mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-1910259 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | RINEAU & ASSOCIES SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par ordonnance du 20 septembre 2019, enregistrée le 20 septembre 2019 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal la requête présentée par M. C
Par une requête enregistrée le 5 mars 2019 au greffe du tribunal de Cergy-Pontoise, et deux mémoires enregistrés au greffe du tribunal le 18 janvier 2021 et le 18 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Rineau, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 132 225,79 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis, outre les intérêts au taux légal à compter du 3 décembre 2018 ;
2°) de dire que les intérêts échus à compter de la date de réception de la demande préalable ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement de la requête, produiront eux-mêmes des intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'information erronée quant à la liquidation de sa pension, qui lui a été délivrée par le service des retraites de l'Etat par courriel du 8 juin 2018, constitue une faute de l'administration ;
- cette faute lui a causé un préjudice dès lors qu'espérant, sur la base de cette réponse, une pension plus élevée que celle qui lui a été concédée, il a décidé de faire valoir ses droits à la retraite par anticipation ;
- son préjudice est estimé à 129 225,79 euros au titre du préjudice financier correspondant à la perte de pension subie à raison de son départ anticipé à la retraite, outre 3 000 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 juillet 2019 et 27 janvier 2021, le ministre de l'action et des comptes publics conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que M. C n'est pas recevable à contester, par la voie indemnitaire, les conditions de liquidation de sa pension ;
- les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Jégard, rapporteur public,
- et les observations de Me Rineau, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, qui appartenait au corps des personnels de direction d'établissement d'enseignement ou de formation de classe normale, et exerçait les fonctions de principal adjoint de collège, s'est vu confier, par arrêté du recteur de l'académie de Versailles du 19 janvier 2018, l'intérim des fonctions de principal de collège de 4ème catégorie du 15 janvier au 31 août 2018. Par courriel du 9 juin 2018, M. C a interrogé le service des retraites de l'Etat afin de savoir si serait bien pris en compte, dans ses droits à pension de retraite, l'indice 944 du grade de principal de collège, fonction exercée par intérim. Par courriel du 12 juin 2018, le service des retraites de l'Etat lui a confirmé " que votre pension sera bien calculée sur votre dernier indice détenu pendant au moins six mois ". M. C a fait valoir ses droits à la retraite à compter du 1er septembre 2018. Par arrêté du 10 septembre 2018, lui a été concédée une pension de retraite liquidée sur la base de l'indice 864, indice correspondant à son grade de principal adjoint. Par courrier du 16 septembre 2018, il a formé un recours contre cette décision, qui a été rejeté par décision du 19 octobre 2018 au motif qu'il n'avait pas effectivement détenu l'indice du grade de principal de collège, dès lors qu'il n'avait jamais été nommé à titre définitif sur un emploi de direction, dont il assurait seulement l'intérim. Par courrier du 30 novembre 2018, reçu le 3 décembre 2018 par l'administration, M. C a sollicité l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis à raison de la perte de chance de partir à la retraite sans décote, soutenant avoir fait le choix de partir de manière anticipée à la retraite à raison des informations erronées qui lui ont été données sur ses droits à pension. A défaut de réponse du service des retraites de l'Etat, est née, le 3 février 2019, une décision implicite de rejet. Par sa requête, M. C demande au tribunal de condamner l'Etat à l'indemniser du préjudice qu'il estime avoir subi à raison de l'information erronée donnée sur la liquidation de sa pension.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Il résulte de l'instruction qu'en réponse à une demande de M. C qui souhaitait savoir si sa pension serait bien liquidée, à compter du 1er septembre 2018, en tenant compte de l'indice 944 détenu à raison des fonctions de principal exercées par intérim du 15 janvier 2018 au 31 août 2018, le service des retraites de l'Etat lui a confirmé, par courriel du 12 juin 2018, que " votre pension sera bien calculée sur votre dernier indice détenu pendant au moins six mois ". Toutefois, sa pension a été liquidée sur la base de l'indice 864 correspondant au dernier indice effectivement détenu depuis au moins six mois en qualité de principal adjoint. Par décision du 19 octobre 2018, intervenu sur recours gracieux de M. C, il lui a été précisé que dès lors que la fonction de principal a été exercée par intérim, sans qu'il ne soit titularisé dans ces fonctions, il ne pouvait être regardé comme ayant effectivement détenu, depuis six mois au moins au moment de la cession de services valables par la retraite, l'indice 944 correspondant à ce grade. Ainsi, l'information erronée délivrée à M. C par courriel du 12 juin 2018 sur l'indice à prendre en compte pour la liquidation de sa pension constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration à son égard.
3. Toutefois, seuls sont susceptibles d'être indemnisés les préjudices qui peuvent être regardés comme présentant un lien suffisamment direct et certain avec cette faute.
4. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que l'information erronée donnée le 12 juin 2018 par le service des retraites de l'Etat à M. C, sur les modalités de liquidation de ses droits à pension, ait été le motif déterminant de la demande de l'intéressé tenant à être admis, par anticipation, au bénéfice d'une pension de retraite. Il ressort au contraire de son message du 9 juin 2018 adressé au service des retraites de l'Etat, que sa décision faisait suite à l'absence d'obtention de la mutation qu'il avait sollicitée. Dans ces circonstances, la faute de l'Etat ne saurait être regardée comme la cause directe du préjudice qu'il allègue, résultant de la perte de chance de bénéficier d'une pension de retraite sans décote. Dès lors, en l'absence de lien direct entre la faute de l'Etat et les préjudices qu'il invoque, M. C n'est pas fondé à demander que l'Etat soit condamné à l'indemniser de ses préjudices.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. C de la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre chargé des comptes publics.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Degommier, président,
Mme Frelaut, première conseillère,
Mme Martel, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
La rapporteure,
C. A
Le président,
S. DEGOMMIERLa greffière,
F. MERLET
La République mande et ordonne au ministre chargé des comptes publics en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026