jeudi 8 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1910040 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat : M. LABOUYSSE - R. 222-13 |
| Avocat requérant | KADDOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2019, M. B A, représenté par Me Hamid Kaddouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 juillet 2019 par laquelle le préfet de Maine-et-Loire lui a refusé l'échange de son permis de conduire guinéen contre un permis de conduire français ;
2°) d'enjoindre à cette autorité de procéder à l'échange de son permis de conduire dans un délai de 60 jours, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de 2 mois ;
3°) d'assortir l'une ou l'autre de ces injonctions d'une astreinte d'un montant de 100 euros par jour de retard à l'expiration de ce délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocat en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en fait ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ;
- elle emporte des conséquences excessives sur sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 décembre 2019, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de rejeter les conclusions présentées par M. A.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une décision du 17 décembre 2020, la section administrative du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal de grande instance de Nantes a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention relative au statut des réfugiés ;
- le code de la route ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen
- le code de justice administrative ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991.
Le président du tribunal a désigné M. David Labouysse, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 1er septembre 2022 à partir de 10h45.
Considérant ce qui suit
1. M. B A est un ressortissant de nationalité guinéenne qui est né le 3 février 1990. Il séjourne en France sous couvert d'une carte de résident délivrée à la suite de l'obtention de la qualité de réfugié. Il a, le 31 juillet 2019, sollicité l'échange du permis de conduire qui lui a été délivré par les autorités guinéennes contre un permis de conduire français. Cette demande a été rejetée par une décision du même jour prise par le préfet de la Loire-Atlantique. M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'article R. 222-3 du code de la route dispose que : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France () Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté () ". Pour l'application de ces dispositions, l'article 5 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen énonce : " I. - Pour être échangé contre un titre français, tout permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit répondre aux conditions suivantes : A. - Avoir été délivré au nom de l'Etat dans le ressort duquel le conducteur avait alors sa résidence normale, sous réserve qu'il existe un accord de réciprocité entre la France et cet Etat conformément à l'article R. 222-1 du code de la route. (). ".
3. En premier lieu, en vertu des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision refusant l'échange d'un permis de conduire étranger contre un permis de conduire français doit être motivée, c'est à dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fonde.
4. Il ressort de la lecture de la décision attaquée qu'elle se réfèrent notamment aux dispositions précitées de l'article 5 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012. Elle mentionne que l'échange est refusé au motif qu'il n'existe pas d'accord de réciprocité conclu entre la France et la République de Guinée concernant l'échange de permis de conduire entre ces deux Etats. Par suite, la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui la fonde. Elle est dès lors motivée au sens des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas contesté, qu'il n'existe aucun accord de réciprocité conclu entre la France et la République de Guinée concernant l'échange de permis de conduire délivrés au sein de ces deux Etats. Compte tenu des dispositions précitées de l'article 5 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 qui érigent l'existence d'un tel accord en condition nécessaire pour l'obtention de l'échange d'un permis de conduire délivré par un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen contre un permis de conduire français, le préfet de la Loire-Atlantique était tenu de rejeter la demande d'échange présentée par M. A. Eu égard au motif qui fonde la décision attaquée, le requérant ne peut utilement faire valoir, à l'appui d'un moyen tiré de l'erreur de droit, que l'article 25 de la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés et l'article 7 de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 relatif à l'appréciation de l'authenticité d'un permis de conduire étranger auraient été méconnus.
6. En dernier lieu, en vertu de l'article 1er de l'arrêté interministériel du 12 janvier 2012 précité, un permis de conduire étranger ne peut être échangé contre un permis français que lorsque les conditions définies par l'ensemble des dispositions de cet arrêté sont remplies. Si ces conditions ne sont pas satisfaites, l'autorité préfectorale est tenue de rejeter la demande d'échange, quand bien même le demandeur justifierait de la nécessité, pour lui, de bénéficier d'un permis de conduire en France. Il suit de là que la circonstance que la détention d'un permis de conduire serait nécessaire à l'exercice, par le demandeur, de son activité professionnelle ne peut être utilement invoquée pour contester la légalité d'une décision refusant l'échange d'un permis de conduire étranger contre un permis de conduire français.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision préfectorale du 31 juillet 2019 rejetant la demande d'échange du permis de conduire de
M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions présentées par M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Hamid Kaddouri.
Une copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
D. C La greffière,
V. MALINGRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. MALINGRE
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026