mardi 27 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1907421 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | NAITALI |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête, enregistrée sous le n° 1907421 le 8 juillet 2019, M. C A, représenté par Me Naitali, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 7 205,07 euros au titre du préjudice financier subi à raison de l'illégalité de la décision le plaçant en congé de maladie sans traitement, outre 25 000 euros au titre du préjudice moral subi ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté du 17 septembre 2018 par lequel le recteur de l'académie de Nantes l'a placé en congé de maladie sans traitement sur la période du 20 mars au 6 avril 2018 et du 28 mai au 10 juillet 2018, puis à plein traitement du 10 septembre 2018 au 9 octobre 2018 et à demi-traitement du 10 octobre 2018 au 9 novembre 2018 est insuffisamment motivé et méconnaît l'article 12 du décret du 17 janvier 1986 à raison de l'ancienneté de son contrat ;
- les arrêtés des 5 décembre 2018 et 8 janvier 2019 le plaçant en congé sans traitement pour inaptitude physique et temporaire sont insuffisamment motivés et sont entachés d'une erreur de droit ;
- la gestion de son dossier administratif par le recteur de l'académie de Nantes est fautive ;
- les fautes ainsi commises engagent la responsabilité de l'administration et lui ont causé un préjudice financier évalué à 7 205,07 euros dès lors qu'il devait être rémunéré, durant son arrêt maladie, à plein traitement durant trois mois, puis à demi-traitement durant trois mois ;
- il a subi un préjudice moral, dont il demande réparation à hauteur de 5 000 euros, ayant subi une atteinte à son honneur en raison de son placement en inaptitude physique temporaire ;
- il a subi un préjudice moral, dont il demande réparation à hauteur de 20 000 euros, à raison des fautes répétées dans la gestion de sa situation administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le recteur de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
II - Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 1913891 les 16 décembre 2019 et 27 octobre 2022, M. C A, représenté par Me Naitali, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 2 octobre 2019 par la directrice régionale des finances publiques des Pays-de-la-Loire pour avoir paiement d'une somme de 8 850,40 euros au titre d'un trop-perçu de rémunération ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 4 986,18 euros correspondant aux traitements non perçus pour la période de février 2018 à février 2019, ainsi qu'une indemnité de 7 000 euros en réparation des préjudices financiers et moraux subis ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception est insuffisamment motivé ;
- le recteur a commis des erreurs dans le calcul du trop-perçu qui lui est réclamé, n'ayant pas pris en compte son ancienneté de plus de trois ans pour le maintien de son traitement durant son congé pour maladie ;
- la liquidation des sommes qui lui sont réclamées comporte des erreurs ;
- la gestion fautive de sa situation administrative par le rectorat lui a causé des préjudices financiers et moraux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2022, le recteur de l'académie de Nantes conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que la contestation du titre de perception n'a pas été précédée du recours préalable obligatoire devant le comptable public ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Me Mpiga, substituant Me Naitali, avocat de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir exercé les fonctions de professeur de mathématiques et de sciences physiques en collèges et lycées pendant plusieurs années dans le cadre de contrats à durée déterminée, M. A a été embauché par le recteur de l'académie de Nantes sous contrat à durée indéterminée, à compter du 1er septembre 2008. Par la suite, M. A a été reçu au concours interne en vue de l'obtention du certificat d'aptitude au professorat de lycée professionnel, au titre de la session 2016, dans la discipline " mathématiques et sciences physiques ". A compter du 1er septembre 2016, il a été nommé professeur stagiaire au lycée professionnel Henri Dunant d'Angers. Par une décision du 29 juin 2017, le recteur de l'académie de Nantes a refusé la prolongation de son stage ainsi que sa titularisation. Par un arrêté du 25 septembre 2017, le ministre de l'éducation nationale a prononcé son licenciement. Le 19 février 2018, M. A a signé un nouveau contrat à durée indéterminée à temps complet. Le 20 mars 2018, M. A a été placé en congé maladie jusqu'au 6 avril 2018. Il a par la suite adressé de nouveaux arrêts de travail du 28 mai 2018 au 15 juin 2018, du 16 juin 2018 au 10 juillet 2018, puis du 10 septembre au 10 novembre 2018. Par arrêté du 17 septembre 2018, le recteur de l'académie de Nantes l'a ainsi placé en congé de maladie sans traitement pour la période du 20 mars 2018 au 6 avril 2018 et du 28 mai 2018 au 10 juillet 2018, en congé maladie à plein traitement pour la période du 10 septembre au 9 octobre 2018, et à demi-traitement pour la période du 10 octobre 2018 au 9 novembre 2018. Puis, par arrêté du 5 décembre 2018, le recteur de l'académie de Nantes a placé M. A en congé sans traitement pour inaptitude physique temporaire du 3 décembre 2018 au 3 janvier 2019. Par arrêté du 8 janvier 2019, il a, à nouveau, été placé en congé sans traitement pour inaptitude physique temporaire pour la période du 7 janvier 2019 au 6 février 2019. Par courrier en date du 11 mars 2019, M. A a adressé au recteur de l'académie de Nantes une réclamation préalable demandant à être indemnisé des préjudices financiers et moraux subis à raison des décisions illégales prises par le rectorat quant à ses droits à rémunération pendant sa période de congé maladie, et du préjudice moral subi à raison de la gestion hasardeuse de sa situation administrative. Par sa requête n° 1907421, M. A demande au tribunal de l'indemniser des préjudices financiers subis à raison de son placement en congé de maladie sans traitement, ainsi que des préjudices moraux subis à raison de la gestion fautive de son dossier par l'administration ainsi qu'à raison de son placement en congé pour inaptitude physique temporaire. Le 2 octobre 2019, la directrice régionale des finances publiques des Pays de la Loire a émis à l'encontre de M. A un titre de perception d'un montant de 8 850,40 euros au titre de trop-perçus de rémunération pendant ses périodes de congé pour maladie. Par sa requête n° 1913891, M. A demande au tribunal d'annuler ce titre de perception et de l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir subis.
2. Les requêtes n° 1907421 et 1913891 concernent la situation d'un même agent et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
3. Aux termes de l'article 118 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " En cas de contestation d'un titre de perception, avant de saisir la juridiction compétente, le redevable doit adresser cette contestation, appuyée de toutes pièces ou justifications utiles, au comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer. / Le droit de contestation d'un titre de perception se prescrit dans les deux mois suivant la notification du titre ou, à défaut, du premier acte de poursuite qui procède du titre en cause. / Le comptable compétent accuse réception de la contestation en précisant sa date de réception ainsi que les délais et voies de recours. Il la transmet à l'ordonnateur à l'origine du titre qui dispose d'un délai pour statuer de six mois à compter de la date de réception de la contestation par le comptable. A défaut d'une décision notifiée dans ce délai, la contestation est considérée comme rejetée. / La décision rendue par l'administration en application de l'alinéa précédent peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ou, à défaut de cette notification, dans un délai de deux mois à compter de la date d'expiration du délai prévu à l'alinéa précédent. " Il résulte de ces dispositions qu'avant de saisir la juridiction administrative d'un recours dirigé contre un titre de perception, le recevable doit adresser une réclamation écrite au comptable chargé du recouvrement du titre de perception.
4. L'institution d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, vise à laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Pour autant, dès lors que le recours administratif obligatoire a été adressé à l'administration préalablement au dépôt de la demande contentieuse, la circonstance que cette dernière demande ait été présentée de façon prématurée, avant que l'autorité administrative ait statué sur le recours administratif, ne permet pas au juge administratif de la rejeter comme irrecevable si, à la date à laquelle il statue, est intervenue une décision, expresse ou implicite, se prononçant sur le recours administratif.
5. Il résulte de l'instruction que M. A a, par courrier daté du 16 décembre 2019, adressé le 19 décembre suivant, une réclamation préalable à la direction régionale des finances publiques des Pays de la Loire, soit postérieurement à l'enregistrement de la requête. Par ce courrier, adressé tant au rectorat de l'académie de Nantes qu'à la direction des finances publiques, et intitulé " demande préalable et recours gracieux contre le titre de perception ", M. A conteste le montant des sommes qui lui sont réclamées, les estimant inexactes dès lors qu'il n'a pas reçu l'intégralité des traitements qui lui étaient dus, et sollicite du recteur le versement de sommes qu'il estime lui être dues, ainsi que l'indemnisation du préjudice qu'il estime avoir subi. Toutefois, ce courrier été adressé au comptable public postérieurement à l'introduction du recours contentieux. Ainsi, M. A ne justifie pas avoir, préalablement à l'introduction du recours contentieux, formé un recours devant le comptable public. Par suite, ainsi que le fait valoir le recteur en défense, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du titre de perception doivent être rejetées comme étant irrecevables.
Sur la responsabilité de l'administration :
6. En premier lieu, d'une part aux termes de l'article 33-3 du décret du 17 janvier 1896 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat dans sa version alors applicable : " L'agent contractuel recruté pour répondre à un besoin permanent bénéficie, sur sa demande, d'un congé sans rémunération lorsqu'il est admis à suivre soit un cycle préparatoire à un concours donnant accès à un des emplois de fonctionnaires mentionnés à l'article 2 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, à un emploi militaire, de fonctionnaire des assemblées parlementaires ou de magistrat de l'ordre judiciaire ou à un emploi de la fonction publique internationale, soit une période probatoire ou une période de scolarité préalable à une nomination dans l'un de ces emplois. / Ce congé est accordé pour la durée du cycle préparatoire, du stage et, le cas échéant, celle de la scolarité préalable au stage. Il est renouvelé de droit lorsque ces périodes sont prolongées. / Si, à l'issue du stage, l'agent est titularisé, il est mis fin de plein droit à son contrat sans indemnité ni préavis. / Si l'agent n'est pas admis au concours, à l'issue du cycle préparatoire, ou n'est pas titularisé à l'issue du stage, il est réemployé dans les conditions définies à l'article 32. Pour les agents recrutés par contrat à durée déterminée, ce réemploi s'applique pour la durée de l'engagement restant à courir. "
7. D'autre part, aux termes de l'article 12 du même décret : " L'agent contractuel en activité bénéficie, sur présentation d'un certificat médical, pendant une période de douze mois consécutifs si son utilisation est continue ou au cours d'une période comprenant trois cents jours de services effectifs si son utilisation est discontinue, de congés de maladie dans les limites suivantes : / Après quatre mois de services : / -un mois à plein traitement ; / -un mois à demi-traitement ;/ Après deux ans de services :/ -deux mois à plein traitement ;/ -deux mois à demi-traitement ;/ Après trois ans de services :/ -trois mois à plein traitement ; / -trois mois à demi-traitement. "
8. Il résulte de l'instruction que M. A a été embauché, en qualité de professeur contractuel, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée à compter du 1er septembre 2018. Il est constant que suite à sa réussite au concours interne en vue de l'obtention du certificat d'aptitude au professorat de lycée professionnel, au titre de la session 2016, dans la discipline " mathématiques et sciences physiques ", M. A a effectué un stage à l'issue duquel il n'a pas été titularisé et a été licencié de ses fonctions de professeur stagiaire par arrêté ministériel du 25 septembre 2017. Pour autant, il ressort tant des écritures du recteur en défense que des pièces du dossier, et notamment du courrier du 29 avril 2019 par lequel le recteur a procédé à la réévaluation triennale de son contrat de travail à durée indéterminée en prenant notamment en compte sa manière de servir au cours de l'année scolaire 2015-2016, soit antérieurement à sa réussite au concours, que le contrat à durée indéterminée du 1er septembre 2018 n'a jamais été rompu, mais a été suspendu au cours de la période de stage. Dès lors, ainsi que le fait valoir M. A, à la date du 20 mars 2018, début de son premier arrêt pour maladie, il justifiait de plus de trois ans de service. Ainsi, en application des dispositions de l'article 16 du décret du 17 janvier 1986 précité, il pouvait prétendre à trois mois d'arrêt pour maladie à plein traitement, puis à trois mois à demi-traitement. Or, par l'arrêté du 17 septembre 2018, le recteur lui a accordé seulement, au cours de la période de 20 mars 2018 au 9 novembre 2018, un congé d'un mois à plein traitement et d'un mois à demi-traitement. Par suite, ainsi que le soutient M. A cet arrêté est entaché d'illégalité, et cette illégalité est de nature à engager la responsabilité de l'administration.
9. En deuxième lieu, en application de l'article 16 du décret du 17 janvier 1986 précité dans sa version alors applicable : " L'agent contractuel qui cesse ses fonctions pour raison de santé ou pour bénéficier d'un congé de maternité, de paternité, d'adoption ou d'accueil d'un enfant et qui se trouve sans droit à congé rémunéré est : / - en cas de maladie, placé en congé sans traitement pour maladie pour une durée maximale d'une année si l'incapacité d'exercer les fonctions est temporaire. Les dispositions du 3° de l'article 17 lui sont applicables lorsque l'incapacité de travail est permanente () "
10. D'une part, la décision par laquelle l'administration place un agent contractuel, qui a cessé ses fonctions pour raisons de santé et qui se trouve sans droit à être rémunéré, en congé sans traitement pour maladie ne fait pas partie des décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme inopérant.
11. D'autre part, il résulte de l'instruction que M. A a présenté à son employeur un arrêt de travail établi par son médecin pour la période du 3 décembre 2018 au 3 janvier 2019, puis du 7 janvier 2019 au 6 février 2019. Par suite, l'administration n'a pas commis de faute en le plaçant, par arrêtés des 5 décembre 2018 et 8 janvier 2019, en arrêt pour inaptitude physique temporaire pour les périodes du 3 décembre 2018 au 3 janvier 2019, puis du 7 janvier 2018 au 6 février 2019, cette position correspondant à un arrêt maladie. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait commis une illégalité fautive en édictant les arrêtés des 5 décembre 2018 et 8 janvier 2019.
12. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que le rectorat, en sa qualité d'employeur, a délivré à M. A deux attestations destinées à pôle emploi en date des 18 octobre 2017 et 25 janvier 2018 et faisant état, au titre de la cause de la rupture, pour l'une de la fin d'un contrat à durée déterminée en qualité d'enseignant contractuel, puis de son licenciement en qualité de professeur de lycée stagiaire, et comportant des dates différentes quant à la durée de la relation de travail. Puis, le 19 février 2018 lui a été présenté un nouveau contrat à durée indéterminée, alors même que le contrat à durée indéterminée du 1er septembre 2008 n'a jamais été rompu. Ainsi que le fait valoir M. A, eu égard à la succession de ces attestations contradictoires et à la présentation d'un nouveau contrat à durée indéterminée revêtant un caractère superfétatoire, l'administration a commis une faute dans la gestion administrative de la situation de M. A, faute de nature à engager sa responsabilité.
Sur les préjudices :
13. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que l'administration a engagé sa responsabilité en faisant bénéficier M. A, pour la période du 20 mars 2018 au 6 février 2019, d'un arrêt maladie avec plein traitement pendant un mois et à demi-traitement pendant un mois, alors qu'au cours de cette période il pouvait prétendre à trois mois de congé maladie à plein traitement, puis de trois mois à demi-traitement. Cette illégalité lui a causé un préjudice financier constitué par la différence entre une rémunération à plein traitement pour la période du 20 mars au 6 avril 2018, puis du 28 mai au 10 juillet 2018 et du 10 septembre au 7 octobre 2018, et à demi-traitement du 8 octobre au 10 novembre 2018, puis du 3 décembre 2018 au 3 janvier 2019 et du 7 janvier au 30 janvier 2019, et la rémunération perçue à plein traitement pour la période du 10 septembre au 9 octobre 2018 et à demi-traitement du 10 octobre 2018 au 9 novembre 2018. L'Etat doit ainsi être condamné à lui verser les sommes résultant de cette différence, au titre de son préjudice financier, et M. A sera renvoyé devant l'administration pour la liquidation des sommes lui étant dues.
14. Il résulte de ce qui a été dit aux points 10 et 11 que M. A ne peut se prévaloir d'un préjudice au titre d'une atteinte à son honneur à raison des décisions rectorales des 5 décembre 2018 et 8 janvier 2019 de le placer en " arrêt pour inaptitude physique temporaire", ces décisions devant être analysées en des congés maladies. En revanche, il ressort de ce qui a été dit au point 12 que durant plusieurs mois, le requérant a été placé dans une situation d'incertitude quant à sa situation administrative, situation qui est à l'origine d'un préjudice moral et de troubles dans les conditions d'existence de M. A. Il lui sera alloué une somme de 1 000 euros en indemnisation de ce préjudice.
Sur les frais liés au litige :
15. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. A une somme égale à la différence entre, d'une part, la rémunération à plein traitement pour les périodes des 20 mars au 6 avril 2018, puis du 28 mai au 10 juillet 2018 et du 10 septembre au 7 octobre 2018, et à demi-traitement pour les périodes du 8 octobre au 10 novembre 2018, puis du 3 décembre 2018 au 3 janvier 2019 et du 7 janvier au 30 janvier 2019 et, d'autre part, la rémunération à plein traitement pour la période du 10 septembre au 9 octobre 2018 et à demi-traitement du 10 octobre 2018 au 9 novembre 2018 qu'il a perçue. M. A est renvoyé devant le recteur de l'académie de Nantes pour qu'il soit procédé à la liquidation de ces sommes.
Article 2 : L'Etat est condamné à verser à M. A une indemnité de 1 000 euros en réparation du préjudice moral subi et des troubles dans les conditions d'existence.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête n° 1907421 et la requête n° 1913891 de M. A sont rejetés.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie sera adressée à la rectrice de l'académie de Nantes.
Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Martel, première conseillère,
Mme Sainquain-Rigollé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 décembre 2022.
La rapporteure,
C. B
Le président,
S. DEGOMMIER La greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 1913891
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026