lundi 14 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1908411 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | FIDAL LA ROCHE SUR YON |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 1900500 du 30 juillet 2019, le président du tribunal administratif de Bordeaux a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D C et Mme B C, où elle a été enregistrée au greffe le même jour sous le n° 1908411.
Par une requête enregistrée sous le n° 1900500 au greffe du tribunal de Bordeaux le 4 février 2019, M. D C et Mme B C, représentés par Me Genuyt, demandent au tribunal :
1°) la restitution des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu dont ils se sont acquittés pour la somme de 126 784 euros au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur départ de la société Parthenay Investissement et de la société Parthenay Distribution, résultant de leur révocation le 7 juillet 2015, a bien été contraint et non négocié, leur ouvrant ainsi droit à l'exonération partielle des indemnités versées en application du protocole transactionnel ;
- leur déclaration de revenu n'étant entachée d'aucune inexactitude ou omission, il ne pouvait leur être appliqué la pénalité de 10 % prévue par les dispositions de l'article 1758 A du code général des impôts :
- ils sont fondés à se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des commentaires administratifs publiés au Bulletin officiel des finances publiques sous les références BOI-RSA-CHAMP-20-40-20 du 26 mai 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2019, le directeur du contrôle fiscal Sud-Ouest conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Vauterin, rapporteur public,
- et les observations de Me Genuyt, avocat de M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C et Mme B C ont créé le 14 novembre 2013 la société par actions simplifiée (SAS) Parthenay Investissements, société holding créée afin de procéder à l'acquisition de la société Parthenay Distribution par la souscription de 95 % des actions de cette dernière, qui a pour activité l'exploitation d'un hypermarché à l'enseigne " Leclerc " à Parthenay (Deux-Sèvres). La société Parthenay Investissements, représentée par M. D C, a exercé les fonctions de président de la société Parthenay Distribution et Mme C a exercé les fonctions de directrice générale des deux sociétés. Le 7 juillet 2015, les époux C ont été révoqués de leurs fonctions respectives au sein des deux sociétés Parthenay Investissements et Parthenay Distribution à l'issue des assemblées générales des actionnaires de ces sociétés. Un protocole transactionnel, accordant 230 000 euros à M. C et 150 000 euros à Mme C à titre d'indemnité, a également été conclu le 7 juillet 2015 entre les intéressés et les autres associés de la société Parthenay Investissements, lesquels exercent eux-mêmes la gestion et l'exploitation d'autres hypermarchés sous l'enseigne " Leclerc " et sont réunis dans un " comité de parrainage " des deux sociétés dirigées jusqu'alors par M. et Mme C. Les époux C ont entendu placer ces dernières sommes sous le régime de l'exonération partielle prévue par les dispositions du 2 de l'article 80 duodecies du code général des impôts et ont ainsi déclaré, au titre des revenus imposables en 2015, la somme de 151 760 euros. A l'issue d'un contrôle sur pièces portant sur l'année 2015, l'administration fiscale a cependant notifié aux contribuables, par proposition de rectification du 22 juin 2017, son intention de remettre en cause le bénéfice de l'exonération partielle précitée et de soumettre l'intégralité des indemnités versée aux époux C à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux au titre de l'année 2015. Les observations des contribuables présentées le 3 août 2017 ont été rejetées par courrier du 22 septembre 2017. L'administration fiscale a mis les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux en recouvrement par rôle du 30 avril 2018 à hauteur de 112 030 euros en droits et 14 754 euros en pénalités. L'administration fiscale, enfin, a opposé une décision implicite de rejet à la réclamation contentieuse présentée par les époux C le 18 juin 2018 en vue d'obtenir la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ainsi mises à leur charge. Par la présente requête, M. et Mme C demandent la restitution des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2015 ainsi que des majorations correspondantes, à la hauteur de la somme totale de 126 784 euros.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions supplémentaires :
2. Aux termes de l'article 80 duodecies du code général des impôts : " 1. Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes. (). 2. Constitue également une rémunération imposable toute indemnité versée, à l'occasion de la cessation de leurs fonctions, aux mandataires sociaux, dirigeants et personnes visés à l'article 80 ter. Toutefois, en cas de cessation forcée des fonctions, notamment de révocation, seule la fraction des indemnités qui excède trois fois le plafond mentionné à l'article L. 241-3 du code de la sécurité sociale est imposable. ".
3. Pour réintégrer dans les bases imposables la totalité des indemnités versées à M. et Mme C en application du protocole transactionnel du 7 juillet 2015 précité et ainsi les assujettir à l'impôt sur le revenu, l'administration fiscale a considéré que la révocation des époux C résultait non d'une cessation de fonction forcée mais d'un départ négocié eu égard aux termes du protocole transactionnel conclu.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment des procès-verbaux de délibération de l'assemblée générale de la SAS Parthenay Investissements et de la SAS Parthenay Distribution du 7 juillet 2015, que les assemblées générales d'actionnaires de ces deux sociétés ont décidé la révocation des époux C de leurs fonctions respectives au sein de la SAS Parthenay Investissements après avoir constaté l'existence d'informations confirmant " les craintes exposées en 2014 sur la gestion des dirigeants de la société, craintes suffisamment graves pour remettre en question la légitimité des dirigeants ". En outre, il résulte du protocole transactionnel susmentionné que des indemnités de cessation forcée ont versées aux époux C, outre la cession de deux véhicules pour un montant total de 45 000 euros, à la suite de la révocation des intéressés. Par ce même protocole, les époux C ont également cédé leurs actions dans les deux sociétés, moyennant un prix global de 458 000 euros. Ce protocole prévoit enfin la restitution à la société Parthenay Distribution de 300 000 euros de dettes contractées par M. et Mme C à l'égard de cette dernière société.
5. S'il ressort du protocole transactionnel du 7 juillet 2015 que les " révocations font suite aux constats de désordres significatifs dans la gestion des sociétés Parthenay Investissements et Parthenay Distribution que le parrainage a refusé d'absoudre ", les requérants, seuls à même de fournir cette information, n'apportent aucune précision sur les motifs graves de gestion qui auraient ainsi motivé leur éviction. En outre, ce protocole transactionnel, signé le même jour que les décisions des assemblées générales ordinaires des sociétés Parthenay Investissements et Parthenay Distribution révoquant les mandats des requérants, accorde aux requérants des indemnités à hauteur de 230 000 euros pour M. C et 150 000 euros pour Mme C, alors que les statuts de la SAS Parthenay Investissements, seuls à être produits à l'instance prévoient qu'en cas de révocation du président, aucune indemnité n'est versée. Enfin, si ce même protocole prévoit également, ainsi qu'il a été dit, la cession par les consorts C des parts sociales qu'ils détenaient dans les société Parthenay Investissements et Parthenay Distribution, il ne ressort pas des termes de ce protocole que cette cession n'aurait pas été librement consentie par les intéressés. Ainsi, en l'absence d'élément au dossier de nature à établir que les indemnités ont été versées en contrepartie de la révocation des requérants, l'administration fiscale pouvait à bon droit, en application de l'article 80 duodecies du code général des impôts, remettre en cause l'exonération partielle des indemnités perçues par les époux C en application du protocole transactionnel du 7 juillet 2015.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
6. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente ". Toutefois, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir de l'instruction référencée BOI-RSA-CHAMP-20-40-20 du 26 mai 2016 qui ne donne pas une interprétation différente de la loi fiscale de celle dont il est fait application, et qui, en tout état de cause, est postérieure à l'année en litige.
En ce qui concerne le bien-fondé des pénalités :
7. Il résulte de ce qui précède que les requérants, qui ne sont pas fondés à soutenir qu'ils ont correctement déclaré leurs revenus au titre de l'année 2015, ne sauraient solliciter la décharge de la majoration de 10 % mise à leur charge en application de l'article 1758 A du code général des impôts.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge des impositions supplémentaires litigieuses et des pénalités afférentes présentées par M. et Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. et Mme C la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Mme B C et au directeur du contrôle fiscal Sud-Ouest.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Livenais, président,
M. Huin, premier conseiller,
Mme Thierry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2022.
Le rapporteur,
F. A
Le président,
Y. LIVENAIS
Le greffier,
E. LE LUDEC
La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026