jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1909624 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | Magistrat : Mme CARO - R. 222-13 |
| Avocat requérant | VITTER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires enregistrées respectivement les 4 septembre, 16, 19 et 20 octobre 2019 et 9 septembre, 2, 3, 4, 15, 16, 18 et 22 octobre 2019, M. C B, demande au Tribunal d'annuler la décision référencée 48 SI du 19 juillet 2019.
Il soutient que :
- la décision du ministre de l'intérieur référencée 48 SI du 19 juillet 2019 ne lui a pas été notifiée ; en effet la signature figurant sur l'accusé de réception de la décision n'est pas la sienne, mais celle de sa compagne ;
-la réalité de l'infraction n'est pas établie dès lors que son téléphone n'était pas tenu en main mais se trouvait sur un support magnétique en mode GPS ;
- les deux décisions référencées 48SI du 19 juillet 2019 et 48 du 31 juillet 2019 sont contradictoires, puisque la décision 48 l'informait qu'il dispose d'un solde de 3 points au 19 juillet 2019 alors que la décision 48SI l'informe que son solde de points est nul au 11 juillet 2019 ;
- la détention d'un titre de conduite est indispensable à l'exercice de son activité professionnelle, dès lors qu'il est chauffeur routier ;
- l'invalidation de son permis est à l'origine de son licenciement pour faute grave et des difficultés financières rencontrées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2019, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée au 14 février 2022.
Vu :
- la décision attaquée ;
- l'ordonnance du juge des référés du Tribunal, n°1912034 du 16 décembre 2019 ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Caro, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur B titulaire d'un permis de conduire probatoire pour la période allant du 2 mars 2017 au 8 août 2018, s'est vu notifier le 8 août 2019, une décision référencée 48 SI du 19 juillet 2019 portant invalidation du permis de conduire à la suite du retrait de la totalité des points affectés à son permis de conduire. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " [] Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception [] " ;
3. D'une part, les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période.
4. D'autre part, il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux. Il en va de même lorsque le juge est saisi d'un recours contre une décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire pour solde de points nul. Dans le cas où il apparaît que le solde des points était nul à la date à laquelle une telle décision est intervenue mais que, faute pour l'administration de l'avoir rendue opposable en la notifiant à l'intéressé, celui-ci a pu ultérieurement remplir les conditions pour bénéficier d'une reconstitution totale ou partielle de son capital de points, il appartient au juge de prononcer l'annulation de la décision.
5. Enfin, lorsque le destinataire d'un pli recommandé soutient que l'avis de réception de ce pli n'a pas été signé par lui, il lui appartient d'établir que le signataire de l'avis n'avait pas qualité pour recevoir le pli dont il s'agit. Dans le cas où il n'apporte aucune précision sur l'identité de la personne signataire de l'avis litigieux et s'abstient de dresser la liste des personnes qui, en l'absence de toute habilitation, auraient néanmoins eu qualité pour signer un tel avis, il ne peut être regardé comme ayant démontré que le signataire de l'avis de réception n'était pas habilité à réceptionner ce pli.
6. Il ressort de l'instruction que le ministre de l'intérieur a notifié le 8 août 2019, par la voie postale, à l'adresse de M. B, sise à " La Tronchonnière " à Rouez (72140), la décision 48SI du 19 septembre 2019 par laquelle il l'informait de la perte de validité de son permis de conduire. Si le requérant soutient qu'il ne s'est jamais vu notifier la décision attaquée dès lors que sa compagne, qui réside avec lui, a réceptionné le pli contenant la décision référencée 48 SI sans disposer de la moindre autorisation à cet effet, il s'abstient de produire la liste des personnes qui auraient eu qualité, vis-à-vis de l'administration des postes, pour signer de tels avis. Par ailleurs, s'il ressort des termes de la lettre du 13 août 2019 de la Poste, produite par le requérant, que sa compagne ne disposait pas de procuration, cette lettre précise que le pli lui a néanmoins été délivré et que sa compagne n'a opposé aucun refus à la factrice. Dès lors, la compagne du requérant, qui réside avec lui et dont il n'allègue pas avoir été séparé à l'époque, doit être regardée comme ayant eu qualité pour recevoir, en son absence, notification du pli du ministre de l'intérieur. Il s'ensuit que la notification est régulièrement intervenue le 8 août 2019.
7. En deuxième lieu, le juge administratif est compétent pour statuer sur la légalité de la décision retirant des points du capital attaché au permis de conduire à la suite d'une infraction au code de la route, la juridiction administrative ne saurait être saisie de la contestation de l'infraction pénale elle-même, ou des modalités de sa répression. Lorsque cette répression s'effectue par le paiement d'une amende, il s'agit d'une amende à caractère pénal, qui relève dès lors de la compétence du juge judiciaire. Il s'ensuit que la contestation de l'infraction commise le 27 septembre 2018, portant sur l'usage d'un téléphone par le conducteur d'un véhicule en circulation ne relèvent manifestement pas de la compétence du juge administratif mais du juge judiciaire.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 223-4 du code de la route : " I.- Lorsque le conducteur titulaire du permis de conduire a commis, pendant le délai probatoire défini à l'article L. 223-1, une infraction ayant donné lieu au retrait d'au moins trois points, la notification du retrait de points lui est adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Cette lettre l'informe de l'obligation de se soumettre à la formation spécifique mentionnée au quatrième alinéa de l'article L. 223-6 dans un délai de quatre mois () ". Aux termes de l'article L. 223-6 du même code : " () Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. Lorsque le titulaire du permis de conduire a commis une infraction ayant donné lieu à un retrait de points égal ou supérieur au quart du nombre maximal de points et qu'il se trouve dans la période du délai probatoire défini à l'article L. 223-1, il doit se soumettre à cette formation spécifique qui se substitue à l'amende sanctionnant l'infraction. () ".
9. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
10. Il résulte de l'instruction, comme en attestent les pièces versées au dossier, qu'une décision référencée " 48N " du 31 juillet 2019 notifiant le 14 août 2019 à M. B l'obligation de suivre un stage de sensibilisation en période probatoire et consécutive à l'infraction du 27 septembre 2018 lui a bien été transmise. Toutefois, M. B a fait l'objet le 13 décembre 2018 d'un procès-verbal pour avoir commis une infraction au code de la route entraînant retrait de trois points. La réalité de cette infraction a été établie, conformément à l'article L. 223-1 du même code, par le paiement ou l'émission du titre exécutoire le 2 avril 2019 d'une amende forfaitaire majorée. Compte tenu de la commission de cette nouvelle infraction, le nombre de points affecté au permis de conduire est nul depuis le 11 juillet 2019. Dès lors que le retrait de l'ensemble des points du permis lui a pas été rendu opposable le 8 août 219, l'intéressé ne peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
11. En quatrième et dernier lieu, si M. B fait valoir que son permis de conduire lui est indispensable et qu'il ne dispose pas d'autres ressources que celle de son travail, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision 48SI du 19 juillet 2019 doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
La magistrate désignée,
N. A
La greffière,
S. BARBERA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
S. Barbera
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026