mardi 2 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1908551 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP RICHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2019, Mme C B, représentée par Me Richard, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 139 734,85 euros, à parfaire au regard d'une éventuelle modification à intervenir du taux de rachat des cotisations sociales, outre les intérêts au taux légal à compter du 19 avril 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'Etat a commis une faute en s'abstenant d'affilier son mari au régime général de la sécurité sociale et au régime complémentaire de l'IRCANTEC, et sa responsabilité est engagée à ce titre ;
- elle a droit à une indemnisation couvrant, d'une part, le remboursement des cotisations patronales et salariales qu'elle aura à acquitter en lieu et place de l'Etat pour la période allant de de 1972 à 1991, et d'autre part, le versement du différentiel entre les arrérages de pension de réversion qu'elle aurait dû percevoir et ceux qu'elle a perçus au titre de la période comprise entre le 1er juin 2016, date de son admission au bénéfice d'une pension de réversion, et l'année 2019 ;
- il lui est ainsi dû le versement des sommes de 110 872,62 euros au titre des cotisations " CARSAT ", 8 366,16 euros au titre des pensions de retraite de cette caisse, 12 618 euros au titre des cotisations " IRCANTEC " et 7 878,07 euros au titre des pensions de retraite de ce régime.
Par un mémoire enregistré le 21 octobre 2019, le ministre de l'action et des comptes publics demande sa mise hors de cause.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mars 2021, le ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la créance dont Mme B sollicite le paiement est prescrite ;
- le préjudice résultant du paiement des cotisations est inexistant dès lors qu'en sa qualité de conjoint, Mme B ne pourra régulariser les cotisations de retraite de son époux ;
- le préjudice résultant de la minoration des pensions de réversion n'est pas justifié dans son montant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, vétérinaire libéral, a fait valoir ses droits à la retraite à compter du 1er juillet 2004. Du 5 août 1971 au 31 décembre 1989, il a été titulaire d'un mandat sanitaire qui l'a conduit à remplir des missions de service public sous l'autorité de l'Etat, au sens de l'article L 211-11 du code rural et de la pêche maritime. Au titre de ses missions, il a perçu de l'Etat des rémunérations qui n'ont pas donné lieu à cotisations aux régimes de retraites gérés par la CARSAT et l'IRCANTEC, et qui n'ont pas été prises en compte dans le calcul de ses droits à la retraite. Suite à son décès intervenu le 30 mai 2016, sa veuve, Mme B est depuis le 1er juin 2016 bénéficiaire de pensions de réversion versées par la CARSAT et l'IRCANTEC. Par courrier du 18 avril 2019, reçu le 19 avril, elle a saisi le ministre de l'agriculture d'une demande d'indemnisation du préjudice qu'elle estime avoir subi en étant privé du montant de la pension de réversion du régime complémentaire de l'IRCANTEC, correspondant à l'activité salariée exercée par son époux au titre du mandat sanitaire. A défaut de réponse de l'administration, est née, le 19 juin 2019, une décision implicite de rejet. Par sa requête, Mme B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 139 734,85 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 19 avril 2019, en réparation du préjudice résultant du défaut d'affiliation de son mari aux régimes de sécurité sociale et de l'IRCANTEC.
2. D'une part, aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. () ". Son article 3 dispose : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement.".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 1 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " La pension est une allocation pécuniaire personnelle et viagère accordée aux fonctionnaires civils et militaires et, après leur décès, à leurs ayants cause désignés par la loi, en rémunération des services qu'ils ont accomplis jusqu'à la cessation régulière de leurs fonctions () "
4. Pour l'application de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968, une créance telle que celle dont se prévaut Mme B, qui tend à l'indemnisation du préjudice résultant de la faute commise par l'Etat de ne pas avoir versé de cotisations aux caisses tant du régime général de retraite que du régime complémentaire, ne se rattache pas à chaque année au titre de laquelle les cotisations de sécurité sociale sont dues, non plus qu'à chaque année au cours de laquelle les pensions correspondantes auraient dû être versées, mais à l'année au cours de laquelle le préjudice peut être connu dans toute son étendue, c'est-à-dire celle au cours de laquelle son époux a cessé son activité et fait valoir ses droits à la retraite.
5. Il résulte de l'instruction que M. B a fait valoir ses droits à la retraite au titre de son activité libérale à compter du 1er juillet 2004, comme l'indique le ministre de l'agriculture et de l'alimentation, et a pu connaître, à l'occasion de la liquidation de cette pension, l'étendue de son préjudice. Si Mme B se prévaut de ce qu'elle n'a été informée de ses droits à une pension de réversion au titre des activités salariées de son défunt mari, que le 1er juin 2016, ces circonstances sont indifférentes dès lors que la pension de retraite revêt un caractère personnel à l'agent, et que dès lors, l'ouverture des droits à pension de réversion ne peut avoir pour effet de faire courir un nouveau délai de prescription. Dans ces conditions, le délai de prescription quadriennale a couru à compter du 1er juillet 2004 et était expiré lorsque Mme B a saisi le ministre de l'agriculture et de l'alimentation d'une réclamation préalable indemnitaire par lettre du 19 avril 2019, pour obtenir le paiement d'une somme en réparation du préjudice qu'elle estimait avoir subi du fait du défaut de versement par l'Etat de ces cotisations.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles au titre de l'article L. 761-1 du CJA.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2022.
La rapporteure,
C. A
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. ARLAIS
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026