vendredi 16 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1905619 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL SAVARIN AVOCAT FISCALISTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête des mémoires, enregistrés le 27 mai 2019, le 29 avril 2020, M. et Mme C B, représenté par Me Savarin, demandent au tribunal :
1°) prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 14 473 euros mise à leur charge par l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 18 novembre 2016 en vue du recouvrement du reliquat des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dont ils sont redevables au titre des années 2010, 2011 et 2012 ;
2°) d'ordonner, au besoin, la restitution des sommes perçues par l'administration ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la prescription de l'action en recouvrement n'a pas été interrompue en raison de l'absence de notification régulière de la mise en demeure de payer du 18 novembre 2016 ;
- le versement d'un acompte ne constitue pas une reconnaissance de dette valant acte interruptif de prescription, ni la conclusion d'un échéancier de paiement d'une créance fiscale.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 11 juillet 2019 et le 10 juin 2020, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une vérification de comptabilité de l'activité exercée à titre personnel par M. B portant sur les exercices clos en 2010, 2011 et 2012, l'administration fiscale a mis en recouvrement au cours du mois de novembre 2014 des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mises à la charge de M. B et de son épouse au titre de ces années à hauteur de la somme totale de 27 963 euros. En vue du recouvrement de ces sommes, l'administration fiscale a mis en demeure M. et Mme B, le 7 juillet 2014 et le 6 octobre 2014, de payer d'une part, la somme de 28 223 euros correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2010 à 2012, en droits et en pénalités d'autre part, la somme de 2 537 euros correspondant aux cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux en droits et en pénalités au titre de la même période. Les contribuables se sont acquittés, selon un calendrier de règlements établi entre eux et le Trésor le 17 avril 2015, d'une somme de 13 750 euros en plusieurs versements entre mai 2015 et juillet 2016. Dans l'incapacité de s'acquitter de la totalité de leur dette, malgré l'adoption d'un échéancier de règlement, les contribuables ont été mis en demeure de payer le solde de celle-ci arrêté à 14 473 euros le 15 novembre 2016. Cette mise en demeure étant demeurée infructueuse, M. et Mme B s'étant acquittés d'une seule somme de 1 250 euros, le comptable public du pôle de recouvrement spécialisé de Loire-Atlantique a effectué à leur encontre une saisie administrative à tiers détenteur auprès de l'employeur de Mme B, cet acte de poursuite étant notifié aux intéressés le 21 février 2019, afin de recouvrir la somme de 15 008 euros correspondant aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2010 à 2012 restant dues. L'opposition à poursuites formée par M. et Mme B le 15 mars 2019 a été rejetée par décision de la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique du 26 mars 2019. Par la présente requête, M. et Mme B doivent être regardés comme demandant au tribunal la décharge de l'obligation de payer la somme de 14 473 euros mise à leur charge par l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 18 novembre 2016 précité.
Sur les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer :
2. Aux termes de l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, dans sa version applicable au litige : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable. (). ". D'autre part, aux termes de l'article L. 257-O A du même livre, dans sa version applicable au litige : " () 3. La mise en demeure de payer interrompt la prescription de l'action en recouvrement. Elle peut être contestée dans les conditions prévues à l'article L. 281. (). ".
3. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a mis en recouvrement les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu à hauteur de 25 657 euros au titre des années 2010 à 2012 par voie de rôles du 30 avril 2014, notifiés le 3 mai 2014. Elle a, par ailleurs, mis en recouvrement les cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux à hauteur de 2 306 euros au titre de ces mêmes années par voie du rôle du 31 juillet 2014, notifié le 2 août 2014. En outre, l'administration fiscale a notifié aux requérants deux mises en demeure, datées du 15 novembre 2016, l'une de payer la somme de 14 473 euros correspondant aux soldes des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2010 à 2012, l'autre de payer la somme de 2 537 euros correspondant aux cotisations supplémentaires de prélèvements sociaux au titre de ces mêmes années et restant dues.
4. Il résulte également de l'instruction que les contribuables et l'administration fiscale ont conclu un plan de règlement le 17 avril 2015, qui contrairement à ce que soutiennent M. et Mme B, portait effectivement sur les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux et non sur les seuls rappels de taxe sur la valeur ajoutée. Ce plan prévoyait 9 versements de 3 000 euros entre le 24 mai et le 25 décembre 2015 et un versement libératoire de 3 760 euros en janvier 2016 pour atteindre la somme totale de 30 760 euros, correspondant au montant des cotisations supplémentaires litigieuses augmenté d'une majoration. La conclusion de ce plan constitue, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme B un acte de reconnaissance de la dette qui a interrompu la prescription prévue par l'article L. 274 du livre des procédures fiscales. En outre, il est constant que les requérants se sont acquittés de versements, notamment le 13 mai 2015, à hauteur de 3 000 euros, d'un acompte en vue de l'apurement de leur dette, lesquels versements valent également reconnaissance de l'existence de la dette fiscale litigieuse et étant, ainsi, interruptifs de prescription. Enfin, l'administration fait valoir sans être contredite que ce plan de règlement n'a pas été respecté dès lors que le second versement, initialement prévu le 24 juin 2015 n'a eu lieu que le 30 septembre 2015, cette circonstance étant de nature à faire courir de nouveau le délai de prescription. Il résulte de ce qui précède que tant la conclusion du plan d'apurement que le versement d'un acompte en exécution de celui-ci constituent des actes de reconnaissance interruptif de prescription. En conséquence, et à supposer même que, comme M. et Mme B l'affirment, la mise en demeure du 15 novembre 2016 relative à leur dette en matière d'impôt sur le revenu ne leur aurait pas été régulièrement notifiée, ce qui priverait d'effet interruptif de la prescription de l'action recouvrement cet acte de poursuite, le délai de prescription de cette action, qui aurait expiré dans cette hypothèse le 25 juin 2019, n'était pas échu au 19 février 2019, date d'émission de l'avis de saisie à tiers détenteur en litige.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer présentées par M. et Mme B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de restitution :
6. Il résulte de ce qui a été dit au point 5 ci-dessus que les requérants n'étant pas fondés à demander à être déchargés de l'obligation de payer de 14 473 euros prévue par la saisie administrative à tiers détenteur du 18 novembre 2016, ils ne sauraient demander la restitution des sommes versées en vue du recouvrement de leur dette fiscale.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. et Mme B la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C B et à la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire et du département de la Loire-Atlantique.
Délibéré après l'audience du 25 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
Mme Rosemberg, première conseillère,
M. Huin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026