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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1906384

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1906384

mercredi 24 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1906384
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCHEVALIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés respectivement le 13 juin 2019 et le 2 décembre 2020, le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) de La Haute Roue, M. C D et M. C B, représentés par Me Chevalier, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner solidairement l'Etat, l'Agence de services et de paiement (ASP) et la région Pays de la Loire à verser au GAEC de La Haute Roue une indemnité d'un montant total de 20 809,93 euros, assortie des intérêts moratoires, à raison des préjudices résultant du retard de versement des aides à la conversion à l'agriculture biologique au titre des campagnes 2016, 2017 et 2018 ;

2°) de condamner solidairement l'Etat, l'agence de services et de paiement (ASP) et la région Pays de la Loire à verser à M. C D et à M. C B une indemnité d'un montant total de 30 000 euros chacun, assortie des intérêts moratoires, à raison des préjudices résultant du retard de versement des aides à la conversion à l'agriculture biologique au titre des campagnes 2016, 2017 et 2018 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, l'agence de services et de paiement (ASP) et la région Pays de la Loire la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- créé en 1973, le GAEC exerce depuis quarante ans une activité de polyculture et d'élevage ; l'ensemble des surfaces déclarées au titre des aides à l'agriculture biologique respecte le cahier des charges relatif à ce type d'agriculture et, à ce titre, il est éligible aux dispositifs d'aides à l'agriculture biologique ; c'est ainsi qu'il s'est vu accorder une aide par une décision d'engagement du 8 février 2018, puis, par une seconde décision du 13 décembre 2018 ;

- le traitement des dossiers d'aides à la conversion à l'agriculture biologique et à son maintien a, toutefois, été compliqué par la régionalisation du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) par la loi du 27 janvier 2014 qui a transféré aux régions la gestion des aides relevant de ce fonds, l'instruction des demandes continuant cependant d'être assurée par les directions départementales des territoires et le paiement étant effectué par l'Agence de services et de paiement ; en vue de pallier cet enchevêtrement de compétences, l'Etat a mis en place un système dit des apports de trésorerie remboursables (ATR) dans le cadre juridique européen des aides de minimis ; cependant, les ATR étant plafonnées, elles ne couvrent pour certains agriculteurs que très partiellement les montants d'aides agricoles dus ;

- la responsabilité de l'Etat, de l'ASP, en charge de l'instruction et du paiement des aides, et de la région Pays de la Loire, en tant qu'autorité gestionnaire des aides du second pilier, est solidairement engagée à raison du retard de versement de plus de deux ans des aides à la conversion à l'agriculture biologique qui lui étaient dues au titre des campagnes 2016, 2017 et 2018 ;

- il résulte des dispositions de l'article 75 du règlement n° 1306/3013 du 17 décembre 2013, de l'article 29 du règlement n° 1305/2013 du 17 décembre 2013 et de l'article D. 341-8 du code rural et de la pêche maritime que l'Etat et la région avaient l'obligation d'instruire et de verser annuellement les aides dues aux agriculteurs et de procéder au versement de ces aides, au plus tard, le 30 juin de l'année suivante celle au titre de laquelle ces aides étaient dues ; l'Etat et la région s'étaient en outre engagés, par le biais d'une décision valant " engagement juridique " créant des droits au profit du GAEC, à instruire et à verser ces aides annuellement ; en tout état de cause, les autorités compétentes sont tenues de statuer sur les demandes d'aides agricoles qui leur sont adressées, dans un délai raisonnable en application du principe de sécurité juridique et de confiance légitime et du préambule du règlement précité du 17 décembre 2013 ;

- le ministre de l'agriculture a lui-même admis en février 2019 lors du salon international de l'agriculture, " une défaillance de l'Etat français et de l'ASP dans la gestion des aides à l'agriculture biologique ", et le 4 juin 2019 devant la commission des finances de l'assemblée nationale, une défaillance " d'un système informatique qui a mal fonctionné " allant jusqu'à s'interroger sur le point de savoir si " on peut appeler ça une faillite de l'Etat, en tout cas c'est un vrai problème " ; le ministre a également reconnu la responsabilité de l'Etat le 21 novembre 2018 devant la commission des affaires économiques du sénat ainsi que lors de l'émission " Politiques à table ! " diffusée le 24 octobre 2019 ; ces dysfonctionnements ont également été dénoncés par la Cour des comptes dans son rapport sur la chaine de paiement des aides agricoles ;

- la responsabilité de la région résulte des dispositions de l'article 2 du décret n° 2015-445 du 16 avril 2015 selon lesquelles l'instruction des demandes d'aides était assurée " sous l'autorité fonctionnelle de l'autorité de gestion " et de l'article 66 du règlement n° 1305/2013 du 17 décembre 2013 qui prévoit expressément que " l'autorité de gestion est responsable de la gestion et de la mise en œuvre efficaces, effectives et correctes du programme " ;

- l'Etat et l'ASP ont commis une faute en leur communiquant des informations erronées quant aux délais de paiement et en leur faisant la promesse de versement d'aides chaque année, ce qui constitue une atteinte au principe de confiance légitime ;

- le GAEC a subi un préjudice financier résultant des frais bancaires de deux prêts bancaires qu'il a dû souscrire pour pallier le défaut de versement des aides dont les intérêts débiteurs s'élèvent à la somme de 809,93 euros ; ce défaut de versement des aides a en outre privé le GAEC de toute capacité d'investissement et de développement et généré un manque à gagner de 20 000 euros ;

- le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence subis par M. D et M. B doivent être évalués à la somme de 30 000 euros chacun.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mars 2020, la région des Pays de la Loire conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants, en tant qu'ils sont dirigés contre la région, ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 juillet 2020, l'Agence de services et de paiement (ASP) conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2020, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 31 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 février 2022.

Vu :

- l'ordonnance du juge des référés n°1901983 du 14 juin 2019 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 1305/2013 du parlement européen et du conseil du 17 décembre 2013 relatif au soutien au développement rural par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) ;

- le règlement (UE) n° 1306/2013 du parlement européen et du conseil du 17 décembre 2013 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune ;

- le règlement (UE) n° 2017/2393 du parlement européen et du conseil du 13 décembre 2017 modifiant notamment les règlements (UE) nos 1305/2013 relatif au soutien au développement rural par le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader), (UE) nos 1306/2013 relatif au financement, à la gestion et au suivi de la politique agricole commune ;

- le décret du 16 juillet 2015 relatif à un apport de trésorerie remboursable au bénéfice des agriculteurs ;

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Gave, rapporteur public ;

- les observations de Me Chevalier pour le GAEC de la Haute Roue, M. D et M. B,

- et les observations de M. E, représentant du Conseil régional des Pays de la Loire.

Considérant ce qui suit :

1. Le GAEC de la Haute-Roue dont MM. D et B sont membres, est exploitant agricole à Mauges-sur-Loire (Maine-et-Loire). Il a obtenu notamment, à partir de 2015, une aide européenne pour la conversion à l'agriculture biologique de 177 hectares (ha) et, à partir de 2017, une aide au maintien de l'agriculture biologique sur un ensemble de parcelles représentant 137 ha, l'ensemble des surfaces déclarées au titre de ces aides à l'agriculture biologique devant être exploitées dans le strict respect du cahier des charges y afférent. Au titre des campagnes 2016, 2017 et 2018, le GAEC de la Haute Roue a demandé le versement non seulement de ces aides à l'agriculture biologique (conversion et maintien) mais aussi celui des aides découplées et des aides couplées végétales et animales auxquelles il pouvait prétendre. Toutefois, le traitement des dossiers d'aides à la conversion à l'agriculture biologique et à son maintien a été compliqué et retardé par plusieurs facteurs, la révision complète du système de gestion et de contrôle des aides imposée par la Commission européenne, la réforme des aides de la politique agricole commune (PAC), la régionalisation du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) issue de la loi n°2014-58 du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation qui a transféré aux régions la gestion des aides relevant de ce fonds, l'instruction des demandes continuant d'être assurée par les directions départementales des territoires et le paiement des aides par l'Agence de services et de paiement (ASP), établissement public administratif. Par des courriers du 6 mars et du 5 juin 2019, Le GAEC de la Haute Roue et MM. D et B ont demandé, respectivement, au ministre de l'agriculture et de l'alimentation, à la région Pays de la Loire et à l'ASP le paiement d'une somme de 58 683,26 euros au GAEC de la Haute Roue, de 30 000 euros à M. D et de 30 000 euros à M. B. Ces demandes ont été rejetées, par décisions implicites du ministre et de la région, et par décision expresse de l'ASP du 19 juillet 2019. A la suite du rejet de ces réclamations préalables, les requérants, sollicitent la condamnation solidaire, sur le fondement de leur responsabilité pour faute, de l'Etat, de l'ASP et de la région Pays de la Loire à les indemniser, à hauteur de 20 809,93 euros en ce qui concerne le GAEC et de 30 000 euros chacun en ce qui concerne ses deux associés, des préjudices qu'ils estiment avoir subis, consécutivement aux retards de paiement des aides à la conversion et au maintien de l'agriculture biologique au titre des années 2016 à 2018.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. En premier lieu, le GAEC de la Haute Roue, M. D et M. B font valoir que le retard de versement des aides à l'agriculture biologique au titre des campagnes 2016, 2017 et 2018 présente un caractère fautif et a causé au GAEC un préjudice financier d'un montant total de 20 809,93 euros, décomposé entre, d'une part, la somme de 809,93 euros au titre des frais et intérêts bancaires générés notamment par la souscription de deux prêts pour faire face aux problèmes de trésorerie causés par les retards de paiement allégués et, d'autre part, la somme de 20 000 euros au titre de son manque à gagner lié à l'absence de toute capacité d'investissement et de développement provoquée par ces retards qui l'ont notamment conduit à devoir reporter l'achat d'un cornadis pour vaches laitières programmé en 2015, la construction d'un bâtiment de stockage et de stabulation équipé de panneaux photovoltaïques, renoncer à la réparation et au remplacement du système de traite programmé en 2018, au remplacement du système d'abreuvement des volailles pour chacun de ses quatre bâtiments et renoncer encore au remplacement d'un véhicule d'exploitation.

3. Il résulte de l'instruction que le GAEC de la Haute Roue, a, dans le cadre de sa démarche de conversion à l'agriculture biologique à compter de la campagne 2015, déposé chaque année une demande d'aide. Si la chaîne de paiement des aides agricoles a connu une gestion défaillante, les bénéficiaires de la politique agricole commune ayant été victimes de retards de paiement, ceux-ci ont cependant été atténués par la mise en place, par l'Etat, des apports de trésorerie remboursables (ATR). Ainsi, par décisions du 3 mai 2016, du 30 mars 2017 et du 16 octobre 2017, l'ASP a versé au GAEC de la Haute Roue des ATR d'un montant, s'agissant des aides à l'agriculture biologique, de 16 000 euros, au titre de la campagne 2015, de 28 814,88 euros, au titre de la campagne 2016, et de 20 046,08 euros au titre de la campagne 2017. De plus, les aides litigieuses dues au titre des campagnes 2015, 2016, 2017 et 2018 ont été entièrement versées au requérant respectivement les 28 mars 2018, 11 mars 2019, 1er mars 2019 et 11 avril 2019, s'agissant des aides à la conversion à l'agriculture biologique, et les 21 mars 2019 et 3 mai 2019, s'agissant des aides au maintien de l'agriculture biologique après que les services déconcentrés de l'État et l'ASP ont eu procédé au contrôle administratif de leurs conditions d'admissibilité, conformément à l'article 59 du règlement UE 1306/2013 du 17 décembre 2013, les montants totaux d'aides à l'agriculture biologique attribués au GAEC pour ces quatre campagnes étant, respectivement, de 39 685,40 euros, de 37 342,80 euros, de 25 985,50 euros et de 29 943, 10 euros. Enfin, le GAEC a par ailleurs bénéficié au titre des autres aides de la politique agricole commune de versements d'un montant total de 241 641,23 euros au titre des campagnes 2016, 2017 et 2018. Ainsi, il résulte de l'instruction que l'ensemble des aides dont avait demandé à bénéficier le GAEC de La Haute Roue ont été payées. Celles de la campagne 2018 l'ont été dans le délai défini à l'article 75 du règlement du 17 décembre 2013, soit avant le 30 juin de l'année suivant la campagne concernée, lequel délai ne s'applique pas, au demeurant, aux aides à l'agriculture biologique. Si celles des campagnes antérieures l'ont été avec un retard allant de 2 ans 9 mois à 1 an 8 mois par rapport à ce délai indicatif, le GAEC a bénéficié, comme il a été dit, de plusieurs ATR, dont les montants ont été rappelés ci-dessus, en temps utile.

4. D'une part, au soutien du préjudice allégué au titre des frais et intérêts bancaires générés par la souscription deux prêts à court terme d'un montant de 40 000 et 35 000 euros, non versés au dossier, pour faire face aux retards de paiement des aides à l'agriculture biologique au titre des campagnes 2016 à 2018, le GAEC de la Haute Roue produit des relevés de frais bancaires portant sur la facturation de l'ensemble des produits et services utilisés ou souscrits pour la gestion quotidienne du compte au titre des année 2016, 2017 et 2018 faisant état, sans autres précisions, de " csca professionnels et agriculture ", " carte business ", " commission d'engagement sur Occc " et " intérêts débiteurs " pour un montant total de 809,93 euros. Toutefois, ces seuls documents ne sauraient établir que le GAEC aurait été en l'espèce contraint de souscrire deux prêts à court terme afin de faire face aux retards de paiement des seules aides à l'agriculture biologique, ni que les frais et intérêts bancaires dont il est fait état trouveraient leur cause directe et certaine dans le retard de versement allégué, et alors qu'au demeurant le GAEC de la Haute Roue a bénéficié en temps utile d'avances de trésorerie et d'autres aides agricoles à hauteur des montants mentionnés au point 3.

5. D'autre part, si le GAEC de la Haute Roue soutient que les retards de paiement " l'ont privé de toute capacité d'investissement et de développement ", les pièces qu'il produit ne permettent pas d'établir la réalité de ces préjudices, ni aucune circonstance particulière permettant de faire regarder ce préjudice comme direct et certain, alors même qu'il ne soutient pas avoir fait construire le bâtiment de stabulation ou acquis le cornadis pour vaches laitières, remplacé les systèmes de traite, d'abreuvement des volailles ou le véhicule d'exploitation, de sorte que la réalité de ces projets d'investissement n'est nullement démontrée. Dans ces conditions, en l'absence de toute pièce probante, il n'établit pas que le retard de versement allégué des seules aides à l'agriculture biologique au titre des années 2016 à 2018, l'aurait en l'espèce privé de toute capacité d'investissement et de développement et aurait ainsi généré le manque à gagner dont il se prévaut à hauteur de 20 000 euros.

6. En second lieu, M. D et M. B font valoir que les retards de versement des aides à l'agriculture biologique leur ont causé un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence qui doivent être évalués à la somme de 30 000 euros chacun en raison notamment de l'incertitude complète dans laquelle ils se sont trouvés placés quant aux dates de versement des aides et aux difficultés financières qui en ont résulté. Toutefois, en l'absence de tout commencement de preuve, il ne résulte pas de l'instruction que les retards de versement des aides à l'agriculture biologique auraient généré le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence allégués par M. D et M. B.

7. Il résulte de ce qui précède qu'alors même que la responsabilité pour faute de l'Etat, de la région des Pays de la Loire et de l'ASP serait engagée à raison des retards de versement des aides à l'agriculture biologique, les conclusions indemnitaires présentées par le GAEC de la Haute Roue et MM. D et B doivent être rejetées, du fait de l'absence de lien de causalité direct et certain entre ces retards et les préjudices alllégués.

Sur les frais liés au litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, de l'ASP et de la région Pays de la Loire qui ne sont pas les parties perdantes, au titre des frais exposés par le GAEC de la Haute Roue, M. D et M. B et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête du GAEC de la Haute Roue, M. D et M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au GAEC de La Haute Roue, à M. C D et M. C B, au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, à l'Agence de services et de paiement et à la région Pays-de-la-Loire.

Délibéré après l'audience du 9 juin 2022, à laquelle siégeaient :

M. Martin, président,

M. Labouysse, premier conseiller,

Mme Caro, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 24 août 2022.

La rapporteure,

N. A

Le président,

L. MARTIN

La greffière,

V. MALINGRE

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

V. Malingre

No 1906384

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