LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1901138

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1901138

mardi 15 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1901138
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBOEZEC CARON BOUCHE AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces, enregistrés le 1er février 2019 et le 16 octobre 2020, M. E A, représenté par Me Boezec, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 35 766,95 euros en réparation de ses préjudices matériels et moraux, consécutifs à la faute commise par l'Etat en refusant le 9 février 2015 de lui délivrer un visa de long séjour en qualité de salarié, somme assortie des intérêts au taux légal à compter de sa réclamation préalable ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui verser ces sommes dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- un visa de long séjour en qualité de salarié lui a été délivré le 16 avril 2016 ;

- l'illégalité de la décision du consul de France à Rome portant refus de délivrance d'un visa de long séjour en qualité de salarié, en date du 9 février 2015, et de la décision du 20 mai 2015 par laquelle la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a confirmé ce refus, dont la suspension de l'exécution a été prononcée par le juge des référés du tribunal administratif de Nantes par une ordonnance n°1601200 du 1er mars 2016, est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat et lui a entraîné divers préjudices matériels et moraux ;

- ces décisions de refus l'ont privé de rémunérations entre le mois de mars 2015 et avril 2016, son manque à gagner pouvant être estimé à la somme de 25 766,95 euros ;

- elles ont été la cause d'un préjudice moral estimé à la somme de 10 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 11 août 2020, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les préjudices allégués ne présentent pas un caractère réel, direct et certain.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- et les conclusions de M. Sarda, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant sénégalais, a sollicité la délivrance d'un visa de long séjour en France en qualité de travailleur salarié, afin d'occuper un emploi d'ouvrier de production porcine au sein de la société Porciland. Par une décision du 9 février 2015, l'autorité consulaire française à Rome avait rejeté cette demande. Ce refus avait été confirmé par une décision du 20 mai 2015 de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France. Par une ordonnance n°1601200 du 4 mars 2016, le juge des référés du tribunal administratif de Nantes, statuant au titre de l'article L. 521-1du code de justice administrative, a suspendu l'exécution de la décision de la commission de recours. M. A s'est vu délivrer un visa de long séjour en qualité de salarié par le consulat de France à Rome le 18 avril 2016. Le 14 décembre 2017, M. A a sollicité l'indemnisation des préjudices consécutifs selon lui à l'illégalité du refus de visa qui lui avait ainsi été opposé. Cette demande a fait l'objet d'un refus implicite. Par la présente requête, M. A demande la condamnation de l'Etat à lui verser une somme globale de 35 766,95 euros en réparation des préjudices matériels et moraux qu'il soutient avoir subis du fait du refus illégal de l'Etat de délivrer le visa sollicité.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la faute de l'Etat :

2. Il résulte de l'instruction, et comme le reconnaît d'ailleurs le ministre de l'intérieur dans son mémoire en défense, que la délivrance à M. A d'un visa de long séjour est intervenue à la suite de l'ordonnance de référé du 4 mars 2016. Alors que le requérant fait valoir que le refus de visa qui lui a été opposé était entaché d'une erreur d'appréciation en raison de l'adéquation de son profil avec l'emploi pour lequel il était titulaire d'une autorisation de travail délivrée par le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, le ministre de l'intérieur n'apporte aucun élément de nature à justifier de la légalité de cette décision, qu'il a décidé de rapporter le 18 avril 2016. Dans ces conditions, la décision de refus de visa opposée à M. A doit être regardée comme entachée d'une erreur d'appréciation qui constitue une faute de nature à lui ouvrir droit à réparation par l'Etat.

En ce qui concerne la période de responsabilité :

3. La responsabilité de l'Etat à l'égard du requérant court à compter de la date à laquelle le refus de visa a été opposé à M. A, ce refus de visa ayant fait obstacle à l'entrée en France de celui-ci, soit à compter de l'intervention de la décision de rejet des autorités consulaires françaises à Rome, en date du 9 février 2015, et jusqu'au 16 avril 2016, date à laquelle un visa a effectivement été délivré à l'intéressé.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant du manque à gagner :

4. Il résulte de l'instruction qu'à la date de la décision de refus de visa, M. A était titulaire d'un contrat de travail en France pour un poste d'ouvrier de production, avec un salaire de 1 294 € net par mois pour 169 heures par mois, pour lequel il avait sollicité un visa en qualité de salarié. M. A justifie également occuper un emploi du même type auprès de la société SA Giporc, à compter du mois d'août 2016, pour un salaire mensuel de base de 1 466,55 euros brut, hors heures supplémentaires. Toutefois, si M. A affirme qu'en vue de l'exercice d'un emploi en France, il aurait quitté en 2015 l'emploi qu'il occupait en Italie et qu'il a été sans activité ni ressources de février 2015 à avril 2016, il se borne à l'alléguer, n'apporte aucune justification quant à l'activité professionnelle qu'il exerçait en Italie comme à la rémunération qu'il en retirait. Dans ces conditions, il n'est pas établi qu'il aurait effectivement subi un manque à gagner sur la période en cause. Dans ces conditions, ce préjudice ne présentant pas un caractère certain, M. A n'est pas fondé à obtenir le versement d'une indemnité à ce titre.

S'agissant du préjudice moral :

5. Compte tenu de l'incidence de la décision de refus de visa qui l'a privé temporairement d'un contrat à durée indéterminée en France, M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée lui a causé un préjudice moral. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice en l'évaluant à la somme de 1 500 euros, tous intérêts compris à la date du présent jugement.

6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'Etat à verser au requérant la somme de 1 500 euros, en réparation de son préjudice, tous intérêts compris à la date du présent jugement.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

7. Aux termes du I de l'article 1er de la loi du 16 juillet 1980 relative aux astreintes prononcées en matière administrative et à l'exécution des jugements par les personnes morales de droit public, reproduit à l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. / Si la dépense est imputable sur des crédits limitatifs qui se révèlent insuffisants, l'ordonnancement est fait dans la limite des crédits disponibles. Les ressources nécessaires pour les compléter sont dégagées dans les conditions prévues par l'ordonnance n° 59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances. Dans ce cas, l'ordonnancement complémentaire doit être fait dans un délai de quatre mois à compter de la notification. / A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement. ".

8. Dès lors que ces dispositions permettent à la partie gagnante, en cas d'inexécution d'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée dans le délai prescrit, d'obtenir le mandatement d'office de la somme que la partie perdante est condamnée à lui verser par cette même décision, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la première tendant à ce qu'il soit enjoint à celle-ci, sur le fondement des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative, de payer cette somme sous astreinte. Il en résulte qu'il n'y a pas lieu d'enjoindre à l'Etat, sous astreinte, de payer la somme de 1 500 euros à M. A, l'obligation de la lui payer résultant de l'article 1er du présent jugement qui, conformément aux dispositions de l'article L. 11 du code de justice administrative, est exécutoire.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A de la somme de 1 200 euros en application l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme de 1 500 euros, tous intérêts compris au jour du présent jugement.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. C de Baleine, président,

Mme Thomas, première conseillère,

Mme Milin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.

La rapporteure,

S. D

Le président,

A. C DE BALEINE

La greffière,

L. LÉCUYER

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice à ce

requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14
← Retour aux décisions
Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026