vireva 1 dont le siège est situé à Sautron (Loire-Atlantique). La SCI Vireva 1 a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015 aux termes de laquelle l'administration fiscale a identifié, au titre de l'exercice clos en 2015, des distributions au profit de Mme C consistant, d'une part, en des sommes mises à la disposition de cette dernière sur son compte courant d'associé et, d'autre part, en des sommes correspondant à trois chèques émis par la SCI Vireva 1 et encaissés sur le compte bancaire personnel de Mme C. En conséquence, le service, par proposition de rectification du 22 mai 2017, a notifié à Mme C son intention de procéder à la rectification son résultat imposable au titre de l'année 2015 en y réintégrant ces revenus distribués. Par un rôle complémentaire du 30 septembre 2017, l'administration fiscale a mis en recouvrement les cotisations supplémentaires correspondantes d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux, de contribution sociale généralisée et de contribution pour le remboursement de la dette sociale à hauteur de 67 084 euros dont 46 304 euros en droits, 2 037 euros en intérêts de retard et 18 522 euros au titre de la majoration de 40 % pour manquement délibéré. La réclamation contentieuse de Mme C du 15 janvier 2018 tendant à obtenir la décharge de ces impositions a été rejetée par une décision du 23 avril 2018. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu, de prélèvements sociaux, de contribution sociale généralisée et de contribution au remboursement de la dette sociale mises à sa charge au titre de l'année 2015 ainsi que des majorations correspondantes.

Sur les conclusions à fin de décharge des impositions litigieuses :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable aux impositions en litige : " I. - Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contribuable qui fait l'objet d'une vérification de comptabilité satisfait à l'obligation de représentation des documents comptables mentionnés au premier alinéa de l'article 54 du code général des impôts en remettant au début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée répondant à des normes fixées par arrêté du ministre chargé du budget, une copie des fichiers des écritures comptables définies aux articles 420-1 et suivants du plan comptable général. / Le premier alinéa du présent article s'applique également aux fichiers des écritures comptables de tout contribuable soumis par le code général des impôts à l'obligation de tenir et de présenter des documents comptables autres que ceux mentionnés au premier alinéa du même article 54 et dont la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés. / L'administration peut effectuer des tris, classements ainsi que tous calculs aux fins de s'assurer de la concordance entre la copie des enregistrements comptables et les déclarations fiscales du contribuable. L'administration détruit, avant la mise en recouvrement, les copies des fichiers transmis. (). ".

3. Les dispositions de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales interdisent à l'administration fiscale de conserver les copies des fichiers d'écritures comptables après la mise en recouvrement des impositions. Ces dispositions, ainsi que cela ressort des travaux préparatoires dont elles sont issues, sont destinées à garantir au contribuable que des impositions ultérieures ne seront pas établies sur la base des données contenues dans ces fichiers. L'omission de restitution des copies des fichiers en cause, en méconnaissance des dispositions précitées, est susceptible d'entacher la régularité des impositions qui viendraient à être ultérieurement établies sur la base des données qu'ils contiennent. Elle est, en revanche, sans influence sur les impositions mises en recouvrement après la consultation et l'exploitation des fichiers.

4. Si Mme C soutient que la procédure d'imposition est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'administration n'aurait pas procédé à la restitution du fichier des écritures comptables en méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 A-1 du livre des procédures fiscales, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que cette circonstance est sans incidence sur la régularité des impositions litigieuses. Ainsi, le moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions supplémentaires :

5. Aux termes de l'article 111 du même code : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. () c. Les rémunérations et avantages occultes ; (). ".

6. D'une part, il résulte des dispositions du a) de l'article 111 du code général des impôts précitées que les sommes inscrites au crédit du compte courant d'un associé ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte, le caractère de revenus imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

7. La requérante ne conteste pas qu'une somme de 44 682 euros a été mise à sa disposition sur son compte courant d'associé à la clôture de l'exercice clos en 2015. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a imposé cette distribution au titre de l'année 2015 dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

8. D'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment des termes de la proposition de rectification adressée à l'intéressée, qu'après avoir exercé son droit de communication prévu par les articles L. 81, L. 85 et L. 102 B du livre des procédures fiscales auprès de l'établissement bancaire où sont ouverts les comptes personnels de Mme C, que le service a établi que l'intéressée a encaissé sur son compte personnel, entre le 17 juin 2015 et le 21 octobre 2015, trois chèques émis par la SCI Vireva 1 pour un montant total de 44 000 euros. Mme C, en se bornant à soutenir que les sommes étaient portées en compte d'attente dans la comptabilité de la SCI Vireva 1, sans même préciser le compte approprié qui aurait dû être finalement débité de la somme de 44 000 euros, et que le bénéfice fiscal de cette société n'a pas été affecté par ces encaissements, ne conteste pas sérieusement que ces versements opérés sur son compte bancaire personnel ont été dépourvus de tout contrepartie. Dans ces conditions, l'administration fiscale doit être regardée comme rapportant la preuve, qui lui incombe, de l'existence de ces distributions ainsi que de leur appréhension par Mme C. C'est, par suite, également à bon droit que le service a imposé ces sommes dans les mains de la requérante après les avoir regardées comme des avantages occultes consentis par la SCI Vireva 1.

En ce qui concerne la majoration de 40 % pour manquement délibéré :

9. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ; (). ".

10. L'administration fiscale a retenu que Mme C possède 90 % des parts de la SCI Vireva 1, qu'elle n'a pas remboursé à la SCI Vireva les sommes mises à sa disposition sur le compte courant d'associé en 2014 et 2015, notamment les trois chèques qu'elle a encaissés sans déclarer ceux-ci comme des revenus imposables au titre de l'année 2015.

11. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le caractère occulte des rémunérations et avantages reçus par Mme C a été établi. En outre, la requérante n'a déclaré aucune des sommes perçues soit par l'intermédiaire de son compte courant d'associé, soit par l'encaissement des trois chèques, à trois périodes différentes de l'année. Compte tenu de ces éléments et alors que la requérante se borne à soutenir qu'elle a contesté le caractère imposable des sommes considérées comme des revenus distribués et qu'elle serait ainsi de bonne foi, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qui lui incombe du caractère délibéré des manquement commis par Mme C. C'est par suite à bon droit qu'elle a mis à sa charge la majoration de 40 % prévue par le a) de l'article 1729 du code général des impôts.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme C tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu, de prélèvements sociaux, de contribution sociale généralisée et de contribution au remboursement de la dette sociale mises à sa charge au titre de l'année 2015, ainsi que des majorations correspondantes, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Mme C la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.

Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Livenais, président,

M. Huin, premier conseiller,

Mme Thierry, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.

Le rapporteur,

F. A

Le président,

Y. LIVENAIS

Le greffier,

E. LE LUDEC

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions