mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1902324 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Président 7 : Mme SPECHT - R. 222-13 |
| Avocat requérant | EVENO |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête enregistrée sous le n° 1902324, le 15 février 2019 et régularisée le 20 mars 2019 et un mémoire, enregistré le 23 septembre 2020, M. C B, représenté par Me Eveno, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'accueillir son opposition formée contre la contrainte en date du 18 janvier 2019 émise par le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique en recouvrement de la somme de 7 842,95 euros en tant qu'elle porte sur le recouvrement d'un indu d'allocation d'aide personnalisée au logement d'un montant de 6 123 euros pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement au profit de son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les revenus retenus par la caisse d'allocations familiales sont supérieurs à ceux retenus par l'administration fiscale à l'issue du contrôle fiscal dont il a fait l'objet ; les indus calculés par la caisse d'allocations familiales sont dès lors mal fondés ;
- malgré la rectification de ses revenus à l'issue d'un contrôle fiscal, les revenus retenus lui ouvrent droit aux prestations sociales ;
- il y a lieu de prendre en compte, pour le calcul des prestations, les chiffres du résultat fiscal imposable rectifié retenu à l'issue du contrôle fiscal.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 décembre 2020 et le 18 février 2021, la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dépourvue de moyen ;
- elle n'est pas compétente pour connaître du recours relatif à l'indu de revenu de solidarité active ;
- la contestation de M. B relative à la prime de naissance et à l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (A) relève de la compétence du tribunal judiciaire, pôle social ;
- les moyens soulevés relatifs à l'indu d'aide personnalisée au logement et de revenu de solidarité active ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 janvier 2020, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de motivation ;
- la caisse d'allocations familiales est incompétente pour connaître des conclusions relatives aux sommes dues au titre du revenu de solidarité active dès lors que le recouvrement des sommes dues à ce titre relève de la compétence du conseil départemental ;
- par ailleurs, la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions relatives aux sommes dues au titre des prestations familiales, dont le contentieux relève des juridictions judiciaires ;
- les moyens soulevés relatifs à l'indu d'aide personnalisée au logement et de prime d'activité ne sont pas fondés.
Par une décision du 18 mai 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes (section administrative), M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale au titre de l'instance 1902324.
II. Par une requête enregistrée le 9 décembre 2019, sous le n° 1913737, et un mémoire enregistré le 28 septembre 2021, M. C B représenté par Me Eveno, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'accueillir son opposition à la contrainte émise le 31 octobre 2019 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique en recouvrement de la somme de 2 543,19 euros en tant qu'elle porte sur le recouvrement d'un indu d'allocation d'aide personnalisée au logement d'un montant de 903,26 euros pour la période du 1er décembre 2014 au 28 février 2015 ;
2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement au profit de son conseil de la somme de 1 200 euros en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- sa requête est recevable ;
- dans l'attente des résultats du contrôle fiscal dont il a fait l'objet, il n'est pas certain que les sommes réclamées soient dues ;
- les revenus retenus par la caisse d'allocations familiales sont supérieurs à ceux retenus par l'administration fiscale à l'issue du contrôle fiscal dont il a fait l'objet ; les indus calculés par la caisse d'allocations familiales sont dès lors mal fondés ;
- il y a lieu de prendre en compte, pour le calcul des prestations, les chiffres du résultat fiscal imposable rectifié retenu à l'issue du contrôle fiscal.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 décembre 2020 et le 18 février 2021, la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dépourvue de moyen ;
- elle n'est pas compétente pour connaître du recours relatif à l'indu de revenu de solidarité active ;
- la contestation de M. B relative à la prime de naissance et à l'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (A) relève de la compétence du tribunal judiciaire, pôle social ;
- les moyens soulevés relatifs à l'indu d'aide personnalisée au logement et de revenu de solidarité active ne sont pas fondés.
Par une décision du 11 janvier 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nantes (section administrative), M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale au titre de l'instance 1913737.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Specht, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
En application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience, au cours de laquelle le rapport de Mme Specht, magistrate désignée, a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, demandeur d'emploi, a perçu le revenu de solidarité active à compter du 1er octobre 2009. En janvier 2013, il a déclaré être travailleur indépendant depuis le 18 janvier 2012. Il a par ailleurs sollicité et obtenu depuis décembre 2013 l'aide personnalisée au logement. Marié le 22 novembre 2014, il est séparé de fait depuis le 2 février 2016 et a continué à percevoir ces prestations sociales. A la suite d'un contrôle de sa situation, la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique l'a informé, par lettre du 21 décembre 2017, de la régularisation rétroactive de ses droits depuis décembre 2015 faisant apparaître des indus des prestations sociales d'un montant total de 17 369,98 euros dont 6 123 euros au titre de l'aide personnalisée au logement pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. M. B a présenté le 4 janvier 2018 un recours administratif contre cette décision, complété le 19 janvier 2018. Par une décision du 30 mars 2018, prise après avis de la commission de fraude de la caisse d'allocations familiales, la directrice de la caisse a décidé de lever la prescription biennale en raison de la fraude commise par M. B et un indu supplémentaire de prestations sociales lui a été notifié le 30 mars 2018, d'un montant total de 3 314,32 euros dont 903,26 euros au titre de l'aide personnalisée au logement pour la période de décembre 2014 à février 2015. Cette décision a été maintenue après examen des observations présentées par M. B. L'intéressé a été mis en demeure, par lettre du 3 avril 2018 de régler les sommes mises à sa charge par la décision du 21 décembre 2017, puis, par lettre du 4 avril 2019, de régler les sommes complémentaires mises à sa charge par la décision du 30 mars 2018.
2. Par une contrainte du 18 janvier 2019, signifiée le 30 janvier 2019, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique a contraint M. B à payer la somme de 7 769,87 euros, augmentée des frais d'acte, correspondant aux indus notifiés le 21 décembre 2017. Par une seconde contrainte, émise le 31 octobre 2019, signifiée le 26 novembre 2019, le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique a contraint M. B à payer la somme de 2 470,11 euros, augmentée des frais d'acte correspondant aux indus de prestations mis à sa charge par la décision du 30 mars 2018.
3. Par les requêtes n° 1902324 et 1913737, qu'il y a lieu de joindre dès lors qu'elles présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune, M. B forme opposition à ces deux contraintes et demande à être déchargé de l'obligation de paiement des sommes correspondantes.
Sur l'opposition à contrainte émise le 18 janvier 2019 :
4. M. B forme opposition à la contrainte émise le 18 janvier 2019 par la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique pour le recouvrement de la somme de 7 842,95 euros en tant qu'elle porte sur un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 6 123 euros pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017.
5. D'une part, aux termes de l'article L. 351-1 du code de la construction et de l'habitation alors en vigueur, applicable au litige : " Une aide personnalisée au logement est instituée. ". Aux termes de l'article L. 351-3 du même code : " Le montant de l'aide personnalisée au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1. La situation de famille du demandeur de l'aide occupant le logement et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2. Les ressources et la valeur en capital du patrimoine du demandeur, () et, s'il y a lieu, de son conjoint et des personnes vivant habituellement à son foyer ; () / ". D'autre part, l'article L. 351-3-1 du code de la construction et de l'habitation, alors en vigueur, dispose : " () II.-L'aide personnalisée au logement cesse d'être due à partir du premier jour du mois civil au cours duquel les conditions d'ouverture du droit cessent d'être réunies () ".
6. Aux termes de l'article R. 351-5 du même code, alors en vigueur : " I.- Les ressources prises en considération pour le calcul de l'aide personnalisée sont celles perçues par le bénéficiaire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. Sont considérées comme vivant habituellement au foyer (). / Sont retenues les ressources perçues pendant l'année civile de référence. L'année civile de référence est l'avant-dernière année précédant la période de paiement prévue à l'article R. 351-4. (). / II.- Les ressources prises en considération s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu d'après le barème, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu, ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. / () ".
7. Il résulte de l'instruction, qu'en septembre 2017, la situation de M. B a fait l'objet d'un contrôle de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique au titre des années 2014, 2015 et 2016, et de janvier à septembre 2017, à l'issue duquel, par un rapport d'enquête du 15 décembre 2017, le contrôleur de la caisse d'allocations familiales a conclu que si la situation personnelle de M. B était conforme à ses déclarations, l'intéressé avait minoré les revenus déclarés et n'avait pas déclaré son changement de statut, initialement mentionné en autoentrepreneur alors qu'il était salarié depuis le 16 juillet 2017 en qualité de président d'une société anonyme simplifiée et que les revenus retenus après contrôle faisaient obstacle au bénéfice des prestations sociales perçues, en particulier le revenu de solidarité active et l'aide personnalisée au logement. L'intention de fraude a par ailleurs été retenue.
8. M. B soutient que les revenus retenus par le contrôleur de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique en s'appuyant uniquement sur les crédits bancaires figurant sur ses comptes bancaires sont excessifs à défaut de déduire les charges exposées pour son activité professionnelle et les cotisations de la taxe sur la valeur ajoutée dont il doit s'acquitter et qu'en s'abstenant de prendre comme base de calcul les revenus calculés par l'administration fiscale à l'issue du contrôle fiscal dont il a fait l'objet, la contrainte émise est mal fondée.
9. Pour le calcul des droits à l'aide personnalisée au logement de M. B au titre des années 2016 et 2017, objet de la contrainte du 18 janvier 2019, la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique a pris en compte le montant des ressources perçues par l'intéressé au titre des années 2014 et 2015 qui constituent respectivement l'année civile de référence pour le calcul de ses droits au titre des années 2016 et 2017 en litige en application des dispositions précitées de l'article R. 351-5 du code de la construction et de l'habitation.
10. D'une part, il résulte de l'instruction qu'au titre des revenus perçus en 2014, M. B a déclaré des recettes brutes d'un montant de 10 000 euros tirées de son activité commerciale de négoce et de dépôt-vente de véhicules d'occasion exercée sous le statut d'autoentrepreneur, soit un revenu net de 2 900 euros après abattement de 71% prévu par ce statut fiscal et que le contrôleur de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique a retenu un montant de 210 792 euros d'encaissements sur les comptes bancaires de M. B, soit des revenus occultes de 200 792 euros. Si M. B soutient que le montant ainsi retenu est excessif dès lors qu'il convient de déduire de ce montant les charges exposées pour son activité professionnelle et des cotisations de la taxe sur la valeur ajoutée dont il doit s'acquitter, il n'apporte pas d'élément de nature à établir le montant réel de ses revenus perçus au titre de cette année, lui ouvrant droit au bénéfice de l'aide personnalisée au logement au titre de l'année 2016. Par suite, il n'est pas fondé à remettre en cause le principe et le montant de l'indu d'aide personnalisée au logement mis à sa charge au titre de cette année.
11. D'autre part, il résulte de l'instruction qu'au titre des revenus perçus en 2015, l'activité commerciale exercée par M. B a fait l'objet d'une vérification de comptabilité par les services fiscaux portant sur les exercices du 1er janvier au 31 décembre 2015, du 1er janvier au 31 décembre 2016 et du 1er janvier au 15 juillet 2017 et qu'en vertu de la proposition de rectification du 25 juin 2018 adressée à l'intéressé, les revenus initialement déclarés, d'un montant de 14 935 euros au titre de l'année 2015 ont été portés après réintégration des bénéfices industriels et commerciaux réalisés au titre de cette période, à la somme de 27 660 euros. M. B ne conteste pas que les revenus ainsi perçus par son foyer au titre de cette année étaient supérieurs au seuil lui ouvrant droit au bénéfice de l'aide personnalisée au logement en 2017.
12. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à remettre en cause le principe et la quotité de la créance d'un montant de 6 123 euros mise en recouvrement par la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017.
Sur l'opposition à contrainte émise le 31 octobre 2019 :
13. M. B forme opposition à la contrainte émise le 31 octobre 2019 par la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique pour le recouvrement de la somme de 2 470,11 euros en tant qu'elle porte sur un indu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 903,26 euros pour la période du 1er décembre 2014 au 28 février 2015.
14. Aux termes de l'article R. 351-14-1 du code de la construction et de l'habitation alors en vigueur : " Lorsque la personne ou l'un des conjoints ou concubins perçoit le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, il n'est pas tenu compte des revenus d'activité professionnelle ni des indemnités de chômage perçus par l'intéressé durant l'année civile de référence. Les droits sont examinés sur cette nouvelle base à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel ces conditions sont réunies et jusqu'au dernier jour du mois civil au cours duquel ces conditions cessent d'être réunies. "
15. Aux termes de l'article L. 351-11 du même code : " L'action pour le paiement de l'aide personnalisée au logement se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des sommes indûment payées, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration () ". Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ". Il résulte de ces dispositions que l'existence d'une fraude ou de fausses déclarations fait obstacle à l'application de la prescription biennale au profit de la prescription quinquennale de droit commun.
16. M. B a bénéficié de l'aide personnalisée au logement à compter du 6 décembre 2013 et la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique a initialement calculé ses droits à percevoir cette allocation en prenant en considération sa situation de bénéficiaire du revenu de solidarité active. Il bénéficiait à ce titre d'une mesure de neutralisation de ses ressources en application des dispositions précitées de l'article R. 351-14-1 du code de la construction et de l'habitation.
17. Dans le cadre de l'étude de son droit au revenu de solidarité active, M. B a déclaré avoir réalisé, au titre de l'année 2012, année civile de référence pour le calcul des droits à l'aide personnalisée au logement de l'année 2014, un chiffre d'affaires de 5 115 euros, et de 17 060 euros au titre de l'année 2013, année civile de référence pour le calcul des droits de l'année 2015. Il résulte par ailleurs de l'instruction et notamment des échanges avec les services fiscaux, qu'au titre des années 2012 et 2013, le foyer fiscal constitué de M. B et de sa compagne a déclaré des revenus, en 2012, respectivement de 5 115 euros de revenus professionnels non-salariés pour M. B et 26 072 euros de salaires pour sa compagne, et, en 2013, un montant de 6 455 euros de revenus professionnels non-salariés pour M. B et 25 687 euros de salaires pour sa compagne. Les droits à l'aide personnalisée au logement du couple ont alors été calculés en tenant compte d'une neutralisation des ressources de M. B jusqu'au 31 janvier 2015 du fait de la perception du revenu de solidarité active " socle ". En vertu d'une tolérance, la neutralisation des ressources de M. B a été maintenue pour le mois de février 2015 alors que le revenu de solidarité active n'était plus versé pour ce mois, compte tenu des ressources du couple. Toutefois, à l'issue du contrôle de la situation de M. B, tel qu'exposé au point 7, le contrôleur de la caisse d'allocations familiales a estimé que M. B avait minoré les revenus déclarés au titre des années 2014, 2015 et 2016 et a conclu à une fraude aux prestations sociales. Les revenus pris en compte après contrôle faisaient obstacle au versement du revenu de solidarité active depuis 2014 et à toutes les prestations perçues depuis cette date. Par une décision du 30 mars 2018, la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique a retenu la qualification de fraude s'agissant des déclarations erronées de revenus, ce qui a conduit à lever la prescription biennale prévue à l'article L. 351-11 alors en vigueur du code de la construction et de l'habitation et à recalculer les droits à aide personnalisée au logement depuis décembre 2014, faisant apparaître un indu complémentaire d'aide personnalisée au logement pour la période du 1er décembre 2014 au 28 février 2015, d'un montant de de 903,26 euros.
18. Ainsi qu'il a été dit aux points 7 à 11, si M. B conteste les montants retenus par le contrôleur de la caisse d'allocations familiales, il n'apporte pas d'élément de nature à établir le montant réel de ses revenus perçus au titre de l'année 2014, lui ouvrant droit au bénéfice du revenu de solidarité active socle. Dans ces conditions, dès lors que M. B n'avait plus droit à cette prestation pour cette année, c'est à bon droit que la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique a tenu compte, dans le calcul du droit à l'aide personnalisée au logement, de la suppression de la neutralisation des ressources dont bénéficiait antérieurement M. B du fait de la perception du revenu de solidarité active socle. Les nouvelles bases de calcul ont ainsi fait apparaître un indu de 903,26 euros pour la période du 1er décembre 2014 au 28 février 2015. Par suite, M. B qui, au demeurant, ne conteste pas la qualification de fraude retenue par la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique dans sa décision du 30 mars 2018, n'est pas fondé à remettre en cause le principe et la quotité de la créance mise en recouvrement par la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique.
19. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense par la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique, que les conclusions aux fins d'opposition aux contraintes émises le 18 janvier 2019 et le 31 octobre 2019 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer.
Sur les frais liés au litige :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'Etat ou le département de la Loire-Atlantique qui n'ont pas la qualité de partie perdante, verse à M. B et son conseil la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie en sera transmise à la caisse d'allocations familiales de la Loire-Atlantique et au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La magistrate désignée,
F. SPECHT La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2 1913737
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026