jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909171 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat : Mme CARO - R. 222-13 |
| Avocat requérant | PFLIGERSDORFFER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 août 2019, Mme A C épouse D, représentée par Me Pfligersdorffer, demande au Tribunal :
1°) d'annuler la décision 48 SI du 19 juillet 2019 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de points de son permis de conduire et a invalidé son titre de conduite ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de procéder à la reconstitution du capital de points affectant son permis de conduire en le créditant des 13 points retirés ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- elle n'a pas été informée de l'infraction qu'elle aurait commise le 3 octobre 2018 et n'a pas reçu pour cette infraction l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route préalablement aux retraits de points ;
- les points retirés à la suite des infractions commises les 15 mai 2013 et 16 avril 2015 auraient dû lui être réattribués, en application de l'article L. 223-6 du code de la route, dès lors qu'elle n'a commis aucune nouvelle infraction dans les six mois suivants la commission de celles-ci ;
- la décision " 48SI " du 19 juillet 2019 doit être annulée à défaut de prendre en compte la reconstitution partielle du capital point affecté à son permis de conduire à la suite des stages de sensibilisation à la sécurité routière qu'elle a suivis les 9 et 20 février 2018 ainsi que les 26 et 27 juin 2019, avant la notification de cette décision, dont elle a bénéficié en application de l'article L 223-6 du code de la route, dès lors qu'à la date de cette décision son capital points n'était pas nul.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2019, le ministre de l'intérieur demande au tribunal de bien vouloir constater qu'il n'y a plus lieu à statuer sur la requête et de rejeter les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- après rectification des informations inscrites au dossier de permis de conduire de la requérante, le solde de points de ce permis est redevenu positif et est actuellement crédité de 3 points ; Mme D en a été informée ;
- la décision 48 SI attaquée est réputée avoir été retirée.
Par une ordonnance du 31 mars 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée au 15 avril 2022.
Vu :
- l'ordonnance n°1909215 du 9 septembre 2019 du juge des référés du Tribunal ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Caro, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de plusieurs infractions au code de la route, le ministre de l'intérieur a notifié à Mme C, par une décision référencée " 48SI " du 19 juillet 2019, le dernier retrait de points, à la suite d'une infraction commise le 3 octobre 2018, et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Par la présente requête, Mme C demande au Tribunal d'annuler la décision référencée 48 SI et d'enjoindre à l'Etat de procéder à la restitution des 13 points retirés de son permis de conduire.
Sur l'exception de non-lieu opposée par le ministre de l'intérieur :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du code de la route : " I.- Le titulaire de l'agrément () délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé des transports. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II- L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions de l'alinéa 3 de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. III- Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage () ".
3. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
4. Il résulte tant des écritures du ministre que des mentions du relevé d'information intégral édité le 18 octobre 2019, que le permis de conduire de l'intéressée présente désormais un solde positif de 3 points, après l'ajout de 4 points le 28 juin 2019 consécutif au suivi par Mme C d'un stage de sensibilisation aux causes et accidents de la route les 26 et 27 juin 2019 ainsi que l'ajout de 4 points le 26 mars 2018 suite à l'accomplissement d'un stage de sensibilisation les 19 et 20 février 2018 et que la décision " 48 SI " du 13 janvier 2012 ne figure plus au relevé d'information intégral. Dès lors, le ministre doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, la décision 48 SI du 19 juillet 2019 en tant qu'elle a constaté l'invalidité du permis de conduire de la requérante. Par suite, la demande d'annulation de la décision litigieuse a perdu son objet et il n'y a pas lieu d'y statuer. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 19 juillet 2019 " 48SI " sont devenues sans objet. Il n'y a donc pas lieu d'y statuer.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. () Toutefois, en cas de commission d'une infraction ayant entraîné le retrait d'un point, ce point est réattribué au terme du délai de six mois à compter de la date mentionnée au premier alinéa, si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans cet intervalle, une infraction ayant donné lieu à un nouveau retrait de points ".
6. Il résulte de l'instruction que, s'agissant des infractions constatées les 15 mai 2013 et 16 avril 2015, pour chacune desquelles un point a été retiré, qu'il résulte du relevé intégral d'information, qu'un point a été restitué au capital du permis au titre de chacune de ces infractions en application de l'article L 223-6 du code de la route. Ainsi, les conclusions dirigées à l'encontre des décisions de retraits de points sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable s'agissant de l'infraction commise le 3 octobre 2018 :
7. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, par suite, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.
8. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
9. En l'espèce, l'infraction commise le 3 octobre 2018 par Mme C a été constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé. Mme C a ainsi pris connaissance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route sous lesquelles il lui a été proposé de signer. Celle-ci ayant refusé, l'agent verbalisateur a apposé la mention " refus de signer " qui dispose de la même valeur probante que la signature. Par suite, la requérante ne peut prétendre ne pas avoir eu une information suffisante au regard des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Il y a lieu, en conséquence du retrait de la décision attaquée, à supposer que la restitution du permis de conduire ne soit pas intervenue, d'enjoindre au ministre de l'intérieur, de restituer à Mme C le permis de conduire que cette dernière justifie avoir remis au préfet, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement. Le ministre de l'intérieur, justifiant avoir procéder à la restitution de 10 points et le retrait de points consécutif à l'infraction commise le 3 octobre 2018 n'étant pas illégal, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions à fin d'injonction de la requérante tendant à la reconstitution du capital de points affectant son permis de conduire.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
12. En l'absence de dépens exposés, les conclusions présentées ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision référencée " 48SI " du 19 juillet 2019 présentées par Mme C.
Article 2 : Il est enjoint, le cas échéant, au ministre de l'intérieur de faire restituer à Mme C son permis de conduire dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifiée à Mme A C épouse D et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La magistrate désignée,
N. B
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
S. Barbera
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026