mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1906697 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | ROBERT |
Vu la procédure suivante :
E une requête et des mémoires enregistrés les 20 juin 2019, 22 janvier 2020, 5 juin 2020, 18 janvier 2021, 22 juin 2021, Mme D B et la société Assurances du crédit mutuel, représentées E la société Acta-Juris, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner Nantes métropole à les indemniser des préjudices consécutifs à un accident de la circulation de Mme B survenu le 22 juin 2015, au croisement de la rue Guilbaud et du boulevard Pasteur à Nantes, à hauteur d'une somme de 71 365,56 euros ;
2°) de surseoir à statuer, s'il y a lieu, dans l'attente d'une décision définitive à intervenir E devant les juridictions pour l'indemnisation du préjudice de M. C ;
3°) en tout état de cause, de condamner Nantes métropole à les garantir de l'ensemble des sommes qu'elles pourraient être condamnées à verser à M. C ;
4°) de mettre à la charge de Nantes métropole une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- le 22 juin 2015, alors que Mme B circulait en voiture à l'intersection entre la rue Guilbaud et du boulevard Pasteur à Nantes, son véhicule a été percuté à l'avant-gauche E un scootériste, M. C, qui circulait sur la piste cyclable, sur laquelle elle avait dû s'avancer en raison d'un manque de visibilité ; le scootériste a été blessé et les deux véhicules en cause ont été endommagés au point d'être inutilisables ;
- E un acte du 4 janvier 2019, le scootériste les a assignées, ainsi que la caisse primaire d'assurance maladie, devant le tribunal de grande instance de Nantes aux fins d'indemnisation à hauteur de 85 328 euros ;
- la responsabilité sans faute de Nantes métropole est engagée à raison de l'absence de signalisation d'une intersection dangereuse et du manque de visibilité à gauche compte tenu de la présence d'arbres ;
- la responsabilité pour faute de Nantes métropole est engagée au regard du défaut de mise en œuvre des ouvrages nécessaires à la protection et à la sécurité des usagers de la route, compte tenu de l'implantation des places de stationnement à l'intersection entre les deux rues et de l'implantation du panneau signalant le stop :
- les préjudices de Mme B se décomposent comme suit : 60 862 euros fixés à titre de dédommagement à M. C E le jugement du 10 novembre 2020 du tribunal judiciaire de Nantes, 2 400 euros de frais d'expertise et de dépens, 2 103,16 euros correspondant à la perte du véhicule de Mme B et 6 000 euros de frais de procédure devant le tribunal de grande instance de Nantes.
E des mémoires en défense enregistrés les 13 août 2019, 10 février 2020, 6 novembre 2020 et 3 février 2021, Nantes métropole, représentée E la SCP d'avocats Normand et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérantes le versement d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- la configuration des lieux ne souffre d'aucun défaut d'aménagement ; si une camionnette stationnée sur le boulevard Pasteur a pu gêner Mme B, ce véhicule était mal garé ;
- l'accident est imputable aux fautes de conduite de Mme B et du scootériste ;
- les préjudices relevés E la juridiction judiciaire ne lui sont pas opposables dès lors qu'elle n'a pas été attraite à l'instance devant le juge civil.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin, rapporteure,
- les conclusions de M. Sarda, rapporteur public,
- les observations de Me Gaschar, avocat des requérantes, et celles de Me Le Conte des Floris, avocate de Nantes métropole.
Considérant ce qui suit :
1. Le 22 juin 2015, vers 7 heures 15, le véhicule de Mme B, qui se trouvait, à Nantes, à l'intersection de la rue Guilbaud et du boulevard Pasteur et qui se trouvait engagé dans une manœuvre de " tourne-à-gauche " dans ce boulevard, a été heurté à l'avant-gauche E un scootériste venant de la gauche qui circulait le long de la piste cyclable du boulevard Pasteur. L'accident a entraîné des dommages corporels chez le conducteur du scooter ainsi que des dommages matériels sur les deux véhicules impliqués, les rendant inutilisables. Après une proposition d'indemnisation amiable des Assurances du crédit mutuel (ACM), assureur de Mme B, refusée E le conducteur du scooter, celui-ci a assigné Mme B, son assureur et la caisse primaire d'assurance maladie devant le tribunal de grande instance du Nantes aux fins d'indemnisation de ses préjudices consécutifs à cet accident. E un courrier du 19 mars 2019, Mme B et les ACM ont demandé à Nantes métropole de les garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à leur encontre E la juridiction civile. Nantes métropole a implicitement refusé de faire droit à cette demande. Les requérantes demandent au tribunal de condamner Nantes métropole à les indemniser des préjudices résultant de l'accident de circulation survenu le 22 juin 2015 sur la voie publique. En cours d'instance, E un jugement du 10 novembre 2020, le tribunal judiciaire a condamné Mme B à verser au conducteur du scooter une somme de 60 862,40 euros et l'a condamnée au paiement des dépens à hauteur de 2 400 euros. Mme B a relevé appel de ce jugement.
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu sur une voie publique, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de l'ouvrage public doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. Il résulte de l'instruction que l'accident du 22 juin 2015 est consécutif à la présence, sur environ 1,50 mètre, du véhicule de Mme B sur le boulevard Pasteur, faisant ainsi obstacle au scooter, lequel arrivait E la gauche et dont la vitesse de circulation excessive, si elle n'est pas à l'origine de l'accident, a accentué la violence du choc et les conséquences dommageables de celui-ci. Si Mme B impute la présence indue de son véhicule sur le boulevard Pasteur à une faible visibilité sur les deux côtés de cette voie, nécessitant une manœuvre de " tourne-à-gauche " progressive afin de s'assurer de l'absence de véhicules engagés sur le boulevard Pasteur, il résulte de l'instruction que l'intersection entre les deux voies est équipée d'un panneau " stop " à l'attention des usagers de la rue Guilbaud souhaitant s'engager sur le boulevard Pasteur, que la chaussée à deux voies de ce boulevard rectiligne présente une largeur de 8,10 m et est équipée d'une bande cyclable de 1,50 m de large, qu'à gauche de cette intersection, sur une dizaine de mètres, le boulevard Pasteur est dépourvu de places de stationnement et que les platanes plantés à intervalles réguliers ne sont pas de nature, compte tenu de leurs caractéristiques, à obstruer la vue sur les véhicules, même les plus légers, venant de la gauche et enfin qu'à droite de l'intersection, si des places de stationnement en épi sont organisées à proximité du croisement, la présence de véhicules correctement garés sur ces stationnements n'est pas susceptible d'amoindrir la visibilité sur les véhicules venant de la droite sur le boulevard Pasteur, pas davantage que la présence du panneau " stop " susmentionné. E ailleurs, il n'est pas établi, compte tenu de la configuration de l'intersection, telle qu'elle est décrite ci-dessus, qu'en s'abstenant d'équiper le croisement d'un miroir ou d'un feu tricolore, Nantes métropole aurait commis une faute, dans l'exercice de ses pouvoirs de police, la collectivité faisant en outre valoir l'absence d'accident, à l'exception de celui du 22 juin 2015, à cette intersection, et de signalement de la dangerosité alléguée du croisement E des usagers de la voie publique, croisement au demeurant bien connu de Mme B, qui emprunte ce trajet pour se rendre sur son lieu de travail.
4. E suite, l'aménagement de l'intersection de la rue Guilbaud et du boulevard Pasteur tel qu'il a été décrit ci-dessus ne saurait être regardé ni comme constitutif d'un défaut d'entretien de l'ouvrage public engageant la responsabilité de Nantes métropole ni comme révélant l'inexécution E Nantes métropole de l'ensemble des obligations qui lui incombe en qualité d'autorité de police responsable de la sûreté et de la commodité du passage sur la voie. E suite, les requérantes ne sauraient rechercher la responsabilité de Nantes métropole.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B et des ACM doivent être rejetées.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à que soit mise à la charge de Nantes métropole, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme demandée E les requérantes sur le fondement de ces dispositions. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérantes la somme demandée E Nantes métropole au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B et de la société Assurances du crédit mutuel est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées E Nantes métropole sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, à la société Assurances du crédit mutuel et à Nantes métropole.
Une copie du jugement sera communiquée à M. C.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. A de Baleine, président,
Mme Thomas, première conseillère,
Mme Milin, première conseillère.
Rendu public E mise à disposition au greffe le 8 novembre 2022.
La rapporteure,
C. MILIN
Le président,
A. A DE BALEINELa greffière,
J. DIONIS
La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026