mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1908034 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI & MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, respectivement enregistrées les 18 et 24 juillet et les 12 et 19 août 2019, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner le centre hospitalier du Mans à l'indemniser des préjudices qu'elle a subis et qui sont liés à sa prise en charge au sein de cet établissement de santé à compter du 11 avril 2019.
Elle soutient que :
- le centre hospitalier du Mans a commis des fautes dans sa prise en charge à compter du 11 avril 2019 ; elle a souffert d'une péritonite provoquée par la perforation de son intestin au décours d'une annexectomie bilatérale ; ses plaintes et symptômes à la suite de cette intervention chirurgicale n'ont pas été pris en compte, retardant la réalisation des examens ayant permis de détecter une grave péritonite ; cette péritonite l'a diminuée physiquement et psychologiquement et l'a obligée à retarder la prise en charge de son cancer des ovaires ;
- l'ensemble de ses préjudices doit être réparé.
Par un mémoire enregistré le 17 septembre 2019, la caisse primaire d'assurance maladie de Loire-Atlantique déclare avoir versé des prestations en lien direct et certain avec la perforation intestinale subie par Mme A, à hauteur, a minima, de 4 587,88 euros mais ne pas être en mesure de transmettre sa créance définitive en l'absence d'expertise médicale.
Par un mémoire enregistré le 31 octobre 2019, le centre hospitalier du Mans, représenté par Me Chabot puis par Me Meunier, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête de Mme A est irrecevable dès lors, d'une part, qu'en méconnaissance des dispositions de l'article R.411-1 du code de justice administrative, ses conclusions indemnitaires ne sont pas chiffrées et, d'autre part, qu'elle ne comporte aucun examen des faits et des moyens soulevés ;
- sa responsabilité ne saurait être engagée ; il n'a commis aucune faute dans la prise en charge de Mme A.
Par un mémoire enregistré le 9 janvier 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, représenté par Me Saidji, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête de Mme A est irrecevable dès lors qu'en méconnaissance des dispositions de l'article R.411-1 du code de justice administrative, les conclusions indemnitaires de cette dernière ne sont pas chiffrées et le fondement de sa demande n'est pas formulé de manière suffisamment précise ;
- en tout état de cause, aucune indemnisation ne peut être mise à sa charge ; seule une expertise judiciaire permettra de déterminer le lien de causalité entre la perforation de l'intestin grêle et les séquelles de Mme A.
Un mémoire produit par la caisse primaire d'assurance maladie de Loire-Atlantique et enregistré le 7 mars 2023 n'a pas été communiqué.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Baufumé, rapporteure,
- les conclusions de Mme Dubus, rapporteure publique,
- et les observations de Me Meunier représentant le centre hospitalier du Mans.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 avril 2019, Mme B A, née le 2 janvier 1968, a subi une annexectomie bilatérale au sein du centre hospitalier du Mans (Sarthe). En raison de l'apparition de nausées et d'une perte d'appétit, un scanner a été réalisé le 14 avril 2019 et a permis de diagnostiquer une péritonite. Elle a alors subi, le jour-même et en urgence, une laparotomie au cours de laquelle une plaie à l'intestin a été décelée et suturée. Mme A a ensuite été hospitalisée au sein du service de réanimation puis de celui de chirurgie digestive du même établissement de santé.
2. Estimant que sa prise en charge au sein du centre hospitalier du Mans avait été défaillante, Mme A a, par courrier du 6 mai 2019, adressé une demande indemnitaire préalable à l'établissement de santé. Par décision du 15 juillet 2019 de sa directrice de la qualité, de la gestion des risques et des usagers, le centre hospitalier a rejeté la demande d'indemnisation de Mme A, estimant que cette dernière avait souffert d'une complication rare et connue de la chirurgie par cœlioscopie, dont elle avait par ailleurs été informée des risques. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner le centre hospitalier du Mans à l'indemniser des préjudices subis à la suite de sa prise en charge par l'établissement de santé à compter du 11 avril 2019.
Sur les fins de non-recevoir opposées par le centre hospitalier du Mans :
3. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge () ".
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier du Mans, Mme A, aux termes de sa requête enregistrée le 18 juillet 2019, entend, nonobstant une présentation maladroite, d'une part, mettre en cause la responsabilité de l'établissement de santé en raison des fautes commises dans sa prise en charge au décours de son hospitalisation le 11 avril 2019, et plus particulièrement de la perforation intestinale et du diagnostic tardif de cette dernière, et, d'autre part, obtenir la condamnation du centre hospitalier à l'indemnisation des préjudices qu'elle allègue avoir subis en lien avec ces fautes. Dans ces conditions, la requête de Mme A satisfait à l'exigence des conditions posées par l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier du Mans ne peut qu'être rejetée.
5. En second lieu, le défaut de chiffrage des conclusions ne peut être opposé à un requérant lorsque celui-ci n'est pas en mesure d'évaluer ses préjudices. Il s'en suit que si les conclusions de la requête introductive d'instance tendant à la condamnation du centre hospitalier du Mans ne sont pas chiffrées et encourent par conséquent l'irrecevabilité, Mme A conserve la possibilité de les chiffrer à la suite du rapport qui sera déposé dans le cadre de l'expertise ordonnée ci-après avant dire-droit. Par suite, et compte tenu de ce qui est exposé au point 8 ci-dessous, la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires :
6. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ". D'autre part, aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision () ". Une telle expertise n'est ordonnée, le cas échéant, que si le tribunal s'estime insuffisamment éclairé pour se prononcer sur les conclusions dont il est saisi. Il appartient ainsi au juge, saisi d'une demande d'expertise, d'apprécier son utilité au vu des pièces du dossier, notamment, le cas échéant, des rapports des expertises prescrites antérieurement s'ils existent, et au regard des motifs de droit et de fait qui justifient, selon le demandeur, la mesure sollicitée.
7. Il est constant que le 11 avril 2019, Mme A a subi une intervention chirurgicale consistant en une annexectomie bilatérale au sein du centre hospitalier du Mans, qu'elle a ensuite souffert de nausées et d'une perte d'appétit qui ont entraîné, trois jours après, soit le 14 avril 2019, la réalisation d'un scanner ayant permis de déceler une péritonite. Il résulte par ailleurs de l'instruction, et plus particulièrement d'un compte rendu opératoire, qu'elle a subi le jour même, en urgence, une laparotomie ayant permis de déceler et de suturer une plaie intestinale. Il n'est par ailleurs pas contesté que la requérante a, par la suite et pendant plusieurs jours, été hospitalisée au sein du service de réanimation puis de celui de chirurgie digestive de l'établissement de santé.
8. Il résulte de ce qui précède, d'une part, qu'au décours de l'annexectomie bilatérale subie par Mme A le 11 avril 2019, cette dernière a souffert d'une complication consistant en une perforation de son intestin grêle. Toutefois, aucun compte-rendu d'expertise n'ayant été produit par les parties, le tribunal ne peut statuer de manière suffisamment éclairée, ni sur le caractère fautif ou non fautif de cette perforation intestinale et d'un éventuel retard dans le diagnostic de cette dernière, ni sur le lien de causalité entre cette perforation et/ou ce retard de diagnostic et les différents préjudices subis par Mme A ni sur l'information apportée à la patiente avant la réalisation de la cœlioscopie du 11 avril 2019.
9. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner, avant dire droit, une expertise médicale complémentaire aux fins précisées ci-après.
DECIDE :
Article 1er : Il sera, avant de statuer sur la requête de Mme A, procédé par un expert spécialisé en chirurgie viscérale, désigné par le président du tribunal administratif, à une expertise avec mission pour l'expert de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé et au dossier médical de Mme B A, se rapportant notamment à sa prise en charge au sein du centre hospitalier du Mans à compter du 11 avril 2019 dans le cadre de l'annexectomie bilatérale et des suites de cette opération ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces des dossiers médicaux de Mme A ;
2°) de procéder à l'examen de Mme A et de décrire l'état de santé de cette dernière et les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge et soignée au sein du centre hospitalier du Mans à l'occasion de l'hospitalisation citée au point 1°) ; donner son avis sur la prise en charge de Mme A au cours de l'intervention du 11 avril 2019, dans les jours qui ont suivi cette opération, au cours de la réalisation de la laparotomie le 14 avril 2019 et dans les jours qui ont suivi cette opération ; donner son avis sur l'origine de la perforation intestinale, entraînée par un geste technique au cours de l'opération du 11 avril 2019 ou par une autre cause ; préciser, le cas échéant, la nature de cette autre cause ;
3°) réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si des manquements ont été commis au moment de l'annexectomie bilatérale et notamment dans la réalisation du geste technique ayant pu entraîner la perforation intestinale ainsi que dans la prise en charge de Mme A à la suite de cette opération et jusqu'au 14 avril 2019 ; indiquer en particulier si un retard a été pris dans la réalisation d'un scanner au regard des symptômes de Mme A ; indiquer si les diagnostics établis et les traitements, interventions et soins prodigués et leur suivi ont été consciencieux, attentifs, diligents et conformes aux données acquises de la science, et s'ils étaient adaptés à l'état de Mme A ;
4°) réunir tous les éléments devant permettre de déterminer si les séquelles de Mme A sont liées au retard éventuel dans le diagnostic de la perforation intestinale ; indiquer si en l'absence d'un tel retard, la perforation aurait évolué en péritonite et si oui, en péritonite de même importance ; se prononcer sur l'existence ou l'absence d'un tel lien de causalité entre ce retard éventuel de diagnostic et l'importance des séquelles subies par Mme A ;
5°) indiquer quel est le pourcentage de risque qu'une annexectomie bilatérale entraîne une perforation de l'intestin grêle, d'un point de vue général et dans le cas précis de Mme A ; indiquer notamment si d'autres pathologies ou facteurs liés à l'état de santé de Mme A ont pu expliquer l'apparition d'une telle perforation et dans quelle mesure ; déterminer les conséquences probables de la pathologie présentée (kyste ovarien) en l'absence d'intervention (annexectomie bilatérale) ;
6°) donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constaté(s) ont fait perdre à Mme A une chance de voir son état de santé s'améliorer ou d'éviter de le voir se dégrader ; dans cette hypothèse, quantifier l'éventuelle perte de chance (pourcentage) ;
7°) dire si l'état de santé de Mme A est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ;
8°) décrire la nature et l'étendue des éventuelles séquelles gardées par Mme A en distinguant celles éventuellement liées à sa pathologie initiale et celles éventuellement liées à la perforation de son intestin et au retard éventuel dans le diagnostic de cette perforation ; évaluer le déficit fonctionnel temporaire et permanent en distinguant la part due à la pathologie initiale, de celle imputable, le cas échéant, à un manquement du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;
9°) dégager, en les spécifiant, les éléments propres à justifier une indemnisation au titre de la douleur et du préjudice esthétique (temporaire et/ou permanent), en les qualifiant selon l'échelle : très léger, léger, modéré, moyen, assez important, important ou très important ; distinguer, ce faisant, les préjudices éventuellement liés à la pathologie initiale, de ceux imputables, le cas échéant, à un manquement du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;
10°) se prononcer sur l'existence d'un préjudice sexuel, d'un préjudice professionnel et d'agrément ; le cas échéant, évaluer leur importance ; distinguer, ce faisant, les préjudices éventuellement liés à la pathologie initiale, de ceux imputables, le cas échéant, à un manquement du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;
11°) se prononcer, le cas échéant, sur la nécessité d'avoir recours à une tierce personne, la qualification requise et la durée de l'intervention ; distinguer, ce faisant, les préjudices éventuellement liés à la pathologie initiale, de ceux imputables, le cas échéant, à un manquement du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;
12°) se prononcer sur la nécessité de soins médicaux, paramédicaux, d'appareillage ou de prothèse, après consolidation, pour éviter une aggravation de l'état séquellaire ; justifier l'imputabilité des soins aux complications en cause en précisant s'il s'agit de frais occasionnels, c'est-à-dire limités dans le temps, ou de frais viagers, c'est-à-dire engagés la vie durant ; distinguer, ce faisant, les préjudices éventuellement liés à la pathologie initiale, de ceux imputables, le cas échéant, à un manquement du centre hospitalier ou à un accident médical non fautif ;
13°) se prononcer sur le lien éventuel entre la péritonite subie par Mme A et/ou l'éventuel retard pris dans le diagnostic de cette péritonite et le fait qu'elle ait dû éventuellement repousser les soins liés à la prise en charge de son cancer ovarien ;
14°) réunir tous les éléments permettant de déterminer si Mme A a été informée du risque lié à l'opération d'annexectomie bilatérale par coelioscopie et consistant en une perforation de l'intestin grêle ; donner son avis sur le fait qu'elle a ou non été correctement informée de ce risque par le centre hospitalier du Mans ;
15°) de manière générale, donner toute information utile à la solution du litige.
Article 2 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le Tribunal. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de Mme A, du centre hospitalier du Mans, de la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique et de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Article 5 : L'expert déposera son rapport au greffe du Tribunal en deux exemplaires et en notifiera copie aux parties avant le 30 novembre 2023.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au centre hospitalier du Mans, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Loire-Atlantique et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Béria-Guillaumie, présidente,
M. Echasserieau, premier conseiller,
Mme Baufumé, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
La rapporteure,
A. BAUFUMÉLa présidente,
M. C
La greffière,
Y. BOUBEKEUR
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention
en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis
en ce qui concerne les voies de droit commun
contre les parties privées, de pourvoir
à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
1
N°1908034
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026