vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1901651 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ORATIO NANTES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 15 février 2019, le 4 mars 2020, la société à responsabilité limitée (SARL) Tournebois, représentée par Me Bezier, demande au tribunal :
1°) la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises mises à sa charge au titre des années 2014, 2015, 2016 et 2017 à hauteur de la somme totale de 117 412 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure de rectification est irrégulière, dès lors qu'elle a été imposée au titre de l'année 2017 alors que l'avis de vérification dont elle a été destinataire ne visait pas l'année 2017 en méconnaissance de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ;
- l'ensemble immobilier qu'elle exploite à Saint-Herblain ne constitue pas un établissement industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts, dans la mesure où elle est inscrite au répertoire des métiers et qu'elle fabrique de manière artisanale uniquement des pièces sur mesure ou par très petites séries en ayant recours à un outillage qui n'est ni important, ni prépondérant ;
- elle demande l'application à son bénéfice des commentaires administratifs publiés sous les références BOI-IF-TFB-20-10-50-10 et notamment des paragraphes 1, 10, 40 et 50 ;
- l'application de la méthode comptable en vue du calcul de la valeur locative de ses biens multiplie par trois la charge de la cotisation foncière des entreprises alors qu'elle réalise des efforts d'investissements conséquents qui aboutit à une distorsion de concurrence avec des entreprises exerçant la même activité qu'elle.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 août 2019, le 15 février 2021 et le 19 octobre 2021, le directeur de la direction spécialisée du contrôle fiscal Centre ouest conclut dans le dernier état de ses écritures :
1°) au non-lieu à statuer à concurrence des dégrèvements prononcés en cours d'instance à hauteur de la somme de 38 312 euros ;
2°) au rejet du surplus de la requête.
Il fait valoir que :
- la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique a prononcé un dégrèvement partiel, à hauteur des sommes de 6 820 euros au titre de l'année 2014, 10 316 euros au titre de l'année 2015, 10 451 au titre de l'année 2016 et 10 725 au titre de l'année 2017;
- les moyens soulevés par La SARL Tournebois ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Tournebois exerce une activité de réalisation de coffrages en bois sur mesure ou en petite série pour les secteurs de la construction, du génie civil et de l'industrie qu'elle produit dans un ensemble immobilier qui lui est loué par la société civile immobilière (SCI) Borenis, propriétaire de cet immeuble situé sis 1, rue Bobby Sands à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). La SARL Tournebois a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er avril 2013 au 31 mars 2016 à l'issue de laquelle l'administration fiscale a estimé que l'établissement exploité par cette société revêtait le caractère d'un établissement industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts et a procédé à l'évaluation de la valeur locative de cet établissement selon la méthode comptable. Elle lui a en conséquence notifié des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises à raison de l'établissement qu'elle occupe au titre des années 2014, 2015, 2016 et 2017. Ces impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement par quatre rôles du 30 avril 2018 pour une somme totale de 117 412 euros. La réclamation préalable de la SARL Tournebois a été rejetée par une décision du 19 décembre 2018. Par la présente requête, la SARL Tournebois demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises mises à sa charge à hauteur de la somme totale de 117 412 euros au titre des années 2014 à 2017.
Sur l'étendue du litige :
2. Par décisions du 2 octobre 2020, postérieures à l'introduction de la requête, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique a prononcé un dégrèvement partiel, à hauteur des sommes de 6 820 euros au titre de l'année 2014, 10 316 euros au titre de l'année 2015, 10 451 euros au titre de l'année 2016 et 10 725 euros au titre de l'année 2017. Ainsi, les conclusions de la requête tendant à la décharge des impositions supplémentaires litigieuses sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Il n'y a, par suite, plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaires litigieuses :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " I. - Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables. (). ". Aux termes de l'article R. 13-1 du livre des procédures fiscales : " Les vérifications de comptabilité mentionnées à l'article L. 13 comportent notamment : a) La comparaison des déclarations souscrites par les contribuables avec les écritures comptables et avec les registres et documents de toute nature, notamment ceux dont la tenue est prévue par le code général des impôts et par le code de commerce ; b) L'examen de la régularité, de la sincérité et du caractère probant de la comptabilité à l'aide particulièrement des renseignements recueillis à l'occasion de l'exercice du droit de communication, et de contrôles matériels. ". Aux termes de l'article L. 47 : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. / Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix. () ". Aux termes de l'article L. 51 : " Lorsque la vérification de comptabilité ou l'examen de comptabilité, pour une période déterminée, au regard d'un impôt ou d'une taxe ou d'un groupe d'impôts ou de taxes, est achevé, l'administration ne peut procéder à une vérification de comptabilité ou à un examen de comptabilité de ces mêmes écritures au regard des mêmes impôts ou taxes et pour la même période. () ". Aux termes de l'article L. 56 : " La procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable : 1° En matière d'impositions directes perçues au profit des collectivités locales ou d'organismes divers, à l'exclusion de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises prévue à l'article 1586 ter du code général des impôts ; (). ". Enfin, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. (). ".
4. D'autre part, aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les sociétés non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. () ". L'article 1467 du même code dispose que : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. () ". Enfin, aux termes de l'article 1467 A du même code : " Sous réserve des II, III IV et VI de l'article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile. ".
5. Il résulte de ces dispositions que, d'une part, l'administration procède à la vérification de comptabilité d'une entreprise lorsque, en vue d'assurer l'établissement d'impôts ou de taxes totalement ou partiellement éludés par celle-ci, elle contrôle sur place la sincérité des déclarations fiscales souscrites par cette entreprise en les comparant avec les écritures comptables ou les pièces justificatives dont elle prend alors connaissance et dont le cas échéant elle peut remettre en cause l'exactitude et que, d'autre part, la régularité de la vérification de comptabilité suppose, sauf si la loi en dispose autrement, le respect des garanties légales prévues en faveur du contribuable vérifié, même lorsque les impositions supplémentaires mises à la charge de ce dernier ne sont pas la conséquence d'une procédure de rectification contradictoire conduite sur le fondement des articles L. 55 à L. 61 du livre des procédures fiscales. Il en va ainsi, notamment, du droit d'être informé préalablement à la vérification de comptabilité des années soumises à vérification, auquel se réfère l'article L. 47 de ce livre, et du droit de ne pas subir une nouvelle vérification de comptabilité au regard des mêmes impôts ou taxes pour la même période, auquel se réfère l'article L. 51 du même livre.
6. En outre, il résulte des dispositions citées aux points 3 et 4 ci-dessus, d'une part, que l'administration qui avise un redevable de ce qu'elle envisage de procéder à une vérification de comptabilité portant sur des opérations relatives à une période déterminée peut, en conséquence de cette vérification, régulièrement assujettir ce redevable à des cotisations supplémentaires de taxe professionnelle due au titre d'années d'imposition dont la période de référence définie à l'article 1467 A du code général des impôts est comprise dans la période vérifiée. Il lui appartient également, le cas échéant, de tirer les conséquences, au titre d'années d'imposition ultérieures, des constatations effectuées sur ces opérations.
7. Enfin, il résulte des mêmes dispositions, d'autre part, que lorsqu'un redevable est avisé de ce que l'administration envisage de procéder à une vérification de comptabilité portant sur ses déclarations fiscales d'une période déterminée, celle-ci peut régulièrement prendre connaissance au cours du contrôle des éléments servant de base à la taxe professionnelle due au titre d'une ou plusieurs années couvertes par cette même période, y compris lorsque ces éléments sont des immobilisations dont le redevable a disposé au cours de la période de référence définie à l'article 1467 A du code général des impôts, et alors même que cette période de référence n'aurait pas été expressément mentionnée dans l'avis de vérification.
8. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a procédé à la rectification des bases d'imposition à la cotisation foncière des entreprises afférentes aux années 2015 à 2018 d'après les immobilisations dont la SARL Tournebois avait disposé au cours de l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition, soit en l'espèce les années 2013 à 2016. Ces rectifications procèdent du seul examen, par le vérificateur, des écritures comptables et notamment des bilans des exercices clos en 2013, 2014, 2015 et 2016. La SARL Tournebois a été destinataire d'un avis de vérification de comptabilité du 7 mars 2017 précisant que l'administration fiscale procéderait au contrôle de l'ensemble des déclarations fiscales ou opérations susceptibles d'être examinées et portant sur la période du 1er avril 2013 au 31 décembre 2016. Elle a ainsi été avisée que les années 2013 à 2016 seraient soumises à vérification, lesquelles constituent en l'espèce les années de référence d'établissement des montants de cotisation foncière des entreprises dus par la société au titre des années 2014, 2015, 2016 et 2017, comme le rappelle d'ailleurs l'avis de notification des rehaussements envisagés au titre de cette imposition dont elle a été rendue destinataire le 15 juin 2017. Dans ces conditions, le moyen tiré par la société requérante de ce que l'administration fiscale a méconnu les prescriptions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales en l'imposant à la cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2017 alors que cette année n'était pas visée par l'avis de vérification, doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions litigieuses :
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
9. En vertu de l'article 1467 du code général des impôts, pour le calcul de la cotisation foncière des entreprises, la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. Les règles suivant lesquelles est déterminée la valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties sont définies à l'article 1496 du code général des impôts pour les " locaux affectés à l'habitation ou servant à l'exercice d'une profession autre qu'agricole, commerciale, artisanale ou industrielle ", à l'article 1498 du même code pour " tous les biens autres que les locaux d'habitation ou à usage professionnel visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 " et à l'article 1499 pour les " immobilisations industrielles ". Revêtent un caractère industriel, au sens de ces dispositions, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
10. Il résulte de l'instruction que la SCI Borenis a donné en location à la SARL Tournebois un local d'une superficie totale d'environ 3 200 m² composé de deux ateliers de 1 141 m² pour le premier et 1 083 m² pour le second dans lesquels la SARL Tournebois procède, respectivement, à la création de coffrages en bois et de mannequins pour les secteurs de la construction, du génie civil et de l'industrie, issus de la transformation de bois et d'aluminium et au stockage de ces produits. Elle emploie plus de 25 salariés dont cinq compagnons du devoir et supporte des charges à ce titre d'environ 630 000 euros par exercice. En outre, pour la réalisation de ses produits, elle dispose de plusieurs machines-outils, inscrites en comptabilité ainsi qu'il ressort des comptes de résultats versés aux débats par la société requérante, telles que des scies à ruban, une tenonneuse, des scies à format et à déligner, des centres informatisés d'usinage, des tronçonneuses. Par ailleurs, afin de permettre l'acheminement des pièces ainsi fabriquées, elle dispose de ponts roulant et d'outils de levage. Enfin, la SARL Tournebois s'est dotée de moyens techniques permettant d'assurer l'évacuation de la poussière de bois et la ventilation des ateliers tel que les centrales d'aspiration et l'installation d'aspiration. L'ensemble des immobilisations représente une somme totale de 800 245 euros.
11. Les outillages détaillés au point précédent et mis en œuvre dans le processus de fabrication représentent environ 60 % des immobilisations de la SARL Tournebois et doivent être regardés, compte tenu de leur nature et de leur nombre, comme importants. En outre, et à supposer que l'activité de la société ne puisse être regardée comme consistant dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, ces installations techniques, matériels et outillages, dès lors qu'ils sont nécessaires à l'usinage et à la manutention des pièces, présentent en tout état de cause un caractère prépondérant pour les besoins de l'activité de la SARL Tournebois. Par ailleurs, les circonstances que certains salariés sont compagnons du devoir et que les autres salariés affectés aux ateliers procèdent principalement à des interventions manuelles sur les machines-outils tout au long des phases de fabrication et d'assemblage des pièces réalisées ne permettent pas d'établir que la société ne pourrait être regardée comme exerçant une activité à caractère industriel. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a estimé que les immobilisations de la SARL Tournebois revêtaient un caractère industriel au sens de l'article 1499 du code général des impôts et que leur valeur locative devait être déterminée selon la méthode comptable.
12. En troisième lieu, si la SARL Tournebois soutient que la rectification de sa base d'imposition à la cotisation foncière des entreprises constitue une rupture d'égalité à son détriment au regard des autres entreprises de son secteur d'activité qui ne seraient pas, eu égard aux caractéristiques de leur activité, regardées comme des établissements industriels, cette circonstance, au demeurant non établie, est sans incidence sur le bien-fondé des impositions supplémentaires litigieuses qui ont été fixées conformément à la loi fiscale.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
13. En dernier lieu, si la SARL Tournebois demande, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, l'application à son bénéfice des commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-IF-TFB-20-10-50-10, notamment ses paragraphes 1, 10, 40 et 50, ces commentaires ne comportent aucune interprétation formelle de l'article 1499 différente de celle dont il est fait application ci-dessus.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des cotisations supplémentaires restant en litige présentées par la SARL Tournebois doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la SARL Tournebois la somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer, à hauteur de la somme totale de 38 312 euros sur les conclusions présentées par la SARL Tournebois aux fins de décharge des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises au titre des années 2014 à 2017.
Article 2 : Le surplus de la requête de la SARL Tournebois est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Tournebois et à la direction spécialisée du contrôle fiscal Centre ouest.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026