vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1806910 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LEVEQUE & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 1806910 les 26 juillet 2018 et 22 juillet 2019, la SA DECATHLON, représentée par Me Baillet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Sainte-Luce-sur-Loire (Loire-Atlantique) au titre des années 2015 et 2016 à raison d'un établissement dont elle est propriétaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
II. Par une requête enregistrée sous le n° 1914303, le 28 décembre 2019, la SA DECATHLON, représentée par Me Baillet, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Sainte-Luce-sur-Loire (Loire-Atlantique) au titre de l'année 2017 à raison d'un établissement dont elle est propriétaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- c'est à tort que l'administration a qualifié l'établissement dont elle est propriétaire à Sainte-Luce-sur-Loire d'industriel au sens des dispositions de l'article 1499 du code général des impôts, sa locataire, la SAS LOGISTIQUE FRANCE y exerçant une activité de stockage et de prestations logistiques qui n'est pas industrielle par nature ;
- les deux critères cumulatifs pour l'appréciation de cette qualité ne sont pas réunis : les moyens techniques ne sont ni importants ni prépondérants dès lors que l'activité de sa locataire est caractérisée par de multiples phases manuelles lors de la préparation des commandes, que l'établissement a un effectif en temps plein de 128,4 salariés en 2015, que les chariots rétractables sont utilisés moins de deux heures par jour et que les frais de personnel représentent plus de 60 % du total des frais liés aux trois composantes hommes / immeubles / matériels.
Par des mémoires en défense, enregistrés dans l'instance n° 1806910 le 7 mai 2019 et dans l'instance n° 1914303 le 26 mai 2020, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction des vérifications nationales et internationales conclut au rejet des requêtes.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la SA DECATHLON ne sont pas fondés.
Vu les pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Kaczynski, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme (SA) DECATHLON est propriétaire d'un immeuble à Sainte-Luce-sur-Loire, exploité par la SAS LOGISTIQUE FRANCE, laquelle exerce une activité de stockage, préparation et distribution de produits commercialisés par la SA DECATHLON. A l'issue de la vérification de comptabilité dont la SAS LOGISTIQUE FRANCE a fait l'objet, et à l'occasion de laquelle l'administration fiscale a remis en cause l'application de la méthode prévue à l'article 1498 du code général des impôts pour l'évaluation de la valeur locative de cet établissement de Sainte-Luce-sur-Loire, la SA DECATHLON a été rendue destinataire d'une lettre en date du 1er septembre 2016 l'informant des rectifications correspondantes s'agissant de l'assiette de la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2015 et 2016. La cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties mise à la charge de la contribuable au titre de l'année 2017 à raison du même immeuble a été établie sur les mêmes bases rectifiées. Par deux requêtes n°s 1806910 et 1914303, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un même jugement, la SA DECATHLON demande au tribunal la décharge de ces impositions.
2. Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties () est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Et aux termes de l'article 1499 du même code : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". Revêtent un caractère industriel, au sens de ces dispositions, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre est prépondérant.
3. La SAS LOGISTIQUE FRANCE exploite à Sainte-Luce-sur-Loire une plate-forme logistique, constituant l'un des centres d'approvisionnement régionaux (CAR), dans lequel elle réceptionne et entrepose les marchandises qu'elle reçoit sur palettes par voie routière en provenance des centres d'approvisionnement continentaux (CAC), puis reconditionne les marchandises lors de la préparation des commandes adressées quotidiennement par les magasins Décathlon relevant de son ressort géographique.
4. Il résulte de l'instruction que le CAR de Sainte-Luce-sur-Loire, d'une superficie de 28 759 m², dispose d'une capacité de stockage de 316 349 m3, de vingt-six quais de chargement et déchargement, dont vingt-deux utilisés par l'exploitante, de vingt-six engins de manutention électrique, d'une trieuse, d'un palettiseur et d'un convoyeur ainsi que d'un système informatique indiquant les articles à prélever, les géolocalisant et guidant le magasinier pour lui faire emprunter le parcours le plus rapide. Ce centre approvisionne quotidiennement trente-deux magasins de la marque Décathlon et a traité, au cours de l'année 2015, plus de 28 millions d'articles représentant plus de 21 000 références. Ainsi, les moyens humains dont la SAS LOGISTIQUE FRANCE dispose, qui correspondent à un effectif de 128,4 salariés équivalents temps plein (ETP) en 2015 ne permettent pas, sans le recours à d'importants moyens techniques, de gérer dans des délais contraints de tels volumes compte tenu de son organisation logistique, laquelle suppose une réception, une organisation, un stockage et un repositionnement de gros volumes avant que le personnel procède au prélèvement manuel des articles à l'unité destinés à être envoyés aux magasins de la marque. Il est en outre constant que le stockage des marchandises se fait sur des racks d'une hauteur de plus de neuf mètres dont la première rangée est située à 2,40 mètres de hauteur, contraignant les employés à utiliser des engins motorisés pour les déplacer. Dans ces conditions, les moyens techniques décrits ci-dessus doivent être regardés comme ayant un rôle prépondérant dans l'activité exercée par la SAS LOGISTIQUE FRANCE dans l'entrepôt dont la SA DECATHLON est propriétaire, alors même que, comme elle le fait valoir, elle aurait recours à une importante main d'œuvre et que l'utilisation quotidienne des chariots rétractables serait limitée.
5. Il s'ensuit que la SA DECATHLON n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a estimé que l'établissement litigieux revêt un caractère industriel et a retenu la méthode prévue à l'article 1499 du code général des impôts pour la détermination de sa valeur locative.
6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de la SA DECATHLON doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.
D É C I D E:
Article 1er : Les requêtes de la SA DECATHLON sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SA DECATHLON, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique .
Délibéré après l'audience du 10 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mlle Wunderlich, présidente,
Mme Diniz, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Lu en audience publique le 8 juillet 2022.
La rapporteure,
I. ALa présidente,
A.-C. WUNDERLICHLa greffière,
C. MICHAULT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°s 1806910
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026