jeudi 21 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1903685 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS ALAIN BENSOUSSAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés le 8 avril 2019 et le 2 juin 2023, la société anonyme (SA) Viamedis, représentée par Me Bensoussan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de rejeter les titres de recettes visés par la trésorerie du centre hospitalier universitaire de Nantes dans la saisie à tiers détenteur n° 29105440433 du 6 mars 2019 et figurant dans le tableau de synthèse en ce qu'ils ont d'ores et déjà été réglés à la trésorerie ou n'ont jamais été transmis ou ont été annulés par le centre hospitalier universitaire de Nantes ;
2°) d'annuler une autre partie des titres de recettes visés par la trésorerie du centre hospitalier universitaire de Nantes dans la saisie à tiers détenteur n° 29105440433 du 6 mars 2019 et figurant dans le tableau de synthèse, en ce qu'ils sont non fondés ;
3°) de la décharger du paiement des sommes visées dans la notification de saisie administrative à tiers détenteur n° 29105440433 du 6 mars 2019 pour un montant total de 17 033,74 euros ;
4°) d'ordonner le remboursement des sommes qui lui ont été indûment prélevées ou correspondant à des excédents de paiement constatés ;
5°) de mettre à la charge solidaire de la trésorerie du centre hospitalier universitaire de Nantes et de ce dernier la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec intérêts au taux légal à compter de l'introduction de la requête.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les titres de recettes n° 2002224, 2002257, 2090294, 2093980, 2121847, 2133725, 2152252, 2172788, 2188556, 2188591, 2198167, 2213271, 2214382, 2228722, 2228740, 2231217, 2231531, 2231946, 2233030, 2233587, 2233591, 2237196, 2238812, 2239438, 2246274, 2246672, 2263217, 2291404, 2285164, 2285183, 2285190, 2285282, 2292389, 2434947, 2435188, 2440698, 2456253, 2456269, 2456271, 2456242 et 2456250 doivent être rejetés dès lors qu'ils ont fait l'objet d'un paiement ;
- le titre n° 2285044 doit être rejeté dès lors qu'il a été annulé par le centre hospitalier universitaire de Nantes ;
- les titres de recettes n° 2011017 et 2161117 doivent être rejetés dès lors qu'elle ne les a jamais reçus ;
- les titres de recettes n° 2091750, 2093982, 2128571, 2203956, 2234798 doivent être annulés dès lors que leurs montants ne sont pas conformes aux prises en charge consenties.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2019, la trésorerie du centre hospitalier universitaire de Nantes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la saisie administrative à tiers détenteur du 6 mars 2019 est régulière ;
- elle ne pouvait établir une main levée totale dès lors que 12 factures n'ont pas été payées ;
- elle est incompétente pour se prononcer sur le bien-fondé des titres de recettes émis par le centre hospitalier universitaire de Nantes.
La procédure a été communiquée au centre hospitalier universitaire de Nantes qui n'a pas produit de mémoire.
Par un courrier du 6 mars 2023 adressé au moyen de l'application Télérecours, la société anonyme VIAMEDIS a été invitée à produire, dans un délai de quinze jours, les titres exécutoires contestés afin de régulariser sa requête.
Par un courrier du 10 novembre 2023, les parties ont été informées, sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés, d'une part, de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions formulées par la société Viamedis et tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée aux termes de la saisie administrative à tiers détenteur (SATD) émise le 6 mars 2019 et d'autre part, du non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre les titres de recettes qui ont été rapportés en cours d'instance par le centre hospitalier universitaire de Nantes.
Par un mémoire enregistré le 17 novembre 2023, la société anonyme Viamedis a formulé des observations en réponse aux moyens susceptibles d'être relevés d'office.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 ;
- le code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baufumé, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Le Lay, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Viamedis assure, au nom d'organismes d'assurance maladie complémentaire, le bénéfice du tiers payant pour une part de dépenses non couvertes par la sécurité sociale. Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Nantes a émis à son encontre soixante titres de recettes. La trésorerie du CHU de Nantes a émis, le 6 mars 2019, une saisie administrative à tiers détenteur (SATD) en vue d'assurer le recouvrement des sommes mises à la charge de la société par ces titres de recettes pour un montant total de 17 033,74 euros. La société Viamedis demande au tribunal de la décharger du paiement de la somme visée aux termes de cette SATD pour un montant total de 17 033,74 euros, de " rejeter " certains de ces titres de recettes, d'en annuler les autres et d'ordonner le remboursement des sommes qui lui auraient été indûment prélevées ou qui correspondraient à des excédents de paiement constatés.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction résultant de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de finances rectificative pour 2017 : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / [] / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant de la même loi du 28 décembre 2017 : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / [] / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés: / [] / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".
4. Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. La demande de la société Viamedis est dirigée contre un acte de poursuite émis pour le recouvrement de créances non fiscales du centre hospitalier universitaire de Nantes et tend à la décharge de l'obligation de payer la somme réclamée. Une telle demande ressortissant au contentieux du recouvrement, c'est le juge de l'exécution qui est compétent pour en connaître, sans que puisse être remis en cause devant lui le bien-fondé de la créance. Il en résulte que les conclusions de la société Viamedis tendant à la décharge de l'obligation de payer figurant dans la SATD émise le 6 mars 2019 en vue du recouvrement forcé de la créance de 17 033,74 euros, et objet des titres exécutoires contestés, doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions à fin d'annulation et de " rejet " des titres de recettes ainsi que sur celles tendant au remboursement des sommes versées par la société Viamedis :
6. Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ". Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () ".
7. La requête présentée par la société Viamedis, qui porte non seulement sur un acte de poursuite mais également sur des titres exécutoires, n'était accompagnée d'aucun de ces titres. La requérante a donc été invitée, par une demande adressée le 6 mars 2023 au moyen de l'application Télérecours, qui a été lue le 7 mars 2023 par le conseil de la SA Viamedis, à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours. Cette demande comportait également la mention suivant laquelle, à défaut de régularisation dans le délai imparti, la requête serait considérée comme irrecevable et pourrait être rejetée à l'issue de ce délai. La société n'a toutefois produit aucun des titres exécutoires qu'elle conteste et n'a pas justifié de l'impossibilité de les produire.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des titres exécutoires ainsi que celles à titre de " rejet " des titres et celles tendant au remboursement des sommes qui auraient été indument payées par la société Viamedis doivent être rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Viamedis doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la société Viamedis aux fins de décharge de l'obligation de payer figurant aux termes de la saisie administrative à tiers détenteur du 6 mars 2019 sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamedis, au centre hospitalier universitaire de Nantes et à la direction départementale des finances publiques de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Hannoyer, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉ
La présidente,
M. BERIA-GUILLAUMIE
La greffière
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026