mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1903865 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Magistrat : Mme BAUFUME - R. 222-13 |
| Avocat requérant | BASIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire respectivement enregistrés le 10 avril 2019 et le 31 mai 2022, Mme B C, représentée par Me Basic, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 11 février 2019 du directeur général du Pôle Santé Sarthe et Loir en tant qu'elle a rejeté sa demande de révision de sa notation au titre de l'année 2005 ;
2°) d'enjoindre au Pôle Santé Sarthe et Loir de prendre une nouvelle décision portant révision de sa notation au titre de l'année 2005 ;
3°) d'enjoindre au Pôle Santé Sarthe et Loir de recalculer sa prime de service sur les trois dernières années en conformité avec la note révisée et de lui verser le reliquat correspondant ;
4°) de condamner le Pôle Santé Sarthe et Loir au paiement des entiers dépens ;
5°) de mettre à la charge du Pôle Santé Sarthe et Loir la somme de 1 500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ; sa notation au titre de l'année 2005 a été fixée en prenant en considération son absence pendant six mois en raison de son congé maternité et a, de ce fait, méconnu les dispositions de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 ainsi que les dispositions des articles 4 et 5 du décret n° 2010-1153 du 29 septembre 2010 ; le centre hospitalier n'a pas procédé à un examen approfondi de son dossier professionnel ; l'administration n'est pas tenue par l'avis de la commission de réforme ; l'illégalité de la notation au titre de l'année 2005 revêt un caractère fautif.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 mai 2019, le Pôle Santé Sarthe et Loir, représenté par Me Quinquis conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la demande de révision de Mme C est irrecevable dès lors que cette dernière a eu connaissance de sa fiche de notation dès le 5 décembre 2005, soit depuis plus de 13 ans avant la date à laquelle elle a demandé la révision de cette notation ;
- les demandes de nouveau calcul et de versement de la prime de service au titre des trois dernières années sont irrecevables ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de M. Boumendjel, rapporteur public.
1. Mme B C, titulaire du grade d'adjoint administratif, exerce ses fonctions au sein du Pôle Santé Sarthe et Loir, à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). Par courrier du 12 décembre 2018 adressé à l'établissement de santé, elle a notamment sollicité la révision de la notation qui lui avait été attribuée au titre de l'année 2005. Par décision du 11 février 2019, le directeur général du Pôle Santé Sarthe et Loir a notamment rejeté cette demande. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision du 11 février 2019 en tant qu'elle rejette sa demande de révision de sa notation au titre de l'année 2005.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par le Pôle Santé Sarthe et Loir :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". L'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration prévoit en outre que : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai./ Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. ".
3. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable.
4. La règle énoncée ci-dessus, qui a pour seul objet de borner dans le temps les conséquences de la sanction attachée au défaut de mention des voies et délais de recours, ne porte pas atteinte à la substance du droit au recours, mais tend seulement à éviter que son exercice, au-delà d'un délai raisonnable, ne mette en péril la stabilité des situations juridiques et la bonne administration de la justice, en exposant les défendeurs potentiels à des recours excessivement tardifs. Il appartient, dès lors, au juge administratif d'en faire application au litige dont il est saisi, quelle que soit la date des faits qui lui ont donné naissance.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a eu connaissance de sa notation pour l'année 2005 le 5 décembre 2005. Par suite, la demande de révision de cette notation, adressée par courrier susmentionné du 12 décembre 2018, qui doit être regardée comme un recours gracieux formé par la requérante, était tardive et n'a pas suspendu le délai de recours contentieux. Il s'en suit que la requête de l'intéressée, enregistrée au greffe du tribunal le 10 avril 2019 est tardive et, par conséquent, irrecevable. La fin de non-recevoir soulevée par le Pôle Santé Sarthe et Loir doit par conséquent être accueillie et la requête de Mme C ne peut donc qu'être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au Pôle Santé Sarthe et Loir.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
La magistrate désignée,
A. BAUFUME
La greffière
Y.BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au préfet de la Sarthe
en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Y.BOUBEKEUR
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026