jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909038 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat : M. LABOUYSSE - R. 222-13 |
| Avocat requérant | LE FLOCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 août 2019, M. D B A, représenté par Me Solène Le Floch, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2019 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique lui a refusé l'échange de son permis de conduire contre un permis de conduire français ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de procéder à l'échange de son permis de conduire dans un délai d'un mois, à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de prendre une nouvelle décision dans ce même délai :
3°) d'assortir l'une ou l'autre de ces injonctions d'une astreinte de 100 euros par jour de retard à l'expiration du délai d'un mois ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en fait ;
- elle méconnait les dispositions des articles R. 222-3 et 7 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2019, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. D B A par une décision du 22 septembre 2020 de la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal de grande instance de Nantes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- l'arrêté du 19 décembre 2017 modifiant l'arrêté du 12 janvier 2012 ;
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Le président du tribunal a désigné M. David Labouysse, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 23 juin 2022 à partir de 10h45.
Considérant ce qui suit
1. M. D B A est un ressortissant soudanais qui est né le 1er janvier 1987. Il séjourne en France au moyen d'un titre de séjour en qualité de réfugié. Il a, le 4 mars 2018, sollicité l'échange de son permis de conduire soudanais contre un permis de conduire français. Cette demande a été rejetée par une décision du 18 juillet 2019 prise par le préfet de la Loire-Atlantique. M. B A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. L'article R. 222-3 du code de la route dispose que : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France () Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté () ". Pour l'application de ces dispositions, l'article 7 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen énonce : " A. - Avant tout échange, l'autorité administrative compétente s'assure de l'authenticité du titre de conduite et, en cas de doute, de la validité des droits. / B. - Pour vérifier l'authenticité du titre de conduite, l'autorité administrative compétente sollicite, le cas échéant, l'aide d'un service spécialisé dans la détection de la fraude documentaire. / C. - Si l'authenticité du titre de conduite est établie, celui-ci peut être échangé sous réserve de satisfaire aux autres conditions. / () / E. - Si le caractère frauduleux du titre est établi, l'échange n'a pas lieu et le titre est retiré par l'autorité administrative compétente, qui saisit le procureur de la République en le lui transmettant ".
3. En premier lieu, en vertu des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant l'échange d'un permis de conduire étranger contre un permis de conduire français doit être motivée, c'est à dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fonde.
4. Il ressort de la lecture de la décision attaquée qu'elle se réfère notamment aux dispositions de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 précité, en particulier celles de ses articles 1er et 7. Elle mentionne que l'échange est refusé au motif que le permis de conduire soudanais produit par M. B A est falsifié dès lors qu'il ne répond pas aux caractéristiques principales de fabrication et de sécurisation des permis de conduire soudanais, en précisant les anomalies relevées. Par suite, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fonde. Elle est dès lors motivée au sens des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En second lieu, M. B A soutient que dans la mesure où le préfet de la Loire-Atlantique a estimé qu'il existait un doute sur le caractère authentique de son permis de conduire, seule la confirmation du caractère frauduleux de ce permis était de nature à justifier légalement la décision de refus d'échange de permis de conduire. A l'appui de ce moyen, le requérant se prévaut de dispositions de l'article 7 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 précité aux termes desquelles " () En cas de doute sur l'authenticité du titre dont l'échange est demandé, le préfet conserve le titre de conduite et fait procéder à son analyse, le cas échéant avec l'aide d'un service compétent, afin de s'assurer de son authenticité. () Si le caractère frauduleux est confirmé, l'échange n'a pas lieu et le titre est retiré par le préfet, qui saisit le procureur de la République en le lui transmettant. ". Toutefois, ces dispositions ne sont plus en vigueur depuis l'entrée en vigueur de l'article 7 de l'arrêté du ministre de l'intérieur du 19 décembre 2017. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique a fait procéder à l'analyse du permis de conduire produit par M. B A en saisissant la division de l'expertise en fraude documentaire et à l'identité au sein du ministère de l'intérieur dont les rapports établis les 8 mars et 13 novembre 2019 précisent les anomalies affectant ce permis. Le requérant, qui n'a pas répliqué, ne conteste aucune de ces anomalies. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'absence d'authenticité de son titre de conduite n'est pas démontrée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale du 18 juillet 2019 refusant l'échange du permis de conduire de M. B A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions présentées par M. B A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B A, au ministre de l'intérieur et à Me Solène Le Floch.
Une copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 202Le magistrat désigné,
D. C
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026