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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-1908249

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-1908249

mercredi 5 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-1908249
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantBOULANGER & JOUBERT-BOULANGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête des mémoires, enregistrés les 24 juillet 2019 et 23 décembre 2021, la société Concept Métallerie, représentée par Me Boulanger, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire n° 493 émis le 23 mai 2019 par la commune du Croisic pour une somme de 102 450 euros ;

2°) de la décharger de l'obligation de payer ;

3°) de procéder à la modulation des pénalités ;

4°) de condamner la commune du Croisic à lui verser la somme de 48 412,92 euros en paiement de factures assortie des intérêts moratoires au taux majoré de la BCE majoré de 8 points à compter du 22 décembre 2020, ainsi que la somme forfaitaire de 40 euros ;

5°) de mettre à la charge de la commune du Croisic une somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant de la régularité du titre :

- le signataire du titre attaqué n'était pas compétent pour ce faire ;

- le titre litigieux n'a pas été signé ;

- le titre litigieux n'indique pas les bases de liquidation ;

S'agissant du bien-fondé de la créance :

- le retard relatif à l'habillage sur la façade côté Haute Grande rue ne lui est pas imputable, dès lors que cette prestation nécessitait l'intervention préalable du maçon ;

- le retard relatif aux échelons de toiture ne lui est pas imputable, dès lors que les plans de réalisation ne lui ont été transmis que le 10 février 2019 et qu'elle ne pouvait intervenir qu'après la réalisation de la toiture zinc ;

- le retard relatif aux blocs porte et à la menuiserie acier ne lui est pas imputable alors qu'à la date du 6 juillet 2018, la maçonnerie n'était pas encore réalisée ;

- le retard relatif aux pare-vues et garde-corps ne lui est pas imputable, dès lors que l'entreprise en charge du lot " menuiseries intérieures " n'a achevé ses travaux que le 15 juin 2019 ;

- le retard relatif aux finitions ne peut par voie de conséquence lui être imputé ;

- la pénalité appliquée pour défaut de communication des documents à communiquer en cours de chantier est dépourvue de base contractuelle ;

- les pénalités pour absence aux réunions de chantier sont dépourvue de base contractuelle ;

- le montant des pénalités de retard appliqué est excessif et doit faire l'objet d'une modulation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 novembre 2021 et 20 janvier 2022, la commune du Croisic, représentée par Me Giroud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Concept Métallerie au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions tendant à ce qu'elle soit condamnée à verser à la société requérante la somme de 48 412,92 euros du marché assortie des intérêts moratoires au taux majoré de la BCE majoré de 8 points à compter du 22 décembre 2020, ainsi que la somme forfaitaire de 40 euros sont irrecevables, dès lors qu'aucune demande préalable de paiement ne lui a été adressée et que ces conclusions nouvelles ont été présentées postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux ;

- les moyens invoqués par la société requérante ne sont pas fondés.

Un mémoire présenté par la société Concept Métallerie a été enregistré le 7 février 2022.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la société Concept Métallerie à la condamnation de la commune du Croisic à lui verser la somme de 48 412,92 euros en paiement du solde du marché assortie des intérêts moratoires au taux majoré de la BCE majoré de 8 points à compter du 22 décembre 2020, ainsi que la somme forfaitaire de 40 euros pour défaut de demande préalable.

Par ordonnance du 20 janvier 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 7 février 2022 à midi.

Un mémoire présenté par la société Concept Métallerie a été enregistré le 7 février 2022.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Dias, rapporteur public,

- et les observations de Me Giroud, représentant la commune du Croisic

Considérant ce qui suit :

1. Dans le cadre d'une opération de réhabilitation de la salle municipale Jeanne d'Arc, la commune du Croisic a confié à la société Concept Métallurgie le lot n° 7 " serrurerie/métallerie " par un marché signé le 7 avril 2014, pour un montant de 118 895,25 euros HT soit 142 674,30 euros TTC, ramené à 115 111,80 euros HT soit 138 134,16 euros TTC par un avenant du 28 mars 2019. Par ordre de service n° 1, le démarrage des travaux a été prescrit au 6 juin 2017 avec une fin initialement prévue le 5 septembre 2018. Par courrier du 7 décembre 2018, reçu le 11 décembre suivant, la commune du Croisic a mis en demeure l'entreprise de mettre le bâtiment hors d'eau et hors d'air, dans un délai de 15 jours, sous peine de résilier pour faute le marché. Par courrier du 14 mai 2019, la commune du Croisic a prononcé la résiliation du marché. Le 23 mai 2019, la commune du Croisic a émis un titre exécutoire d'un montant de 102 450 euros correspondant au montant total des pénalités de retard qu'elle estimait lui être dues par la société Concept Métallurgie. Par sa requête, cette société demande au tribunal d'annuler ce titre exécutoire et de condamner la commune du Croisic à lui verser une somme de 48 412,92 euros assortie des intérêts moratoires au taux majoré de la BCE majoré de 8 points à compter du 22 décembre 2020, en règlement du solde du marché.

Sur les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire :

En ce qui concerne la régularité du titre contesté :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation ". Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les noms, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.

3. Il résulte du parapheur électronique produit en défense que le bordereau du titre litigieux a été numériquement signé par Mme B C. Par arrêté du 27 juin 2014, le maire de la commune du Croisic a donné à cette dernière, délégation de signature pour signer tous actes, arrêtés et décisions en matière de finances et de comptabilité. Par suite, les moyens tirés de l'absence de signature du titre et de l'incompétence de son signataire doivent être écartés comme manquant en fait.

4. En second lieu, tout état exécutoire doit indiquer les bases de liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il a été émis, à moins que ces bases n'aient été préalablement portées à la connaissance du débiteur. La motivation doit être suffisante pour permettre au débiteur de discuter utilement des bases de liquidation des sommes mises à sa charge. Lorsque la base de la liquidation de la dette est indiquée par référence soit à un document joint à l'état exécutoire, soit un document précédemment adressé aux débiteurs, l'état exécutoire n'est entaché d'aucune illégalité si le document auquel il renvoie permet de définir les bases de la liquidation. L'indication des bases de la liquidation constitue une formalité substantielle dont le non-respect entraîne l'annulation de ce titre.

5. Il est constant qu'à l'occasion de la notification du titre litigieux, a été joint un tableau indiquant le détail des sommes mises à la charge de la société requérante au titre de pénalités pour retard dans l'exécution des travaux, retards ou absences aux réunions, retard sur la remise de document, pénalité pour non présentation des documents nécessaires à l'agrément de sous-traitant et pénalités appliquées sur le tri des déchets et respect de l'environnement. Pour chacune de ces pénalités, ce bordereau indique le montant unitaire ou forfaire de la pénalité ainsi que le nombre de jours de retards appliqué. Ces mentions permettent de contester utilement le bien-fondé du titre, ainsi que le fait au demeurant la société requérante dans ses écritures. Par suite, en dépit de ce que ce document n'a pas été établi par la commune du Croisic elle-même, le moyen tiré de ce que le titre litigieux n'indique pas de manière suffisamment précise les bases de liquidation de recouvrement de la créance mise à la charge de la société requérante doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de la créance :

S'agissant des pénalités pour retard dans l'exécution des travaux d'habillage côté Haute Grande Rue :

6. Si la société requérante soutient que le chantier a été décalé de plus de 6 mois, en raison d'un aléa résultant de la nature des sols qui ne lui est pas imputable et qui a nécessité la réalisation de fondations spéciales qui n'étaient pas prévues, il résulte de l'instruction que les retards litigieux ont été calculés en fonction d'un planning révisé et validé par les entreprises, le 15 novembre 2017, établi pour tenir compte des retards imputables aux difficultés rencontrées dans la réalisation des fondations.

7. Il résulte du planning prévisionnel de travaux établi par la maîtrise d'œuvre le 6 juin 2018 (page 87 du document 5.1 du dossier numérique) que la date d'échéance de réalisation des travaux mentionnés ci-dessus a été fixée au 27 juillet 2018. Aux termes du cahier des clauses techniques particulières, les travaux d'habillages de façade relevant du lot n° 7 comprenaient la fourniture et la pose de profils d'habillages de façade réalisés par profils en acier, en qualité extérieure, revêtue d'un traitement de surface Corten stabilisé comprenant appuis, jouées, linteaux, habillage de la tête de mur maçonné et des meneaux entre châssis en façade de la Haute Grande rue. Si la société requérante indique qu'elle ne pouvait poser le bardage avant l'intervention de la société Benaiteau titulaire du lot n° 2-3 maçonnerie traditionnelle, le compte rendu n° 45 du 6 mars 2019 auquel elle fait référence n'évoque que la reprise de pierres au droit du seuil de la porte d'entrée du bâtiment, laquelle était prévue le 13 mars 2019. Par ailleurs, il résulte des différents comptes rendus de chantier que la maîtrise d'œuvre était toujours en attente des échantillons pour l'habillage des baies sur la Haute Grande Rue et que ceux-ci n'ont finalement été présentés à l'architecte qu'en février 2019, tel que cela résulte du compte rendu n° 43 du 20 février 2019. Dans ces conditions, la société Concept Métallerie n'est pas fondée à soutenir que le retard de 130 jours dans l'exécution de travaux mentionnés ci-dessus ne lui est pas imputable.

S'agissant des pénalités pour retard dans l'exécution des travaux relatifs aux échelons de toiture :

8. Il résulte du planning prévisionnel de travaux établi par la maîtrise d'œuvre le 6 juin 2018 que la date d'échéance de réalisation des travaux mentionnés ci-dessus a été fixée au 28 septembre 2018. La société requérante soutient que les plans de réalisation ne lui ont été transmis que le 20 février 2019 et que la pose de cet équipement ne pouvait intervenir qu'après la réalisation de la toiture zinc par l'entreprise Guesneau, soit après le 29 mars 2019. Il résulte toutefois de l'instruction, d'une part, que la société requérante n'avait toujours pas fourni les détails relatifs aux échelons, échelles, crosses, saut de loups pour accès aux différentes terrasses en février 2019 et, d'autre part, que les travaux de pose de la toiture en zinc ont été réalisés au mois d'août 2018 tel que cela résulte du compte rendu OPC n° 22 du 29 août 2018. Dans ces conditions, la société Concept Métallerie n'est pas fondée à soutenir que le retard de 67 jours dans l'exécution des travaux mentionnés ci-dessus ne lui est pas imputable.

S'agissant des pénalités pour retard dans l'exécution des travaux relatifs aux blocs porte et menuiserie acier.

9. Il résulte du planning prévisionnel de travaux établi par la maîtrise d'œuvre le 6 juin 2018 que la date d'échéance de réalisation des travaux mentionnés ci-dessus a été fixée au 6 juillet 2018. La société requérante soutient qu'à cette date, les travaux de maçonnerie n'étaient pas encore réalisés. Toutefois, il résulte du compte rendu 0PC n° 15 du 6 juin 2018 qu'à cette date les murs relevant du lot gros œuvre étaient réalisés et qu'il était ordonné à la société requérante de procéder à la pose de ses ouvrages afin que l'entreprise de cloison/doublage puisse commencer ses travaux dès le 2 juillet 2018 dans la grande salle. Dans ces conditions, en dépit du problème de ségrégation des bétons évoqué par la société Concept Métallerie, celle-ci n'est pas fondée à soutenir que le retard de 151 jours dans l'exécution des travaux mentionnés ci-dessus ne lui serait pas imputable.

S'agissant des pénalités pour retard dans l'exécution des travaux relatifs aux pare-vues et garde-corps :

10. Il résulte du planning prévisionnel de travaux établi par la maîtrise d'œuvre le

6 juin 2018 que la date d'échéance de réalisation des travaux mentionnés ci-dessus a été fixée au 19 octobre 2018. La société requérante soutient que ces travaux ont été réalisés en coordination avec l'entreprise Perrin, en charge du lot " menuiseries intérieures ", et que celle-ci n'a terminé ses travaux que le 15 juin 2019. Il résulte toutefois du compte rendu OPC n° 34 du 28 novembre 2018 que ces travaux étaient suffisamment avancés à cette date, les finitions étant en cours, pour que la fin prévisionnelle des travaux de la société Perrin soit prévue le 30 novembre 2018, soit deux jours plus tard. Dans ces conditions, la société Concept Métallerie n'est pas fondée à soutenir que le retard de 46 jours dans l'exécution des travaux mentionnés ci-dessus ne lui est pas imputable.

S'agissant des pénalités pour retard dans l'exécution des travaux de finition :

11. Il résulte du planning prévisionnel de travaux établi par la maîtrise d'œuvre le

6 juin 2018 que la date d'échéance de réalisation des travaux mentionnés ci-dessus a été fixée au 2 novembre 2018. Il résulte des points 6 à 10 que la société requérante n'a pas été empêchée par des circonstances extérieures à elle-même de réaliser ses travaux dans les délais contractuellement prévus. Dans ces conditions, la société Concept Métallerie n'est pas fondée à soutenir que le retard de 32 jours dans l'exécution des travaux mentionnés ci-dessus ne lui est pas imputable.

S'agissant des pénalités de retard dans la communication de documents et des pénalités pour absence aux réunions de chantier :

12. Aux termes de l'article 6.3 du CCAP applicable au marché de travaux conclu entre la commune du Croisic et la société Concept Métallerie : " Pénalités pour retard-Primes d'avance / par dérogation aux stipulations de l'article 20.1 du CCAG-Travaux, seules les pénalités suivantes s'appliquent en cas de retard dans l'achèvement des travaux. () En cas de retard dans la remise de documents en cours de chantier (Plans, notes de calcul) suite à la demande du maître d'œuvre, du bureau de contrôle technique ou du coordonnateur SPS (documents listés à l'article 9.2 du présent C.C.A.P.), le titulaire subit une pénalité journalière de 150,00 Euros net pour chaque jour calendaire de retard. () Retards, absences au réunions : De même, en cas d'absence aux réunions de chantier, les entreprises dont la présence est requise se verront appliquer une pénalité forfaitaire fixée à 150,00 Euros net par absence. () ".

13. Il résulte des stipulations cités ci-dessus que, contrairement à ce que soutient la société Concept Métallerie, le cahier des clauses administratives particulières applicable au marché litigieux prévoyait des pénalités de retard pour la remise de documents en cours de chantier ainsi que des pénalités pour absence aux réunions de chantier. Par ailleurs, si la société requérante reproche à la commune du Croisic de l'avoir convoquée à toutes les réunions de chantier, y compris celles antérieures à son intervention, elle n'établit pas que sa présence était requise. Dans ces conditions, la société requérante, qui se borne à soutenir que les pénalités pour retard dans la communication de documents en cours de chantier et pour absence aux réunions de chantier n'étaient pas prévues au contrat, sans contester sérieusement le quantum de jours retenus à ces titres, n'est pas fondée à remettre en cause le bien-fondé de ces pénalités.

Sur la demande de modulation des sommes mises à la charge de la société Concept Métallerie :

14. Lorsque le titulaire du contrat saisit ainsi le juge de conclusions tendant à ce qu'il modère les pénalités mises à sa charge, il ne saurait utilement soutenir que le pouvoir adjudicateur n'a subi aucun préjudice ou que le préjudice qu'il a subi est inférieur au montant des pénalités mises à sa charge. Il lui appartient de fournir aux juges tous éléments, relatifs notamment aux pratiques observées pour des contrats comparables ou aux caractéristiques particulières du contrat en litige, de nature à établir dans quelle mesure ces pénalités présentent selon lui un caractère manifestement excessif. Au vu de l'argumentation des parties, il incombe au juge soit de rejeter les conclusions dont il est saisi en faisant application des clauses du contrat relatives aux pénalités, soit de rectifier le montant des pénalités mises à la charge du titulaire du contrat dans la seule mesure qu'impose la correction de leur caractère manifestement excessif.

15. La commune du Croisic a mis à la charge de la société Concept Métallerie une somme de 102 450 euros pour un marché dont le prix a été ramené à 115 111,80 euros HT. Ainsi, les pénalités de retard infligés à la société requérante représentent environ 89% du prix HT marché litigieux et présentent dès lors un caractère manifestement excessif. S'il résulte de ce qui précède que la société Concept Métallerie s'est rendue fautive de nombreux retards dans l'exécution de ses prestations qui justifiaient la mise à sa charge de pénalités de retard, le montant retenu apparaît excessif par rapport au montant du marché. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de ramener le montant des pénalités à la somme de 46 000 euros et de décharger la société Concept Métallerie de l'obligation de payer le surplus des pénalités.

Sur les conclusions de la société Concept Métallerie tendant à ce que la commune du Croisic soit condamnée à lui verser la somme de 48 412,92 euros en paiement de prestations du marché assortie des intérêts moratoires au taux majoré de la BCE majoré de 8 points à compter du 22 décembre 2020, ainsi que la somme forfaitaire de 40 euros :

Sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense :

16. La société requérante, qui se borne à demander, sur le fondement de l'article 8.3 du cahier des clauses administratives particulières applicable au marché litigieux, le paiement d'une somme de 48 412,92 euros assortis des intérêts et d'une indemnité forfaitaire de 40 euros, n'apporte aucun élément relatif à la nature des prestations ayant donné lieu à l'émission de ces factures en se bornant à produire un document intitulé " décompte général ". Dans ces conditions, les conclusions mentionnées ci-dessus ne peuvent qu'être rejetées comme non-fondées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'apparaît pas inéquitable de laisser à la charge de chacune des parties les frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La société Concept Métallerie est partiellement déchargée, à hauteur de 56 450 euros, de l'obligation de payer les pénalités d'un montant de 102 450 euros mises à sa charge par la commune du Croisic.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Concept Métallerie et à la commune du Croisic.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Loirat, présidente,

M. Gauthier, premier conseiller,

M. Simon, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2022.

Le rapporteur,

P-E. A

La présidente,

C. LOIRAT

La greffière,

S. LEGEAY

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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