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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1903923

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1903923

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1903923
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantATLANTIC JURIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 avril 2019 et des mémoires enregistrés les 15 avril 2019, 22 avril 2019 et 18 décembre 2020, Mme C E et Mme D B, représentées par Me Gouard, demandent au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire n°20501 du 25 février 2019, notifié le 5 avril 2019, émis

à leur encontre par la commune de Montréverd en vue du recouvrement de la participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC) pour un montant de 1 010 euros ;

2°) de les décharger du paiement de cette somme ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Montréverd le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- le titre exécutoire est entaché d'un vice de forme ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision viole le principe du contradictoire ;

- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la délibération du 23 octobre 2014 fixant le montant de la PFAC qui méconnait les dispositions de l'article L. 1331-7 du code de la santé publique dès lors qu'elles ne précisent pas les modalités de calcul de la participation ni ne prévoient le respect du plafond de 80% fixé par ces dispositions.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 7 décembre 2020 et le 5 mars 2021, la commune de Montréverd, représentée par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C E et Mme D B une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute de production de la décision attaquée ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A de Baleine, président ;

- les conclusions de M. Penhoat, rapporteur public ;

- les observations de Me Gouard, avocat de Mmes E et B ;

- les observations de Me Tertrais, avocat de la commune de Montréverd.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C E et Mme D B sont propriétaires des parcelles cadastrées section ZE n° 195 située à Saint-Sulpice-du-Verdon, qui fait partie depuis le 1er janvier 2016 de la commune nouvelle de Montréverd. Un permis de construire leur a été délivré le 18 mars 2016 par cette commune, pour la construction d'une maison d'habitation. Un titre exécutoire n° 20501 d'un montant de 1 010 euros a été émis par cette commune le 18 mars 2016 à leur encontre en vue du recouvrement de leur participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC). Mmes E et B demandent au tribunal d'annuler ce titre et de les décharger de la dette ainsi mise à leur charge.

Sur la fin de non -recevoir soulevée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mmes E et B ont, contrairement à ce que soutient la commune de Montréverd, joint à leur requête et dans l'application Télérecours une copie du titre de recette exécutoire attaquée. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la méconnaissance de l'article R. 412-1 du code de justice administrative opposée par la commune doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet () d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. / () ". Ainsi, tout état exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur.

5. Le titre exécutoire contesté se borne à mentionner que la somme de 1 010 euros est relative à la " PFAC ". Toutefois, il ne précise pas les modalités de calcul de cette participation au financement de l'assainissement collectif, qu'il ne désigne que par cet acronyme, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'un autre document aurait été joint à ce titre ou que les requérantes auraient été informées, précédemment à son émission, du montant de la participation dont elle allait devoir s'acquitter et des éléments de calcul de celle-ci. Par suite, les requérantes sont fondées à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation.

6. Aucun des autres moyens invoqués par les requérantes n'est de nature à justifier l'annulation du titre exécutoire litigieux.

7. Il résulte de ce qui précède que Mmes E et B sont fondées à demander l'annulation du titre exécutoire n° 20501 du 25 février 2019.

Sur les conclusions à fin de décharge :

8. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif tenant à l'irrégularité en la forme de ce titre n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse. Par suite, eu égard au motif d'annulation retenu, et après examen des autres moyens de la requête, il n'y a pas lieu de décharger la requérante de l'obligation de payer la somme de 1 010 euros, objet du titre exécutoire litigieux.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge des requérantes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les requérantes au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : Le titre de recette émis et rendu exécutoire par le maire de Montréverd le 25 février 2019 est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Montréverd au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, à Mme D B et à la commune de Montréverd.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. A de Baleine, président,

M. Huin, premier conseiller,

Mme Milin, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

Le rapporteur,

A. A DE BALEINE

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

F. HUIN

La greffière,

J. DIONIS

La République mande et ordonne

au préfet de la Vendée

en ce qui le concerne

ou à tous commissaires de justice à ce

requis en ce qui concerne les voies de droit commun

contre les parties privées, de pourvoir

à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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