mercredi 27 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1907287 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LE GUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 4 juillet 2019 et les 12 février et
4 juin 2021, l'Office public de l'habitat de Vendée (ci-après " OPH ") et la société SMABTP, représentés par Me Le Gué, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures:
1°) de juger les locateurs d'ouvrage requis, à savoir la société Boutet Pourrier Chervier, es qualité d'architecte et mandataire, la société Settec, es qualité de bureau d'études techniques (BET), cotraitant de la maitrise d'œuvre, la société Maret, es qualité d'économiste, cotraitant de la maitrise d'œuvre, la société Socotec, au droit de laquelle vient la société Socotec construction es qualité de contrôleur technique, la société BGCV, titulaire du lot " gros œuvre ", la société Lilian Michon, titulaire du lot " cloisons ", la société Secom Alu, titulaire du lot " menuiseries alu et murs rideaux ", la société Perrin Raymond, titulaire du lot " menuiseries intérieures et parquets ", responsables de plein de droit, par présomption de responsabilité, de l'ensemble des désordres déclarés par l'OPH, dommages pour lesquels la SMABTP a et sera amenée à opérer un préfinancement pour les travaux de reprise, préfinancement qui n'a nullement pour objet de rester définitivement à la charge de l'assureur dommages ouvrage, au titre des dommages déclarés les 17 décembre 2013 et 10 mai 2019 ;
2°) de condamner in solidum ces locateurs d'ouvrage à rembourser à la SMABTP, prise en sa qualité d'assureur dommages ouvrage subrogée dans les droits de l'OPH, la somme de
44 491,89 € et l'ensemble des frais, notamment d'investigations, qu'elle a été contrainte d'engager dans le cadre de l'instruction contractuelle des dommages déclarés, d'une part, et en tout état de cause de relever et garantir indemne la SMABTP prise en sa qualité d'assureur dommages ouvrage de toute somme qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement, et ce sur simple justificatif de règlement au profit de l'OPH d'autre part, au titre de l'ensemble des désordres ayant affecté et affectant le bâtiment à usage de bureau dénommé " Les Bazinières " sis à la ZAC " les Petites Bazinières ", objet des déclarations de sinistre des 17 décembre 2013 et 10 mai 2019 ;
3°) de condamner in solidum ces locateurs d'ouvrage à payer à l'OPH la somme de
100 000 euros, sauf à parfaire, au titre des désordres objet de ses déclarations de sinistre des
17 décembre 2013 et 10 mai 2019 au titre de l'ensemble des désordres ayant affecté et affectant le bâtiment à usage de bureau dénommé " Les Bazinières " sis à la ZAC " les Petites Bazinières ", et notamment au titre du dommage n°14 : " Fléchissement d'une partie de l'immeuble en encorbellement ", objet de la déclaration de sinistre du 17 décembre 2013 ;
4°) de surseoir à statuer sur les demandes portant réparation et indemnisation du dommage n°14 : " Fléchissement d'une partie de l'immeuble en encorbellement ", objet de la déclaration de sinistre du 17 décembre 2013 ;
5°) de mettre à la charge des parties requises le versement de la somme de 4 000 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le tribunal administratif est compétent pour statuer sur la requête ;
- la requête est recevable ;
- l'OPH est fondé à engager la responsabilité des défendeurs sur le fondement de la garantie décennale des constructeurs ;
- l'OPH maintient toutes ses demandes de condamnations au titre des désordres, objet de ses déclarations de sinistre en dates des 17 décembre 2013 et 9 mai 2019, à l'égard des constructeurs visés par la requête et pour lesquels il a valablement interrompu à l'égard de toutes les parties requises le délai d'action en garantie décennale, non indemnisés par la SMABTP et qu'il évalue à la somme de 100 000 euros, à parfaire ;
- la SMABTP est recevable et bien fondée, par application conjuguée des articles
L. 124.3, L. 241.1, L. 241.2, L. 242.1 al.2 et L. 121.12 du code des assurances, ainsi que des articles 1147 et 1792 et suivants du code civil et L. 111.24 du code de la construction et de l'habitation, à titre subsidiaire, par application des articles 1382 et suivants du code civil, à exercer son action subrogatoire contre les intervenants responsables des dommages allégués afin d'en obtenir la condamnation in solidum à lui rembourser, en sa qualité d'assureur dommages ouvrage, la somme de 44.491,89 €, et l'ensemble des frais, notamment d'investigations, qu'elle a été contrainte d'engager dans le cadre de l'instruction contractuelle des dommages déclarés ; la SMABTP demande, en outre, à être relevée et garantie indemne de toute somme qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement, sur simple justificatif de règlement au profit de l'OPH ;
S'agissant des désordres n°1, 2, 3, 4 et 10 de la déclaration de sinistre du 17 décembre 2013 pour lesquels une indemnité de 37 209,41 euros à a été versée à l'OPH :
- le désordre n°1 d'infiltration dans l'atrium résulte de deux causes distinctes : un défaut d'étanchéité de la menuiserie et une fissuration d'édicule en maçonnerie, qui sont imputables aux sociétés Boutet Pourrier Chervier, Settec, Maret, SOCOTEC, Secom Alu et BGCV ;
- le désordre n°2 de détérioration du parquet de deux bureaux par l'humidité trouve son origine dans deux causes distinctes : une infiltration par jonction d'éléments BA préfabriqués et un défaut d'étanchéité de la menuiserie des bureaux qui sont imputables aux sociétés Boutet Pourrier Chervier, Settec, Maret, SOCOTEC et BGCV ;
- Les désordres n°3 de passages d'air entre les garages et la salle de réunion, qui trouve son origine dans la mauvaise réalisation du joint de dilatation, le désordre n°4 qui trouve trouve sa cause dans un incident d'exécution d'une poutre en relevé, dont la hauteur est insuffisante du joint de dilatation et le désordre n°10 d'ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher résulte de l'absence de supportage de la tresse coupe-feu, sont imputables aux sociétés Boutet Pourrier Chervier, Settec, Maret, SOCOTEC et BGCV ;
S'agissant des désordres n° 3, 7 et 8 de la déclaration de sinistre du 10 mai 2019 pour lesquels une indemnité de 7 282,48 euros a été versée à l'OPH :
- le désordre n°3, relatif au dysfonctionnement de la porte coupe-feu 3.3, résulte d'un défaut de fixation imputable aux sociétés Boutet Pourrier Chervier, Settec, Maret, SOCOTEC et la société Lilian Michon ;
- le désordre n°7 de déformation d'habillage entraînant un risque de chute résulte d'une fixation insuffisante et le désordre n°8 sur l'infiltration bureau 121 trouve son origine dans un jeu entre éléments dans l'assemblage de la menuiserie ; ces désordres sont imputables aux sociétés Boutet Pourrier Chervier, Settec, Maret, SOCOTEC, Secom Alu et BGCV ;
- le désordre n°14, caractérisé par un fléchissement d'une partie de l'immeuble en encorbellement, fait l'objet d'une procédure d'instruction encore en cours ; ce désordre est imputable aux sociétés Boutet Pourrier Chervier, Settec, Maret, SOCOTEC, Secom Alu et BGCV.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 2 avril 2020 et 16 mars 2021, la société Settec représentée par Me Simon-Wintrebert, conclut:
A titre principal :
1°) au rejet de la demande d'indemnisation forfaitaire de l'OPH, à hauteur de la somme de 100 000 euros, comme irrecevable ;
2°) de la mettre hors de cause pour l'ensemble des désordres, pris en charge ou non par la SMABTP, les rapports d'expertise dommages-ouvrage excluant l'imputabilité des désordres à la société Settec;
3°) de rejeter toutes les demandes dirigées à son encontre ;
4°) de surseoir à statuer dans l'attente de l'issue des opérations d'expertise amiable en cours concernant la demande de la SMABTP du chef de ses réclamations "de sommes qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement" ;
5°) de mettre à la charge de l'OPH et de la SMABTP le versement de la somme de
3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens ;
A titre subsidiaire :
1°) au rejet de la demande d'indemnisation forfaitaire de l'OPH à hauteur de la somme de 100 000 €, pour les désordres ayant fait l'objet d'indemnisation de la part de la SMABTP, es qualité d'assureur dommages-ouvrage, le maître de l'ouvrage ne pouvant pas être indemnisé deux fois ;
2°) au rejet de la demande de la SMABTP du chef des réclamations "de sommes qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement", dans la mesure où il pèse sur l'assureur dommages-ouvrage une obligation de préfinancement ;
3°) de surseoir à statuer dans l'attente de l'issue des opérations d'expertise amiable en cours concernant la demande de la SMABTP du chef de ses réclamations "de sommes qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement" ;
4°) de condamner les sociétés suivantes à la garantir des condamnations qui seraient prononcées à son encontre, soit :
- la société Secom Alu, titulaire du lot menuiseries alu et murs rideaux, dont la responsabilité est seule engagée pour le désordre d'infiltration dans l'atrium (désordre n°1) ;
- la société Perrin Raymond, titulaire du lot menuiseries intérieures et parquets, dont la responsabilité est seule engagée pour le désordre lié au passage d'air, de bruit et de fumées (désordre n°3) ;
- la société BGCV, titulaire du lot gros œuvre, dont la responsabilité est seule engagée pour les désordres suivants d'ouverture excessive d'un joint de dilatation (désordre n°10), d'auréoles au plafond du bureau (désordre n°4) et de détérioration du parquet (désordre n°2) ;
5°) de mettre à la charge de tous succombants le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de l'OPH tendant à la condamnation in solidum des défendeurs à lui payer "la somme de 100 000 € sauf à parfaire au titre des désordres, objet de ses déclarations de sinistre en date des 17 décembre 2013 et 9 mai 2019" sont irrecevables car d'une part, cette demande fait double emploi avec celle de la SMABTP concernant les désordres n°1, 2, 3, 4 et 10 pris en charge et indemnisés par elle, d'autre part, il s'agit d'une demande forfaitaire dont le quantum, 100 000 euros, n'est ni justifié ni démontré ;
- les désordres pris en charge par la SMABTP ne lui sont pas imputables dès lors qu'ils résultent de défauts d'exécution ; le désordre n°14 étant en cours d'investigation, il ne peut lui être imputé ;
- les désordres pour lesquels l'OPH demande une indemnisation forfaitaire ne lui sont pas imputables ; les requérants n'établissent ni la matérialité des désordres ni leur lien de causalité avec la prestation de la société Settec ; en tout état de cause, ils ne présentent pas un caractère décennal ; s'agissant de désordres non garantis par le SMABTP, l'expert, estimant qu'ils n'étaient pas de nature décennale, n'a pas recherché les causes et origines de ces désordres ; sa responsabilité contractuelle ne saurait davantage être retenue en l'absence de toute faute démontrée de sa part ayant un lien de causalité avec les dommages constatés ;
- s'agissant du désordre n°5 : fissuration de béton des édicules en terrasse, il s'agit de microfissures ne générant aucun dommage ;
- s'agissant du désordre n°6 : dégradation des joints souples, la responsabilité incombe au maître de l'ouvrage au titre de son obligation d'entretien ;
- s'agissant du désordre n°7 : présence de tirefonds non protégés, il s'agit d'un défaut d'exécution puisque l'expert indique qu'il aurait pu être collé une pièce bitumineuse ;
- s'agissant du désordre n°8 : instabilité des pièces d'about sur les bandes solines, l'expert écrit qu'il s'agit de petites anomalies ayant pour cause une dilatation alternée d'origine thermique, associée, éventuellement, à un manque de soin lors de la mise en œuvre initiale ;
- s'agissant du désordre n°9 : rétention d'eau sur la toiture terrasse, ce désordre est toujours en observation dans le cadre de l'expertise dommages-ouvrage, l'expert ne s'étant pas prononcé sur son origine et sur les imputabilités ;
- s'agissant du désordre n°11 : fissuration du parquet, l'expert n'a constaté aucune anomalie précisant que la fissure parait résulter d'un simple retrait des éléments de parquet qui auraient gonflé lors de la pose, laissant présumer un défaut d'exécution ;
- s'agissant du désordre n°12 : parquet détérioré par de l'humidité sous la fontaine d'eau fraiche, l'expert dommages-ouvrage n'a pas poussé ses investigations, s'agissant d'un désordre ne relevant pas de la garantie dommage-ouvrage ;
- s'agissant du désordre n°13 : fissuration du dallage en sous-sol, l'expert a conclu que le retrait hydraulique du béton est à l'origine de cette fissuration qui n'a que des conséquences esthétiques ;
- dans l'hypothèse où il ne serait pas fait droit aux moyens précédemment développés, elle est bien fondée à être relevée indemne et garantie, conformément au point 4°) de ses conclusions, par les entreprises, seules à l'origine des désordres.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 30 avril 2020 et 25 janvier 2021, la société Secom Alu représentée par Me Oger, conclut :
1°) à titre principal, à l'irrecevabilité et au rejet des demandes formulées à son encontre par les requérants ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que les sociétés Perrin Raymond et BGCV soient tenues de la garantir et de la relever indemne des condamnations prononcées à son encontre ;
3°) de mettre à la charge de toute partie succombante le versement de la somme de
3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de les condamner aux dépens.
Elle fait valoir que :
- les demandes de l'OPH sont irrecevables dès lors, d'une part, que celles-ci font double emploi avec les réclamations de la SMABTP relatives aux désordres 1, 2, 3, 4 et 10 déjà indemnisés par cet assureur, d'autre part, que l'OPH sollicite une somme forfaitaire de
100 000 euros qui n'est ni justifiée ni démontrée ;
- elle fait siennes les observations présentées tant par les sociétés BGCV et Perrin Raymond ;
- le caractère décennal des désordres n'est pas établi ; les conclusions de l'expert sont insuffisantes ; l'OPH, qui ne sollicite pas la condamnation de la SMABTP à préfinancer d'autres désordres que ceux pour lesquels il a d'ores et déjà obtenu une indemnité, admet donc l'absence de caractère décennal des autres désordres ;
- les réclamations présentées à son encontre sont fondées sur les conclusions de rapports d'expertise amiables qui ne présentent pas la valeur probante d'une expertise judiciaire et ne peuvent donc fonder une décision de condamnation à son égard ;
- les seuls désordres pour lesquels l'assureur dommage-ouvrage a identifié une responsabilité technique sont les n°1, 2, 3, 4 et 10 ; l'expert de l'assurance dommage-ouvrage n'impute pas de responsabilités s'agissant des autres désordres ; dès lors, elle ne saurait être condamnée à régler la somme correspondant à l'ensemble des travaux de remise en état affectant tous les lots ;
- en cas de condamnation, la société Perrin Raymond, dont la responsabilité est engagée pour le désordre n°3 de passage d'air, de bruit et fumées et la société BGCV dont la responsabilité est engagée pour les désordres n°10 d'ouverture excessive d'un joint de dilatation, n°4 d'auréoles au plafond du bureau et n°2 de détérioration du parquet, sont tenues de la garantir et de la relever indemne de toute condamnation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 14 décembre 2020 et 3 mars 2021, la société BGCV représentée par Me Tertrais, conclut :
A titre principal
1°) à l'irrecevabilité de l'ensemble des conclusions de l'OPH ainsi que des conclusions de la SMABTP pour le chef de réclamation " de sommes qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement " ;
En tout état de cause
2°) au rejet de la requête ;
A titre subsidiaire
3°) à la limitation de sa condamnation au titre des seuls désordres 2, 4 et 10 pour des montants respectifs de 2 843,43 euros HT, 977,33 euros HT et 713, 66 euros HT ;
4°) à la condamnation de la société Secom Alu à la garantir de toute condamnation en principal, intérêts, frais et accessoires qui pourrait être prononcée à son encontre au titre des désordres 1 et 2, et à la condamnation de la société Perrin Raymond à la garantir des toutes condamnations en principal, intérêts frais et accessoires qui pourrait être prononcées à son encontre au titre du désordre 4 ;
5°) au rejet de toutes les demandes en garantie formées à son encontre par les autres parties ;
6°) de mettre à la charge de toute partie succombante le versement de la somme de
2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de l'OPH tendant à l'indemnisation des préjudices résultant des désordres n° 1 / infiltrations dans l'atrium, 2/ détérioration du parquet des bureaux 305 et 306, 3/ passages d'air, de bruit et de fumée entre les garages, 4/ auréoles au plafond du bureau 317 et 10/ ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher du second étage sont irrecevables dès lors que l'office a déjà été indemnisé par la SMABTP et que sa créance est éteinte en raison de la subrogation intervenue au profit de l'assureur ; elles sont également irrecevables dès lors qu'elles portent sur une indemnisation forfaitaire de 100 000 euros non justifiée ni démontrée et que l'office n'identifie ni l'imputabilité des dommages ni leur évaluation ; la requête n'est pas assortie d'éléments suffisants pour en apprécier le bien-fondé ;
- les conclusions de la SMABTP tendant à ce qu'elle soit relevée et garantie indemne " de toute somme qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement, et ce sur simple justificatif de règlement au profit de l'OPH " sont irrecevables dès lors que l'action subrogatoire de la SMABTP est exercée dans les limites des montants déjà versés au titre de la garantie dommage ouvrage et ne peut s'étendre à d'éventuelles indemnisations futures ;
- le tribunal ne peut se fonder sur les conclusions de l'expert mandaté par la SMABTP qui ne sont pas contradictoires ;
- s'agissant du désordre n°2 relatif à " la détérioration du parquet de deux bureaux par l'humidité ", celui-ci a été résolu suite à l'intervention de la société Secom Alu et il ressort de l'expertise que ce désordre provenait finalement d'un passage d'eau à la base des menuiseries ; il n'existe aucun lien de causalité entre ce désordre et le lot gros œuvre de la société BGCV ; la société Secom Alu doit la garantir de toute condamnation de ce chef ; si néanmoins le tribunal estimait que le désordre lui était imputable, elle est fondée à ce que sa condamnation soit limitée au versement de la somme de 2 843,43 euros HT ;
- s'agissant du désordre n°4 relatif à " l'auréole au plafond du bureau 317 ", le caractère décennal du désordre n'est pas établi ; la preuve de l'imputabilité du désordre à la SAS BGCV, titulaire du lot gros œuvre, n'est absolument pas établie par l'expert ; le cas échéant, l'insuffisance d'étanchéité -que n'assure pas par définition le lot gros œuvre- ressort de la responsabilité de la conception/maitrise d'œuvre et/ou du lot étanchéité ; si par extraordinaire, le tribunal prononçait une condamnation à son encontre, il ne pourrait alors que la limiter à la somme de 977, 33 euros HT ;
- s'agissant du désordre n°10 relatif à " l'ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher du bureau 206 ", le caractère décennal du désordre n'est pas établi ; l'origine du désordre est liée à la mise en place, après acceptation du support, du revêtement de sol sur une simple croute de ragréage coulée sur la tresse anti-feu, croute qui a cassé en raison du passage répété des usagers ; cette circonstance, qui est une cause extérieure à l'ouvrage qu'elle a édifié, l'exonère, en tout état de cause, de toute responsabilité ; si par extraordinaire, le tribunal retenait sa responsabilité, il ne pourrait alors que limiter sa condamnation au versement de la somme de 713,66 euros HT au titre de ce désordre et appeler la société Perrin Raymond à la garantir de cette condamnation ;
- s'agissant du désordre n°1, l'expertise ne démontre aucune imputabilité quelconque et la SMABTP ne démontre pas avoir pris en charge le coût de la reprise telle que chiffrée par l'expert ; la société Secom Alu devra, en tout état de cause, la garantir de toute condamnation prononcée au titre de ce désordre ;
- les conclusions indemnitaires de l'OPH tendant au versement d'une somme forfaitaire de 100 000 euros ne sont pas fondées, en l'absence de toute précision sur la description et la nature des dommages concernés, leur imputabilité et le coût de leur réparation ; rien ne rattache les désordres à son intervention ;
- pour les mêmes moyens, la demande de réparation des désordres objet de la déclaration de sinistre du 9 mai 2019 doit être rejetée ; ces derniers n'ont pas fait l'objet de la moindre instruction et les requérants se bornent à les lister sans plus de précisions.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 décembre 2020, la société Perrin Raymond, représentée par Me Caous-Pocreau, conclut :
1°) au rejet de toutes les demandes des parties comme étant irrecevables et infondées ;
2°) au rejet de toutes les demandes de condamnation in solidum présentées par les requérants ;
A titre subsidiaire
3°) à la limitation des sommes sollicitées par la SMABTP à son encontre à la somme de 819,79 euros correspondant au seul désordre 3, à l'exclusion de toute autre condamnation, tant en principal, frais et intérêts qu'au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative et des dépens ;
A titre infiniment subsidiaire
4°) à la condamnation des sociétés ABP Architecture, Settec, Maret, Lilian Michon, BGCV, Socotec et Secom Alu à la garantir et à la relever indemne de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre ;
En tout état de cause
5°) à la condamnation de toute partie succombante à lui régler la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- les requérants n'apportent aucun élément de preuve hormis l'expertise amiable ;
- l'OPH reconnaît que l'ensemble des désordres, à l'exception des désordres n°s 1, 2, 3, 4 et 10, ne présentent pas un caractère décennal ;
- l'OPH n'est plus recevable à demander la réparation des désordres n°s1, 2, 3, 4 et 10 puisque la SMABTP est intégralement subrogée dans ses droits à ce titre ; sa demande ne peut utilement concerner que les désordres 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12, 13, 14 objet de la première déclaration à l'assureur et les 8 " nouveaux désordres " objet de la seconde déclaration ; les désordres n° 5, 6, 7, 8, 9, 11, 12 et 13 n'ont fait l'objet d'aucun chiffrage contradictoire ;
- les conclusions de la SMABTP tendant à ce qu'elle soit relevée et garantie indemne " de toute somme qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement, et ce sur simple justificatif de règlement au profit de l'OPH " sont irrecevables dès lors que l'action subrogatoire de la SMABTP est exercée dans les limites des montants déjà versés au titre de dommage ouvrage et ne peut être étendue à la réparation d'éventuelles indemnisations futures ;
- les conditions d'une condamnation in solidum ne sont pas réunies ; elle a uniquement été mandatée pour le lot menuiseries intérieures et parquets, de sorte qu'elle ne saurait se voir imputer tous les désordres affectant l'ouvrage ;
- elle n'est pas concernée par les désordre n°1 (infiltrations dans l'atrium), 2 (détérioration du parquet de deux bureaux par l'humidité), 4 (auréole au plafond du bureau 317), 5 (fissuration de béton des édicules en terrasse), 6 (dégradation des joints souples au-dessus des bandes solines protégeant les relevés d'étanchéité en toiture-terrasse), 7 (présence de tirefonds non protégés fixant les tôles colaminées sur les édicules en terrasse), 9 (rétention d'eau sur la toiture-terrasse), 10 (ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher du bureau 206, au 2ème étage), 11(fissuration du parquet dans le hall d'entrée, au rez-de-chaussée), 12 (parquet détérioré par de l'humidité sous la fontaine d'eau fraîche au rez-de-chaussée), 13 (fissuration du dallage du sous-sol), 14 (fléchissement des parties de l'immeuble en encorbellement), 15 (mouvement des joints de vitrage) ;
- s'agissant du désordre n°3 (passage d'air, de bruit et de fumées entre les garages et la salle de réunion), il ressort du rapport d'expertise amiable que la SMABTP a pris en charge les désordres 1, 2, 3, 4 et 10 et que seul le désordre n°3 concerne la société Perrin Raymond, pour un montant total de 819,79 euros ;
- s'agissant du désordre n°8 (instabilité des pièces d'about sur les bandes solines), ce désordre s'est révélé à une date indéterminée et l'expert amiable a précisé qu'il aurait était nécessaire de procéder à des opérations d'entretien des joints, ce qui n'a pas été réalisé ;
- en cas de condamnation solidaire, elle est fondée à demander la condamnation des sociétés ABP Architecture, Settec, Maret, Lilian Michon, BGCV, Socotec et Secom Alu à la garantir et à la relever indemne de toute condamnation qui serait prononcée à son encontre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2021, la société ABP Architectes, représentée par Me Le Lain, conclut :
A titre principal
1°) à l'irrecevabilité des conclusions au titre de l'indemnisation forfaitaire présentées par l'OPH et la SMABTP ;
2°) à sa mise hors de cause pour l'ensemble des désordres invoqués, tant au titre de sa responsabilité décennale que contractuelle, et au rejet de toutes prétentions dirigées à son encontre ;
A titre subsidiaire
3°) en cas de condamnation prononcée à son encontre, de condamner l'ensemble des défendeurs à la garantir intégralement ;
En tout état de cause
4°) à la condamnation de tout succombant à la garantir et la relever intégralement indemne ;
5°) de mettre à la charge de toute partie succombante le versement de la somme de
2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de l'OPH tendant à l'indemnisation des préjudices résultant des désordres n° 1 / infiltrations dans l'atrium, 2/ détérioration du parquet des bureaux 305 et 306, 3/ passages d'air, de bruit et de fumée entre les garages, 4/ auréoles au plafond du bureau 317 et 10/ ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher du second étage, sont irrecevables dès lors que l'office a déjà été indemnisé par la SMABTP ;
- les conclusions de l'OPH tendant au versement de la somme forfaitaire de
100 000 euros sont irrecevables dès lors qu'elles reposent sur un postulat non justifié ;
- les conclusions de la SMABTP tendant à la condamnation des constructeurs à lui verser " toute somme qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement et ce sur simple justificatif " sont irrecevables dès lors que les dispositions du code des assurances ne subrogent l'assureur qu'à concurrence des indemnités effectivement versées à l'assuré ;
- les désordres ne lui sont pas imputables ; sa responsabilité décennale ne saurait être engagée ;
- aucune faute ne peut être retenue à son encontre de nature à engager sa responsabilité contractuelle ;
- le désordre n°1 (infiltrations dans l'atrium) a pour origine des défauts d'exécution ponctuelle incombant exclusivement aux entreprises titulaires du lot menuiserie ainsi qu'à l'entreprise de gros œuvre ; il ne lui est pas imputable ;
- le désordre n°2 (détérioration du parquet de deux bureaux par l'humidité) a pour origine des défauts d'exécution ponctuelle de nature à engager la seule responsabilité des lots techniques ; il ne lui est pas imputable ;
- le désordre n°3 (passage d'air, de bruit et de fumée entre les garages et la salle de réunion) a pour origine un défaut d'exécution ponctuelle imputable au titulaire du lot parquet la société Perrin ; il ne lui est pas imputable ;
- le désordre n°4 (auréole du plafond du bureau 317) a pour origine un défaut d'exécution ponctuelle du lot gros œuvre, à savoir de la société BGCV ; il ne lui est pas imputable ;
- les désordres n°5 (fissurations de béton des édicules en terrasse), n°6 (dégradation des joints souples au-dessus des bandes solines protégeant les relevés d'étanchéité en toiture terrasse), n°7 (présence de tirefonds non protégés fixant les tôles colaminées sur les édicules en terrasse), n°8 (instabilité des pièces DABOU sur les bandes solines) et n°9 (rétention d'eau sur la toiture terrasse), ne présentent pas un caractère décennal et n'ont de ce fait pas pas été garantis par l'assureur dommage ouvrage ; la responsabilité de la société ABP Architectes ne saurait être engagée ;
- le désordre n°10 (ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher du bureau 206 deuxième étage) a pour origine un défaut d'exécution ponctuelle du titulaire du lot gros œuvre, la société BGCV ; il ne saurait engager sa responsabilité ;
- la matérialité des désordres n°11 (fissurations du parquet dans le hall d'entrée au rez-de-chaussée) et n°12 (parquet détérioré par de l'humidité sous la fontaine d'eau fraîche au rez-de-chaussée) n'est pas caractérisée au terme du rapport d'expertise ; ils ne sauraient engager sa responsabilité ;
- le désordre n°13 (fissuration du dallage du sous-sol) ne présente pas un caractère décennal ; il ne saurait engager sa responsabilité ;
- si par extraordinaire une condamnation venait à être prononcée à l'encontre de la société ABP Architectes, les sociétés SECOM ALU titulaire du lot menuiseries alu et murs rideaux, Perrin Raymond, titulaire du lot menuiseries intérieures et parquets, BGCV, titulaire du lot gros œuvre, et tout autre intervenant au chantier, doivent la garantir et la relever indemne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2021, la société Isolya, venue aux droits de la société Lillian Michon, représentée par Me Humeau, conclut :
A titre principal
1°) à ce que l'OPH et la SMABTP soient déboutées de toutes leurs demandes comme étant irrecevables et de surcroît infondées ;
2°) à ce qu'elle soit mise hors de cause pour l'ensemble des désordres évoqués ;
3°) au rejet de toutes autres demandes formées à son encontre ;
A titre subsidiaire
4°) en cas de condamnation prononcée à son encontre, à ce que l'ensemble des défendeurs soient tenus de la garantir intégralement ;
En tout état de cause :
5°) à ce que soit mis à la charge de l'OPH et de la SMABTP ou de toute partie succombante le versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de l'OPH tendant à l'indemnisation des préjudices résultant des désordres n° 1 / infiltrations dans l'atrium, 2/ détérioration du parquet des bureaux 305 et 306, 3/ passages d'air, de bruit et de fumée entre les garages, 4/ auréoles au plafond du bureau 317 et 10/ ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher du second étage, sont irrecevables dès lors que l'office a déjà été indemnisé par la SMABTP ;
- les conclusions de l'OPH tendant au versement de la somme forfaitaire de
100 000 euros sont irrecevables dès lors qu'il n'a pas détaillé ni justifié la nature et l'imputabilité de ces désordres ;
- les conclusions indemnitaires ne peuvent se fonder exclusivement sur une expertise amiable, quand bien même elle aurait été contradictoire ;
- elle doit être mise hors de cause dès lors que le rapport d'expertise ne lui impute la responsabilité d'aucun des désordres ; si la requête déposée par l'OPH et son assureur ne vise la société Lillian qu'à l'égard du seul désordre n°3, le rapport d'expertise invoqué par les demanderesses, seul élément probant sur lequel elles fondent leurs demandes, ne cite même pas la société Lillian comme constructeur responsable ;
- s'agissant du désordre n°14 relatif au fléchissement de la dalle béton de l'étage, il est en cours d'investigation ; si les cloisons se trouvent affectées par ce désordre, cela n'est qu'une conséquence dudit fléchissement ; les ouvrages de la société Lillian n'ont aucun rôle causal dans la survenance du désordre ; elle doit être mise hors de cause ;
- elle ne saurait être condamnée in solidum avec les autres constructeurs dès lors que, d'une part, le rapport d'expertise ne lui impute aucun désordre, d'autre part, l'OPH et la SMABTP ne rapportent pas la preuve de l'existence d'un désordre unique ni de ce que la participation de chacun des constructeurs aurait contribué à la survenance du désordre ;
- si par extraordinaire, elle était condamnée in solidum, la société Isolya est fondée à solliciter la condamnation des sociétés ABP Architecture, Settec, Maret, Perrin Raymond, BGCV, Socotec et Secom Alu à la garantir et à la relever indemne de toutes les éventuelles condamnations qui seront prononcées à son encontre.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 10 mai et 16 juin 2021, la société Socotec Construction, représentée par Me Viaud, conclut :
1°) à ce qu'il lui soit décerné acte à de son intervention volontaire ;
2°) à l'irrecevabilité des demandes dirigées à l'encontre de la société Socotec ;
3°) à l'irrecevabilité des demandes de OPH, d'une part, pour défaut de capacité à agir, d'autre part, en tant qu'elles sont indéterminées ;
4°) au rejet en toutes hypothèses des demandes de l'OPH et de la SMABTP comme mal fondées en tant qu'elles seraient dirigées contre la Société Socotec Construction et à sa mise hors de cause ;
5°) à toutes fins, et à titre très subsidiaire, à la condamnation des constructeurs à la garantir selon la répartition suivante :
Au titre des désordres 1, 2, 3 et 10 de la déclaration de sinistre du
17 décembre 2013 :
- désordre n° 1 : la société Secom Alu et la Société BGCV, in solidum ;
- désordre n° 2 : la société Secom Alu et la Société BGCV, in solidum ;
- désordre n° 3 : la société Perrin Raymond ;
- désordre n° 4 : la société BGCV ;
- désordre n° 10 : la société BGCV ;
Au titre des désordres 3, 7, 8 et 14 de la déclaration de sinistre du 10 mai 2019 :
- désordre n° 3 : les sociétés ABP Architecture, Settec, Maret, et Isolya, in solidum ;
- désordres n° 7 et 8 : les sociétés ABP Architecture, Settec, Maret, BGCV et Secom Alu, in solidum ;
- désordre n° 14 : les sociétés ABP Architecture, Settec, Maret, BGCV, in solidum ;
6°) à la condamnation en toute hypothèse des sociétés ABP Architectures, Settec, Maret, BGCV, Secom Alu, Perrin Raymond, Isolya in solidum à la garantir de toutes condamnations qui viendraient à être prononcées à son encontre, en principal, frais, intérêts et accessoires ;
7°) à ce que soit mis à la charge de l'OPH et de la SMABTP le versement de la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de la requête dirigées contre la société Socotec " sis 42, rue Robert Schuman, 85 000 La Roche Sur Yon " sont irrecevables, dès lors qu'elle n'existe pas et qu'à supposer que les requérants aient entendu diriger leurs demandes contre cette société, prise en son agence de la Roche-Sur-Yon, celle-ci a fait l'objet d'une radiation auprès du registre du commerce et des sociétés le 28 septembre 2018 et n'a dès lors plus d'existence juridique ;
- elle a intérêt à intervenir volontairement à l'instance dès lors qu'elle vient aux droits de la société Socotec France, nouvelle dénomination de la société Socotec, suite à une cession d'actifs ;
- la requête est irrecevable dès lors que l'OPH ne justifie pas de sa capacité à agir conformément aux dispositions de l'article R. 421-16 du code de la construction et de l'habitation, faute pour l'office de préciser si sa requête a été introduite par son directeur général ou le président de son conseil d'administration et de justifier de l'autorisation donnée à cette fin par le conseil d'administration ;
- les conclusions de l'OPH tendant au versement d'une somme forfaitaire de
100 000 euros sont irrecevables faute d'être précisées ;
- les requérants n'établissant pas avoir formé de demande à l'encontre de la Société Socotec Construction dans le délai de forclusion de l'article 1792-4-1 du code civil, leurs conclusions sont irrecevables ;
- la réception des travaux ayant mis un terme définitif aux relations contractuelles, l'OPH ne peut utilement mettre en oeuvre la responsabilité contractuelle des constructeurs ;
- concernant les demandes de l'OPH : les rapports établis par l'expert mandaté par la SMABTP précisent que les désordres non indemnisés par ce dernier ne présentent pas de caractère décennal, dès lors l'OPH est mal fondé à se prévaloir de ces pièces pour engager la responsabilité décennale des constructeurs ; il n'est nullement démontré que les désordres allégués par l'OPH auraient un lien quelconque avec les missions confiées en l'espèce à la société Socotec ; les demandes sont mal fondées ;
- concernant les demandes de la SMABTP : s'agissant des désordres 1, 2, 3, 4 et 10 objet de la déclaration de sinistre de décembre 2013, il ressort du rapport d'expertise qu'ils ne sont pas imputables à la société Socotec ; s'agissant des désordres 3, 7 et 8 objet de la déclaration de sinistre du 10 mai 2019, ils sont exclusivement imputables à des défauts d'exécution ; l'ensemble de ces désordres ne sont pas en lien avec les missions confiées au contrôleur technique ; les demandes de la SMABTP concernant les désordres indemnisés, sont également mal fondées dès lors que l'assureur dommages-ouvrage ne peut prétendre agir en qualité de subrogé dans les droits du maître de l'ouvrage qu'à la condition d'avoir indemnisé celui-ci ; en l'espèce, la SMABTP n'a réglé aucune somme au titre d'autres désordres que ceux visés plus haut ;
- en cas de condamnation, elle est fondée à solliciter la condamnation des autres défendeurs à la garantir des condamnations qui viendraient à être prononcées à son encontre selon la clé de répartition figurant au point n°6 de ses conclusions et à solliciter, sur le fondement de l'article L. 111-24 du code de la construction et de l'habitation, une condamnation in solidum des autres défendeurs à la garantir des condamnations qui viendraient à être prononcées à son encontre, de sorte qu'il n'ait pas à souffrir de l'éventuelle défaillance de l'un d'entre eux.
La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée par une ordonnance du
5 juillet 2021, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des assurances ;
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de M. Dias, rapporteur public
- les observations de Me Viaud représentant la société Socotec Construction,
de Me Beyou représentant la société Perrin Raymond et de Me Capul représentant la société BGCV.
Considérant ce qui suit :
1. L'office public de l'habitat de Vendée (OPH) a entrepris en 2008 la construction de son nouveau siège social, bâtiment à usage de bureaux dénommé " Les Bazinières ", à
La Roche-sur-Yon. Dans le cadre de cette opération, il a souscrit une assurance dommages-ouvrage (DO) auprès de la SMABTP. La maîtrise d'œuvre a été confiée au groupement constitué de la société Boutet Pourrier Chevrer, architecte et mandataire, aux droits de laquelle est venue la société ABP Architecture, de la société Settec, bureau d'études techniques, de la société Maret, économiste, et de la société Socotec, contrôleur technique. Les marchés de travaux ont été attribués à la société BGCV, titulaire du lot gros œuvre, à la société Lilian Michon, titulaire du lot cloisons, aux droits de laquelle est venue la société Isolya, à la société Perrin Raymond, titulaire du lot menuiseries intérieures et parquets, et à la société Secom Alu, titulaire du lot menuiseries alu et mur rideau. Après la réception sans réserve des travaux, intervenue le 10 juillet 2009, des désordres sont apparus donnant lieu à deux déclarations de sinistres de l'OPH auprès de la SMABTP, l'une effectuée le 17 décembre 2013 portant sur
15 sinistres et la seconde le 10 mai 2019 portant sur 8 sinistres. Ces deux déclarations ont donné lieu à l'établissement de plusieurs rapports d'expertise amiables intermédiaires et de deux rapports définitifs les 17 janvier et 13 septembre 2019. S'agissant de la première déclaration de sinistres, les désordres n°1, 2, 3, 4, 10 ont fait l'objet d'un accord de prise en charge par la SMABTP tandis que les autres désordres ont fait l'objet d'un refus de prise en charge. Le désordre n°14 a été réservé pour faire l'objet d'investigations techniques complémentaires. La SMABTP indique qu'elle a été amenée à verser, à titre d'offre définitive d'indemnisation à l'OPH la somme de 37 209,41 euros, lequel a signé trois acceptations d'indemnités au profit de la SMABTP, les 22 septembre 2014, 3 mars 2015 et 27 septembre 2016. S'agissant de la deuxième déclaration de sinistre, la SMABTP a notifié un accord de garantie partiel pour les désordres n°3, 7 et 8 et a opposé un refus pour les autres désordres. La SMABTP a fait une proposition d'indemnité complémentaire de 7 282.48 euros à l'OPH qui l'a acceptée. Estimant que la responsabilité contractuelle ou décennale des constructeurs était engagée, la SMABTP sollicite du tribunal, sur un fondement subrogatoire, la condamnation in solidum des sociétés Boutet Pourrier Chervier, Settec, Maret, Socotec, BGCV, la société Lilian Michon, la société Secom Alu et Perrin Raymond à l'indemniser de la somme de
44 491,89 euros versées à son assuré ainsi que des sommes qu'elle pourrait être encore amenée à régler amiablement. L'OPH demande la condamnation in solidum de ces mêmes sociétés à lui verser une indemnité de 100 000 euros, à parfaire, correspondant au montant de réparation des désordres non pris en charge par son assureur, et demande au tribunal de surseoir à statuer sur la demande d'indemnisation relative au désordre n°14 dans l'attente du résultat des investigations techniques complémentaires.
Sur les fins de non-recevoir opposée par la société Socotec Construction :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société Socotec Construction vient aux droits de la Société Socotec France, par suite d'une cession partielle d'actifs après dissolution et cessation d'activités de cette dernière. Dès lors, la fin de non-recevoir tirée de ce que les conclusions de la requête, en tant qu'elle est dirigée contre la société Socotec " sis 42, rue Robert Schuman, 85 000 La Roche Sur Yon " sont irrecevables dès lors qu'il n'existe cependant pas de telle société doit être écartée, ces conclusions devant être regardées comme dirigées contre la société Socotec construction.
3. En deuxième lieu, si la société Socotec construction fait valoir que le délai d'action dont dispose le maître d'ouvrage à l'encontre des constructeurs sur le fondement des dispositions de l'article 1792 du code civil n'a pas été interrompu à son encontre par les demandes et l'action en justice introduite par les requérants, qui étaient dirigés contre la société Socotec, il résulte de ce qui a été exposé au point 2 qu'elle n'est pas fondée à soutenir que le délai n'aurait pas été interrompu à son encontre et que les requérants seraient forclos à agir.
Sur le caractère contradictoire des opérations d'expertise amiable :
4. Les parties peuvent produire devant le juge administratif les pièces qu'elles estiment utiles à l'appui de leur argumentation. Le juge forme sa conviction quant à leur valeur une fois celles-ci communiquées aux autres parties conformément au principe du caractère contradictoire de l'instruction. D'une part, la société BGCV a été régulièrement convoquée aux opérations et a été présente lors des opérations d'expertise. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que les opérations d'expertise ne présenteraient pas un caractère contradictoire. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction que la société Lilian Michon, aux droits de laquelle est venue la société Isolya, n'a pas participé aux opérations d'expertise, cette dernière a pu, dans le cadre de la présente instance, débattre contradictoirement de la teneur des documents d'expertise. En conséquence, elle n'est pas fondée à soutenir qu'il ne pourrait être tenu compte du rapport réalisé dans le cadre d'une expertise amiable par M. A pour le compte de la société d'assurance SMABTP.
Sur les conclusions indemnitaires de l'OPH :
5. A l'appui de ses conclusions tendant à la condamnation in solidum des sociétés Boutet Pourrier Chervier, Settec, Maret, Socotec, BGCV, Lilian Michon, Secom Alu et Perrin Raymond à lui verser une indemnité globale de 100 000 euros en réparation des désordres non pris en charge par la SMABTP au titre de la police d'assurance dommage ouvrage, l'OPH se borne à produire les rapports d'expertise amiables réalisés par l'expert de son assureur, qui concluent au caractère non décennal de ces désordres, sans les assortir d'arguments au soutien de sa demande de mise en œuvre de la responsabilité contractuelle ou décennale des constructeurs qu'il entend mettre solidairement en cause.. Le maître d'ouvrage n'a pas ainsi justifié de l'existence même des préjudices auxquels cette demande d'indemnisation était susceptible de se rattacher. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir, ses conclusions aux fins d'indemnisation doivent donc être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de l'OPH tendant à ce que le tribunal sursoie à statuer sur sa demande d'indemnisation du désordre n°14 dans l'attente d'investigations complémentaires doivent être également rejetées.
Sur les conclusions de la SMABTP :
6. Aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur ". Il incombe à l'assureur qui entend bénéficier de la subrogation prévue par ces dispositions d'apporter, par tout moyen et au plus tard à la date de clôture de l'instruction, la preuve du versement de l'indemnité d'assurance à son assuré.
7. En premier lieu, par un contrat avec effet au 10 juillet 2008, l'OPH a souscrit auprès de la SMABTP une assurance dommage ouvrage pour les travaux de reconstruction de son siège social, d'un coût prévisionnel de 8 415 410 euros. Il résulte de l'instruction que la SMABTP a effectivement indemnisé l'OPH à hauteur de la somme de 7 282,48 euros au titre des désordres n°3,7 et 8 suivant la seconde déclaration de sinistre du 10 mai 2019. Par ailleurs, les attestations de règlement d'indemnité et les acceptations produites par les requérants démontrent que la SMABTP a versé à l'OPH la somme totale de 25 066,07 euros au titre des désordre n°1, 2, 3, 4 et 10 objet de la première déclaration de sinistre. Elle peut par ailleurs se prévaloir des sommes versées à la société Pluviometrik, sapiteur aux opérations d'expertise, pour un montant de 777,60 euros. En revanche, il résulte de l'instruction que si la SMABTP s'est acquittée le 14 décembre 2018 de la somme de 10 889,94 auprès de la société Diagstructure et le 6 mars 2018 de la somme de 475,80 euros auprès de la société Oxelia, elle n'établit pas que ces prestations, réglées directement à des tiers, résulteraient de l'exécution du contrat d'assurance contracté par l'OPH pour les travaux de construction de son siège social.
8. Il y a donc lieu d'accueillir l'action subrogatoire exercée par la SMABTP à hauteur de la seule somme de 33 126,15 euros.
9. En second lieu, si la SMABTP sollicite du tribunal la condamnation des constructeurs à l'indemniser des sommes qu'elle pourrait être amenée à régler amiablement à l'OPH, ces demandes, dès lors qu'elles se rapportent à un préjudice dont la réalité et le quantum ne sont pas déterminés, ne peuvent relever de l'action subrogatoire. Il y a lieu, par suite, d'accueillir les fins de non-recevoir opposées en défense et de rejeter ces demandes comme étant irrecevables.
Sur la responsabilité contractuelle :
10. La requête visant les dispositions de l'article 1134 du code civil, les requérants doivent être regardés comme ayant entendu mettre en œuvre la responsabilité contractuelle des constructeurs. Cependant, il résulte de l'instruction que les lots des entreprises BGCV, Lilian Michon, Perrin Raymond et Secom alu ont été réceptionnés après levée des réserves, par plusieurs procès-verbaux, respectivement les 28 juillet, 1er septembre et, pour les deux dernières, 15 septembre 2009. Les requérants ne sont donc plus fondés à rechercher la responsabilité contractuelle de ces constructeurs. Par ailleurs, s'agissant des autres constructeurs attraits à la présente procédure, et notamment la société ABP Architecture, les requérants n'établissent pas, par leurs écritures et productions, l'existence de fautes de nature contractuelle qui pourraient leur être opposées. Dans ces conditions, les conclusions de la SMABTP tendant à l'engagement de la responsabilité contractuelle des constructeurs ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la responsabilité décennale des constructeurs :
11. Il résulte des principes qui régissent la responsabilité décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables. Par ailleurs, un constructeur dont la responsabilité est recherchée par un maître d'ouvrage n'est fondé à demander à être garanti par un autre constructeur que si et dans la mesure où les condamnations qu'il supporte correspondent à un dommage imputable à ce constructeur.
En ce qui concerne la déclaration de sinistre du 17 décembre 2013
S'agissant du désordre n°1 relatif aux infiltrations dans l'atrium :
Quant à la nature des désordres et leur imputabilité :
12. Il résulte de l'instruction que cette infiltration consiste en la présence de gouttes d'eau en partie basse des cassettes aluminium habillant les parois verticales de l'atrium, tant en partie basse de l'habillage de l'édicule en terrasse, que, par répercussion, en partie horizontale et en partie basse de l'habillage du garde-corps du S4 6 étage. Malgré l'intervention de la société Secom Alu, de nouvelles infiltrations ont eu lieu en septembre 2015. La société Pluviometrik, sapiteur, a procédé à une recherche des causes de ces infiltrations. Il résulte de l'expertise que le désordre a pour origine, d'une part, d'un défaut d'étanchéité du châssis vitré fixe, d'autre part, une infiltration par les joints de construction de gros-œuvre. L'expert amiable mandaté par l'assureur a estimé que ce désordre est de nature à rendre l'atrium impropre à sa destination. Il résulte de l'instruction que ces désordres affectant l'étanchéité du châssis fixe de l'atrium sont uniquement consécutifs à un défaut d'exécution des travaux du lot " Gros œuvre " confiés à la société BGCV, titulaire du lot " Gros œuvre " et des travaux du lot " menuiseries alu et murs rideaux " confiés à la société Secom Alu, titulaire du lot " menuiseries alu et murs rideaux ".
Quant aux préjudices :
13. Il résulte du rapport d'expertise que la reprise de la première cause du désordre n°1, consistant en la pose d'un châssis fixe en double fenêtre en partie haute de l'atrium et au remplacement des cassettes aluminium, a été évaluée à la somme de 8 977,60 euros. La reprise de la seconde cause du désordre, consistant en la réfection du revêtement d'étanchéité lié avec l'étanchéité du toit du cédicule, a été évaluée à la somme de 5 965,56 euros. Les frais d'investigation par la société Pluviométrik se sont élevés à la somme de 372 euros. Il y a lieu, par suite, de fixer le montant du préjudice de la SMABTP à la somme totale de
15 285,16 euros.
14. Il résulte de ce qui est dit aux points 12 et 13 que la SMABTP est seulement fondée à obtenir la condamnation in solidum des sociétés BGCV et Secom Alu à lui verser la somme de 15 285,16 euros.
Quant aux appels en garantie :
15. Il résulte de l'expertise que le désordre résulte, d'une part, d'un défaut de réalisation et de pose du châssis vitré fixe incombant à la société Secom Alu, et d'autre part, d'un défaut dans la réalisation des joints de construction incombant à la société BGCV.Il sera fait une juste appréciation des parts de responsabilité respectives de la société BGCV et de la société Secom Alu dans l'apparition des désordres, en raison des fautes ainsi commises, en les fixant à 40 % s'agissant de la société BGCV et 60 % s'agissant de la société Secom Alu.
16. Il résulte de ce qui est dit ci-dessus que la société BGCV est fondée à demander que la société Secom Alu la garantisse à hauteur de 60 % de la condamnation prononcée au point 14. La société Secom Alu est fondée à demander que la société BGCV la garantisse à hauteur de 40 % de la condamnation prononcée au même point.
S'agissant du désordre n°2 relatif à la détérioration du parquet de deux bureaux par l'humidité :
Quant à la nature des désordres et leur imputabilité :
17. Il résulte de l'instruction que cette infiltration se manifeste par la détérioration par de l'humidité du parquet en lamelles de bois, dans les bureaux 305 et 306. Les opérations d'expertise ont mis en évidence que ce désordre provenait de deux causes. La première résulte de ce que la pluie arrivant sur le dessus de la console, n'est pas arrêtée par la bande EPDM et entre par la microfissure dans le joint de construction puis ruisselle et ressort au plafond du bureau, juste derrière la menuiserie. Une fois au sol, l'eau se propage tout le long de la traverse basse de la baie et endommage le parquet. La seconde cause, identifiée après des investigations complémentaires après réapparition du désordre en dépit de premiers travaux de reprise, tient au passage d'eau par les bavettes à la base des menuiseries des bureaux 305 et 306. L'expert mandaté par l'assureur a estimé que ce désordre est de nature à rendre ces bureaux impropres à leur destination. Il résulte de l'instruction que ces désordres relèvent exclusivement d'un défaut d'exécution des travaux imputable à la société BGCV et à la société Secom Alu.
Quant aux préjudices :
18. Il résulte du rapport d'expertise que la reprise de la première cause du désordre, consistant au traitement de l'étanchéité des jonctions des ouvrages en béton et à la réparation des parquets, a été évaluée à la somme de 3 542,62 euros. La seconde cause du désordre a été reprise par l'entreprise Secom Alu et, le coût de cette intervention ne figurant pas au rapport d'expertise, il n'est pas établi que son coût ait été mis à la charge de l'assureur. Il y a lieu, par suite, de fixer le montant du préjudice de la SMABTP à la seule somme de 3 542,62 euros.
19. Il résulte de ce qui est dit aux points 17 et 18 que la SMABTP est seulement fondée à demander la condamnation de la société BGCV à lui verser la somme de 3 542,62 euros.
S'agissant du désordre n°3 relatif au passage d'air, de bruit et de fumée entre les garages et la salle de réunion :
Quant à la nature des désordres et leur imputabilité :
20. Il résulte de l'instruction que ce désordre, ayant pour conséquence le passage d'air, de bruits et de fumées d'échappement des véhicules entre les garages et la salle de réunion, a pour origine la reprise d'un joint de dilatation dans le parquet par la mise en place d'un profilé en aluminium incorporé dans l'épaisseur du parquet, qui ne permet ni souplesse ni possibilité de dilatation, alors qu'une pose du revêtement en recouvrement des deux bords du parquet, de part et d'autre du joint, était nécessaire. L'expert a estimé que ce désordre est de nature à rendre la salle de réunion impropre à sa destination et qu'il relève exclusivement d'un défaut d'exécution des travaux du lot " menuiseries intérieures et parquet " confiés à la société Perrin Raymond.
Quant aux préjudices :
21. Il résulte de l'instruction que la reprise du désordre, nécessitant le traitement du joint de dilatation, a été évaluée par l'expert à la somme de 819,79 euros. La SMABTP est donc seulement fondée à demander la condamnation de la société Perrin Raymond à lui verser la somme de 819,79 euros.
S'agissant du désordre n°4 relatif à une auréole du plafond du bureau 317 :
Quant à la nature des désordres et leur imputabilité :
22. Il résulte de l'instruction que ce désordre, ayant pour conséquence la présence d'une auréole au plafond du bureau 317 et l'infiltration d'eau dans les locaux en cas de fortes pluies, a pour origine, un passage d'eau par une jonction de bande soline et une légère insuffisance d'épaisseur, à cet endroit seulement, des éléments préfabriqués en béton qui constituent l'acrotère. La retombée de couvertine est donc localement insuffisante. En cas de pluie avec tourbillons de vent, l'eau est rabattue sous la couvertine, sur la face supérieure de l'acrotère, et malgré la protection par une bande d'étanchéité élastomère, arrive sur la jonction des éléments préfabriqués et s'infiltre dans le bâtiment. Ce désordre est de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Il est exclusivement consécutif à un seul défaut d'exécution, imputable à la société BGCV.
Quant aux préjudices :
23. La reprise des bandes solines a été effectuée dans le cadre de l'entretien du bâtiment par l'entreprise Berget. La reprise des insuffisances des éléments préfabriqués en béton suppose la mise en place d'un contre bardage sur un mètre de long, au droit de cette jonction d'éléments préfabriqués. L'expert a évalué les travaux de mise en place de ce bardage sur l'acrotère à la somme 460,80 euros et la réfection du plafond endommagé à la somme de 340 euros. Par ailleurs, ce désordre a nécessité des investigations de la société Pluviometrik évaluées à la somme de 372 euros. Il y a lieu, par suite, de fixer le montant du préjudice de la SMABTP à la somme totale de 1 172,80 euros.
24. Il résulte de ce qui est dit aux points 22 et 23 qu'il y a lieu de condamner la société BGCV à verser la somme de 1 172,80 euros à la SMABTP.
S'agissant du désordre n°10 relatif à l'ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher du bureau 206 deuxième étage :
Quant à la nature des désordres et leur imputabilité :
25. Ce désordre, qui fait apparaître que le joint de dilatation entre le plancher du bureau et le plancher du local adjacent est ouvert d'environ 4 cm, est consécutif à la pose du revêtement de sol, sur cette largeur, sur une simple croûte de ragréage coulée sur la tresse anti-feu insérée dans le vide du joint. Cette croûte a cassé au passage répété des usagers du bâtiment. L'expert relève que le joint de dilatation litigieux ne s'est pas élargi exagérément depuis la réception. Au contraire, il précise que cette disposition existe depuis la construction et a fait l'objet, en cours de chantier, d'une adaptation de la structure par l'ajout de consoles métalliques en sous-face du plancher. Ce désordre a cependant pour conséquence, qu'en raison de la largeur du joint de dilatation et de l'absence de maintien par en-dessous, la tresse anti-feu insérée dans le joint n'assure pas une obturation parfaite. Ce désordre, qui met notamment en jeu la sécurité des personnes, est dès lors de nature à rendre l'ouvrage impropre à sa destination. Il est exclusivement consécutif à défaut d'exécution des ouvrages par la société BGCV.
Quant aux préjudices :
26. La reprise du désordre nécessite la pose d'une nouvelle tresse ainsi que des travaux annexes de démontage et remontage partiel de meuble en façade, fourniture et pose de plinthe épaisse ou de coffre avec isolant ainsi qu'une peinture du coffre et des retouches sur meuble et sur mur. L'expert a évalué ces travaux à la somme 856,39 euros. Il y a lieu, par suite, de fixer le montant du préjudice de la SMABTP à la somme totale de 856,39 euros.
27. Il résulte de ce qui est dit aux points 25 et 26 que la SMA est seulement fondée à demander la condamnation de la société BGCV à verser la somme de 856,39 euros.
En ce qui concerne la déclaration de sinistre du 10 mai 2019 :
S'agissant du désordre n°3 relatif aux écartements importants sur murs et sols au niveau des joints de dilatation du bâtiment et dysfonctionnements des portes coupe-feu :
Quant à la nature des désordres et leur imputabilité :
28. Il résulte de l'instruction que le désordre concerne des portes coupe-feu EI30 fabriquées par la société Huet, type VV Linteau 302, posées sur les trois étages du bâtiment. L'expert mandaté par l'assureur a constaté des défauts d'alignement des niveaux supérieurs des vantaux pour les portes 1.1, 1.2, 1.3, 2.3, un décalage entre vantaux en position fermée des portes 1.1, 1.2, 2.1, 2.3, 3.1, 3.2, un espace entre sol et vantaux supérieur de 2 à 4 mm aux cotes théoriques du fabricant pour les portes 2.2, 2.3, 3.1, 3.2, 3.3, 3.4, une modification par rabotage de vantail effectuée à l'initiative de Vendée Habitat sur la porte 3.3 et une position de la ventouse non centrée sur la cible du petit vantail s'agissant de la porte 2.2. Le rapport d'expertise précise que le pivot de la porte 2.2 se trouve d'un côté du joint de dilatation, alors que la ventouse se trouve de l'autre côté et que lorsque le joint de dilatation a fonctionné et s'est élargi, la ventouse s'est naturellement trouvée décalée par rapport à la cible métallique placée sur le vantail, l'accroche en position ouverte se fait mais est moins stable ce qui ne crée aucun problème de sécurité. Par ailleurs, la porte 3.3 a dû être rabotée parce que, pour une raison indéterminée, le montant de l'huisserie côté Sud s'est cintré, ce qui a provoqué un frottement de la tranche du vantail contre l'huisserie, avec blocage gênant la fermeture. L'expert souligne que la cause de tous les autres points relève de réglages d'entretien. Il résulte de l'instruction que seuls les désordres concernant la porte 3.3 présentent un caractère décennal dès lors que les jeux entre l'huisserie et le petit vantail sont plus importants que ceux prévus par le fabricant et laissent présager que les performances pare-flammes sont amoindries. Il résulte de l'instruction que ce désordre est exclusivement imputable à un défaut d'exécution des prestations de la société Loué menuiserie, titulaire du lot " menuiserie intérieure ". Cependant, il est constant que ce constructeur n'a pas été attrait à la présente procédure. Les conclusions de la SMABTP tendant à la mise en jeu de la responsabilité décennale des autres constructeurs défendeurs à l'instance ne peuvent donc qu'être rejetées.
S'agissant du désordre n°7 relatif à la déformation des habillages en partie haute des châssis avec risque de chute :
Quant à la nature des désordres et leur imputabilité :
29. Ce désordre se manifeste par la déformation du capot qui habille le haut des châssis vitrés, au 1er étage côté sud du bâtiment, et s'avère bombé par rapport au plan de façade. Il résulte de l'instruction que ce désordre a pour origine, d'une part, la dilatation thermique, bien que ces habillages soient constamment ombragés, résultant des effets du réchauffement de la façade noire dès lors que ces habillages sont coincés sous le brise soleil horizontal. L'expert souligne, d'autre part, que certaines fixations ont pu être endommagées par la pluie, sans que cette cause n'ait cependant pu être vérifiée. Il résulte du rapport d'expertise qu'un risque de chute des capots est possible. Ce désordre est de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage, et engage la responsabilité décennale des constructeurs. Il résulte de l'instruction qu'il est exclusivement imputable à un défaut d'exécution des prestations confiées à la société Secom Alu.
Quant aux préjudices :
30. La reprise de ce désordre suppose le remplacement des capots dont l'expert a chiffré le coût à la somme de 1 672 euros selon un devis de la société Secom Alu. Il y a lieu, par suite, de fixer le montant du préjudice de la SMABTP à la somme totale de 1 672 euros.
31. Il résulte de ce qui est dit aux points 29 et 30 que la SMABTP est seulement fondée à demander la condamnation de la société Secom Alu à lui verser la somme de 1672 euros.
S'agissant du désordre n°8 relatif aux infiltrations dans le bureau 121 (1er étage) :
Quant à la nature des désordres et leur imputabilité :
32. Il résulte de l'instruction que cette infiltration se manifeste par de légères traces blanchâtres en partie basse de la jonction entre deux châssis vitrés, en façade sud, juste au-dessus du placard. Les investigations expertales n'ont pas permis, faute de nacelle élévatrice, de déterminer l'origine précise du désordre. Si l'expert souligne que des infiltrations identiques ont été résolues par l'intervention de la société Secom Alu, titulaire du lot " menuiseries alu et murs rideaux ", qui n'a pas fait d'observation sur ce désordre n°8, et considère qu'il en sera de même pour ce désordre dont elle doit être présumée responsable, il n'établit pas que ce désordre serait de nature à rendre le bureau impropre à sa destination ou qu'il affecterait la solidité de l'ouvrage. La SMABTP n'est donc pas fondée à mettre en œuvre la responsabilité décennale des constructeurs pour ce désordre.
Sur les frais de l'instance non compris dans les dépens :
33. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des sociétés BGCV, Secom Alu et Perrin Raymond la somme de 1 000 euros chacune à verser à la SMABTP, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la SMABTP, subrogée dans les droits de l'OPH, qui n'a pas la qualité de partie perdante.
D E C I D E :
Article 1 : La société BGCV et la société Secom Alu sont condamnées in solidum à verser une indemnité de 15 285,16 euros euros (quinze mille deux cent quatre-vingt-cinq euros et seize centimes) à la société SMABTP, au titre désordre relatif aux infiltrations dans l'atrium du bâtiment " Les Bazinières ", à La Roche-sur-Yon.
Article 2 : La société Secom Alu est condamnée à garantir la société BGCV à hauteur de 60% de la somme fixée à l'article 1.
Article 3 : La société BGCV est condamnée à garantir la société Secom Alu à hauteur de 40% de la somme fixée à l'article 1.
Article 4 : La société BGCV est condamnée à verser une indemnité de 3 542,62 euros (trois mille cinq cent quarante-deux euros et soixante-deux centimes) à la société SMABTP, au titre désordre relatif à la détérioration du parquet des bureaux 305 et 306 du bâtiment " Les Bazinières ".
Article 5 : La société Perrin Raymond est condamnée à verser une indemnité de 819,79 euros (huit cent dix-neuf euros et soixante-dix-neuf centimes) à la société SMABTP, au titre désordre relatif au passage d'air, de bruit et de fumée entre les garages et la salle de réunion du bâtiment " Les Bazinières ".
Article 6 : La société BGCV est condamnée à verser une indemnité de 1 172,80 euros (mille cent soixante-douze euros et quatre-vingt centimes) à la société SMABTP, au titre désordre relatif à une auréole du plafond du bureau 317 du bâtiment " Les Bazinières ".
Article 7 : La société BGCV est condamnée à verser une indemnité de 856,39 euros (huit cent cinquante-six euros et trente-neuf centimes) à la société SMABTP, au titre désordre relatif à l'ouverture excessive d'un joint de dilatation dans le plancher du bureau 206 deuxième étage du bâtiment " Les Bazinières ".
Article 8 : La société Secom Alu est condamnée à verser une indemnité de 1 672 euros (mille six cent soixante-douze euros) à la société SMABTP, au titre désordre relatif à la déformation des habillages en partie haute des châssis avec risque de chute du bâtiment " Les Bazinières ".
Article 9 : La société BGCV, la société Secom Alu et la société Perrin Raymond verseront chacune une somme de 1000 euros à la société SMABTP au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 10 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 : Le présent jugement sera notifié à l'office public de l'habitat de Vendée, à la société SMABTP, à la société ABP Architecture, à la société Settec, à la société Maret, à la société Socotec Construction, à la société Perrin Raymond, à la société BGCV et à la société Isolya.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Loirat, présidente,
M. Gauthier, premier conseiller,
M. Marowski, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juillet 2022.
Le rapporteur,
Y. B
La présidente,
C. LOIRAT
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026